03 décembre 2009
Brother Bear (Frère des Ours), 44ème Grand Classique des Walt Disney Animation Studios, doit sa création à la production du (Le) Roi Lion. En effet en 1993, Michael Eisner, alors président de la Walt
Disney Company, est convaincu du potentiel de ce film (l'avenir lui donnera en effet raison). Il demande alors aux artistes du studio de réfléchir à un
nouveau film avec des animaux comme personnages principaux. Aaron
Blaise, animateur ayant travaillé sur La Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion, Pocahontas et Mulan, eut l'idée d'une histoire se passant sur le sol américain avec des ours comme héros. C'est sous le nom de Bear que le projet commença à prendre forme, ce n'est que plusieurs années plus tard qu'il fut renommé Brother Bear.
Frère des Ours est le troisième et dernier projet de film d'animation entièrement réalisé aux studios d'Orlando en Floride, après Mulan et Lilo & Stitch. En effet, le studio ferma ses portes juste après la fin de la production de Frère des Ours,
la direction ayant décidé de stopper la production de films d'animation
2-D et de concentrer ses troupes au seul studio de Burbank en
Californie. Il en sera de même pour le talentueux studio de Montreuil,
en France, qui ferma la même année...
L'histoire de Frère des Ours a beaucoup évolué depuis les prémices du projet. Au départ, Frère des Ours était un film tragique dont certains éléments rappelaient Le Roi Lear de
Shakespeare. Aaron Blaise commença à travailler sur le projet en 1997,
vite rejoint pas son confère Robert Walker. Chuck Williams, le
producteur, nous parle de cette expérience aux côté d'Aaron : Aaron
et moi avons commencé par lire différents mythes et histoires
traditionnelles des Indiens d’Amérique. Nous avons ensuite élargi notre
recherche, pour découvrir que presque toutes les cultures du monde
comportent sous une forme ou une autre des histoires d’êtres humains se
métamorphosant en animaux. Plusieurs de ces histoires parlent de
garçons transformés en ours, comme un rite de passage à l’âge adulte.
Quelques-unes parlent même d’humains faisant semblant d’être des ours
pendant un certain temps, s’isolant avant de revenir pour être
considérés comme des hommes adultes par le reste de la tribu. Notre
idée, à l’origine, mettait en scène un père et un fils. Le fils rebelle
était changé en ours et devait s’amender pour retrouver sa forme
humaine.
Aaron Blaise ajoute : Les
mythes de transformation ont pour but d’enseigner une leçon de vie ;
c’est pour cette raison qu’ils se transmettent de génération en
génération dans toutes les cultures. Ils ont une structure différente
des contes de l’Occident, avec cette idée que l’on peut aller d’une
culture à l’autre, passer du monde humain au monde animal. On y a le
sentiment que les animaux sont simplement d'autres êtres vivants dans
un costume différent... C'est une vision du monde, une philosophie très
séduisante.
Aaron Blaise est un véritable amoureux de la nature, réaliser un film sur ce thème était une évidence pour lui. Pour Frère des Ours, il partit avec une partie de l'équipe peindre des paysages en pleine nature durant plusieurs mois. De l'Alaska à la Californie, en passant par
le Wyoming, toutes sortes de forêts et de paysages montagneux furent
étudié pour le film. L'équipe s'est ainsi rendu au Denali National
Park, au Sequoia National Park, et dans la Vallée aux 10 000 Fumées,
une région volcanique du Katmai National Park - c’est cette dernière
qui a inspiré la séquence de la Vallée du Feu.. En
plus de sa passion pour le monde sauvage, Aaron Blaise a également une
belle expérience dans l'animation d'animaux. Il fut par exemple chef
animateur sur le personnage de Rajah sur Aladdin et Nala sur Le Roi Lion .
Robert
Walker, le second réalisateur, est quant à lui arrivé pendant le
développement du film. Alors qu'Aaron Blaise s'intéressait aux paysages
naturels, Robert était plus concentré sur les animaux. Pour autant sa
carrière chez Disney s'est faite jusque là au département layout
(dessins préparatoires pour les décors). Arrivé chez Disney à la fin
des années 80, Robert Walker travailla sur les décors de nombreux films
(Bernard et Bianca au Pays des Kangourous, La Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion, Mulan et Lilo & Stitch) avant de passer à la réalisation avec Frère des Ours.
Chuck
Williams, le producteur du film, est arrivé aux Walt Disney Animation
Studios au début des années 70. Tout d'abord intervalliste sur Robin des Bois, il passa animateur sur le troisième court métrage de Winnie l'Ourson, Winnie l'Ourson et le Tigre Fou. Il travailla ensuite sur Les Aventures de Bernard et Bianca, Peter et Elliott le Dragon, Taram et le Chaudron Magique, Basil, Détective Privé, Oliver & Compagnie et La Petite Sirène. Après un passage par l'édition, Chuck Williams commença sa carrière de producteur sur Pocahontas (et tant que producteur associé) avant de devenir producteur de Frère des Ours.
L'histoire de Frère des Ours est
inspiré de croyances et mythes amérindien. D'après la légende, certains
indiens étaient transformé en animaux afin d'en tirer une leçon de vie.
C'est ce côté très spirituel qui attira l'équipe du film. Le choix des
ours comme personnages principaux était alors évident. Avec leur grosse
pattes, leur fourrure touffue et leur démarche maladroite, les ours
avaient un capital sympathie indéniable. Par la même occasion, Frère des Ours remet sur le devant de la scène les indiens d'Amérique, déjà mis en avant dans Pocahontas.
Le film comporte de nombreuses similitudes avec Le Roi Lion.
Tout d'abord il s'agit de deux histoires originales, malgré leurs
similitudes avec des récits déjà connus (les mythes indiens pour Frère des Ours et Le Roi Léo pour Le Roi Lion).
Les deux films racontent un voyage initiatique qui fera changer de
point de vue son personnage principal. Pour finir, les deux histoires
ont comme héros des animaux. Toute ces similitudes encouragées par
Michael Eisner, ont au final desservi le film qui fut vite comparé à
son aîné...
D'un point de vue purement visuel, Frère des Ours
est une parfaite réussite. Son développement a demandé des années de
recherches afin d'aboutir au résultat espéré. Robh Ruppel, directeur
artistique sur le film nous raconte : Les réalisateurs
souhaitaient un style naturaliste, c’est-à-dire un style visuel basé
sur la nature réinterprétée à travers l’art. Il nous a été très utile
de visiter l’Alaska et le Wyoming pour un voyage d’étude de peinture.
Nous avons été frappés par les paysages bruts, primitifs, par les
immenses chaînes de montagnes, les ciels aux multiples nuances de bleu,
les nuages de formes et de styles tellement différents… Nous avons
dessiné, peint, et pris des centaines de photos. Quand vous vous
installez là-bas, votre carnet de croquis en main, vous vous sentez en
prise directe avec la nature. Vous pouvez vous immerger, vous en
imprégner. Cela nourrit votre inspiration. Vous devenez alors plus
proches de ce qui se déroule autour de vous. Nous avons voulu pour
Frère des Ours un style crédible, et cette volonté a présidé aux choix
de mise en lumière et de composition d’image. Le film ne ressemble pas
à un spectacle mis en scène, on a plus l’impression de se trouver
dehors, d’avoir tourné dans des décors naturels. Nous avons essayé de
donner une impression de grand air, de vent et de lumière.
Malgré
des qualités indéniables (capital sympathie des ours, soins apporté à
l'animation et aux décors, musiques et chansons de Phil Collins), Frère des Ours fut
un échec au box office lors de sa sortie en 2003... Il ne rapporta que
85 millions de dollars sur le sol américain alors que Le Monde de Nemo,
sorti quelques mois plus tôt, en avait rapporté le triple. Cela
conforta malheureusement les convictions des dirigeants pour qui la 2-D
n'avait plus lieu d'être aux studios... Avant-dernier film 2-D de la
firme (avant la réouverture du département en 2006), Frère des Ours souffre d'un trop grand nombre de similitudes avec Le Roi Lion
et d'un scénario peu original. Il reste des personnages attachants et
une qualité artistique hors paire, mais cela ne suffit pas à faire un
chef-d'œuvre. Néanmoins, Aaron Blake et Robert Walker sont aujourd'hui
de retour à la réalisation avec Le Roi des Elfes, leur nouveau film prévu pour 2012, en espérant que ces petits personnages imaginaires leur portent chance!
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Bonjour à tous! Et oui, décembre frappe déjà à notre porte! Mais
voici quelques infos Disney brulantes histoire de vous réchauffer en ce
début de période hivernale. Tout d'abord quelques news du chouchou de
cette fin d'année, le nouveau Grand Classique Disney La Princesse et la Grenouille!
L'avant-première du film a eu lieu le 15 novembre dernier aux Walt
Disney Studios, ce qui était une grande première pour un film
d'animation. Il aurait été peut-être plus pertinent de faire cette
avant-première à La Nouvelle Orléans, mais comme vous le savez, la
ville panse encore ses plaies de l'ouragan Katrina... Le film sortira
dans quelques jours aux États-Unis, mais est déjà visible dans deux
salles (une à Los Angeles, l'autre à New-York). En cinq jours, il a déjà
rapporté 1,142,000$, un véritable triomphe de bonne augure pour sa sortie nationale prévue pour le 11 décembre prochain.
L'autre film Disney de cette fin d'année, Le Drôle de Noël de Scrooge,
sorti le 6 novembre dernier, continue quant à lui son petit bonhomme de
chemin dans les salles américaines. Il a pour le moment rapporté un peu
plus de 63 millions de dollars, ce qui est un score honorable (le
meilleur pour Zemeckis sur la même période depuis ses débuts dans la
performance capture), mais pas non plus extraordinaire...
Enfin, dernier film faisant encore parler de lui des mois après sa sortie, Là-Haut!
Le film est à ce jour le deuxième plus grand succès des studios Pixar
dans le monde avec 673 millions de dollars de recette, derrière Le Monde de Nemo (864 millions de dollars).
La Nouvelle Orléans n'a pas eu droit à l'avant-première de La Princesse et la Grenouille , mais en échange, une superbe exposition sur les Walt Disney Animation Studios vient d'ouvrir au public il y a quelques jours au NOMA (New Orleans Museum of Art). Il s'agit de la plus grand exposition Disney jamais organisée sur le sol américain, rien que ça! Des Silly Symphonies à La Princesse et la Grenouille, en passant par tous les films de princesse des studios, cette exposition n'est pas sans rappeler Il Éait une Fois Walt Disney, l'exposition sur le maître et ses films organisée en 2006 à Paris puis Montréal.
Au rayon vidéo, la jaquette de la nouvelle édition de Dumbo vient d'être dévoilé! Le film est prévu en DVD et Blu-ray pour le 17 février 2010
en France. Il s'agira du premier Grand Classique à sortir sous ce
format, en dehors des nouveautés et des éditions diamant. Plus proche
de nous, Là-Haut
sortira le 16 décembre prochain en DVD et Blu-ray édition collector,
sans oublier le nouveau coffret Walt Disney Treasure, l'intégrale de
Dingo prévu pour le 8 décembre chez nous.
Au rayon livre, notons la sortie prochaine d'un ouvrage consacré à deux grands artistes Disney disparus récemment : Joe Grant
et Joe Ranft. Les deux Joe sont ainsi ingénieusement réuni dans ce
livre regroupant quelques unes de leurs plus belles œuvres, ainsi que
de nombreuses informations sur ces deux artistes inoubliables.
Voilà plein de bonnes idées de cadeaux pour Noël qui approche à grand pas!
Je n'ai plus qu'à vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'année et à l'année prochaine pour de nouvelles news sur l'univers Disney!
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The Art of Disney Animation est un blog amateur qui n'est en rien affilié à la Walt Disney Company. Tout les propos tenus sur ces pages reflètent l'opinion de son auteur uniquement. Tous les dessins mis en ligne sont la propriété de la Walt Disney Company.



























































