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The Art of Disney
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20 juin 2009

Fantasia 2000 : L'Oiseau de Feu

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L'OISEAU DE FEU - VERSION 1919

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Dernier segment de Fantasia 2000, L'Oiseau de Feu d'Igor Stravinsky est le fruit d'une collaboration entre les studios d'animation de Burbank et de Montreuil. Créé par Gaëtan et Paul Brizzi dans les années 80, le studio d'animation de Montreuil débuta en réalisant l'animation d'Astérix et la Surprise de César. Racheté par Disney en septembre 1989 il fut renommé Walt Disney Television. Après avoir travaillé sur des séries comme La Bande à Picsou, Super Baloo, Myster Mask ou bien encore Dingo et Max, le studio fut intégré en 1994 à Walt Disney Feature Animation et devint alors Walt Disney Feature Animation France. C'est ainsi qu'ils travaillèrent sur la réalisation de Runaway Brain (le dernier court métrage de Mickey Mouse), Le Bossu de Notre Dame, Hercule, Tarzan, Fantasia 2000, One by One, Kuzco l'Empereur Mégalo, Lorenzo, Destino et Frère des Ours. WDFAF ferma ses portes en 2003 en même temps que le studio de Floride.

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L'Oiseau de Feu est réalisé par les frères fondateurs du studio, Gaëtan et Paul Brizzi. Né en 1951 à Paris, les jumeaux étudièrent à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris avant de créer leur propre studio. Il gagnèrent de nombreux prix tout au long de leur carrière, notamment le Grand Prix de Rome du Ministère de la Culture en 1976 ainsi que la distinction de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1980. Ils travaillent aujourd'hui pour Dreamworks.
Sur L'Oiseau de Feu, Paul et Gaëtan s'occupèrent du scénario et réalisèrent entièrement le storyboard du film. Leur prouesses en dessin facilita grandement le travail de l'équipe artistique, ils définirent vraiment l'allure générale du film. Voici ce que disait Gaëtan sur cette expérience : "
Ce qui nous intéressait, c'était de montrer la nature. Ici, la nature n'est pas un arrière-plan. C'est le personnage principal. Et comme on a représenté la nature par trois personnages, la difficulté consistait à montrer que ces personnages n'étaient pas posés sur le fond, mais qu'ils bougeaient avec le fond."

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La séquence a certainement été la plus difficile du film pour l'équipe des effets spéciaux. Pour le personnage de l'oiseau par exemple, il a fallut créer de nombreuses couches d'animation pour lui donner un aspect réaliste : animation de l'oiseau, de la lave, de la croûte qui le recouvre, effets de flammes, de fumée et enfin animation des particules de poussières. Le tout fut entièrement animé à la main, un véritable défi pour l'équipe des effets spéciaux! L'elfe fut également très complexe à animer. La moitié de son animation est composé d'effets spéciaux. Il fallait que le personnage se fonde dans la nature car il était la nature, qu'il soit sur de l'herbe, de la roche, de l'eau ou des cendres. Le personnage était en plus en constante évolution. Alors qu'habituellement un personnage a une feuille de modèle avec différents angles de positions pour aider l'animateur, l'elfe n'en avait pas besoin car il était différent sur presque chaque plan. Il changeait de taille, de couleurs et de texture selon l'endroit où il se trouvait. Au final, le personnage est composé d'animation, d'effets spéciaux à la main et enfin d'effets spéciaux numériques pour les particules.

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L'élan était quant à lui vu comme un animal royal et majestueux, étant le roi de la forêt. Pour ses bois, l'équipe eu le même problème que Walt et son équipe sur Bambi. En effet, comment faire évoluer le dessin compliqué des bois d'un cerf dans l'espace? Mais ils disposaient d'un outil que leurs prédécesseurs ne connaissaient pas : l'ordinateur. Les bois ont ainsi été crées en images de synthèse et intégrés à l'animation traditionnelle de l'élan.
L'Oiseau de Feu est une parfaite collaboration entre artistes américains et français, mais aussi animateur de personnages, d'effets spéciaux et images de synthèse. Une symbiose qui permit de faire naître un nouveau chef-d'oeuvre de l'animation.

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Storyboards de Paul et Gaëtan Brizzi

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Recherches graphiques

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22 mai 2009

Fantasia 2000 : Pomp and Circumstance

35690277 (1)POMP AND CIRCUMSTANCE

 

Septième séquence de Fantasia 2000, Pomp and Circumstance, composé par Sir Edward Edgar entre 1901 et 1907, remet Donald Duck sous les projecteurs après plusieurs années d'absence. En effet le petit canard n'était pas réapparu à l'écran depuis le moyen métrage Le Prince et le Pauvre, diffusé avant Les Aventures de Bernard et Bianca au Pays des Kangourous sorti en 1990.

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Plusieurs idées furent développées pour mettre Donald en scène, dont une avec un Donald-Icare sur La Chevauchée des Valkyries (un des morceaux prévu pour la suite avortée de Fantasia dans les années 40). Mais cela ne fonctionnait pas et tout fut repris à zéro. La Chevauchée des Valkyries fut remplacée par Pomp and Circumstance et Donald fut transposé au XVIème siècle où il était entouré de princes et de princesses. L'équipe alla ainsi très loin dans les recherches avant de trouver la bonne histoire. Depuis longtemps déjà il avait été évoqué de faire une histoire sur l'arche de Noé. Cette idée vint de Francis Glebas, le réalisateur de la séquence. Il s'est dit qu'il serait amusant si les animaux refusait de monter dans l'arche. Au départ ce devait être une colombe qui jouait le rôle de l'assistant de Noé. Cette dernière ressemblait beaucoup à notre cher canard, hormis qu'elle ne souhaitait pas retrouver sa bien aimée mais seulement se reposer dans son hamac. Ce n'est que plus tard qu'il fut décidé de la remplacer par Donald.

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C'est Peter Schickele qui s'occupa de l'arrangement du morceau. On lui doit notamment la musique de la série TV Sesame Street ou bien encore la B.O. d'une demi douzaine de films : The Crazy-Quilt (1966), Funnyman (1967), Silent Running (1972), Oh! Calcutta! (1972) et Abduction of Figaro (1984). Pour la séquence, il fut décidé de n'utiliser que les marches 1,2,3 et 4, le tout dans l'ordre chronologique pour donner un sentiment de progression, de mouvement, avec des moments forts et de la diversité.
Au niveau graphique, il fut décidé de rendre les animaux de l'arche semi réalistes. Il fallait en effet qu'il s'allient parfaitement avec le monde qui les entoure mais aussi avec le design de Donald Duck, bien plus loufoque. On retrouve d'ailleurs de nombreuses références au canard dans la séquence : les flaques sont en forme de canard, ainsi que l'arrière de l'arche, la maison de Donald est la caricature d'un œuf
posé sur un nid.  

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Pomp and Circumstance est au final un bien bel hommage au canard le plus célèbre du monde, sorte de réponse à L'Apprenti Sorcier dans lequel son confrère Mickey Mouse avait la vedette.

 

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Recherches de Francis Glebas :

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18 mai 2009

Avant-première de Là-Haut à Cannes

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Affiche_Cannes_02(Critique rédigée en mai 2009) Me voilà revenu du Festival de Cannes les yeux remplis d'étoiles ! J'ai put en effet assister à la projection de Up (Là-Haut), le Pixar cru 2009, projeté mercredi soir en ouverture du festival. J'ai également eu la chance de rencontrer Pete Docter, le réalisateur du film, complètement par hasard en le croisant sur la Croisette! Ce dernier m'a fait un superbe autographe sur mon dossier de presse en dessinant la tête de Carl Fredericksen, merci Pete ! Voici donc un article spécial sur mes impressions ainsi qu'une galerie d'images prises par votre serviteur à Cannes.

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Il est 22h50 ce mercredi 13 mai 2009. Je me rend un peu en vitesse au Palais des Festivals avec mes amis du forum Disney Central Plaza, Grandmath, Kinoo et Dash. En effet nous venons tout juste de récupérer nos places auprès d'un contact travaillant chez Disney et présent à Cannes pour aller voir Up à la dernière projection de la journée ! Nous sommes en sueur après avoir couru, mais heureux de réaliser un rêve : monter les marches du Palais des Festivals, qui plus est pour voir un film Disney/Pixar en ouverture et en 3D relief. Après quelques photos pour immortaliser ce moment inoubliable, nous entrons dans le Palais, non sans une certaine impatience. L'intérieur de la salle des Frères Lumière n'est pas aussi belle que je l'imaginais (les côtés de la salles sont faits d'échafaudages noirs) mais qu'importe, nous sommes là pour voir le film, le reste n'est pas important. Il est 23h, tout le monde met ses lunettes spéciales, les rideaux de la scène s'ouvrent sur le logo Walt Disney Pictures, puis un tout nouveau logo Pixar apparaît, spécialement retouché pour les films en 3D. La salle applaudit copieusement avant que le film ne débute. Moteur, action...

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Après quelques rires, la salle se tait bien vite au vu des cinq premières minutes du film très émouvantes, certainement l'une des plus belles scènes d'introduction d'un Pixar. Tout est dit, Up sent déjà le chef-d'œuvre à plein nez! La suite s'avère plus légère avec de nombreux gags, mais l'émotion nous attend toujours au détour d'une scène. C'est sur ce point que Up fait très fort, il allie parfaitement tout les style abordés. On passe ainsi de manière très naturelle à une histoire d'amour, un drame, une comédie et enfin un film d'aventure. L'histoire de Carl Fredericksen nous touche en plein cœur, le film se détache alors fortement des anciennes production du studio en rendant ce récit très humain, voire réaliste. Le thème de la mort est par exemple abordé pour la première fois dans un Pixar, et bien sur avec une grande subtilité, sans jamais tomber dans la niaiserie. L'humour y est également très fin, loin des gags lourds de la concurrence. Techniquement on ne peut pas dire que Up soir révolutionnaire, Pixar ayant atteint un tel niveau de perfection dans son art. Au final la technique, aussi belle soit-elle n'est là que pour accompagner le récit. Il en est de même pour la 3D relief qui se fait discrète la plupart du temps, à part dans quelques scènes mémorables comme le décollage de la maison.

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Les différents personnages de Up sont tous plus charismatiques les uns que les autres. Contrairement à ce que laissait penser la bande-annonce, Carl Fredericksen est bien plus complexe qu'il n'y paraît. A la fois nostalgique, grincheux et tendre, il se reconnaît en Russell, le jeune scout venu frapper à sa porte pour gagner son dernier badge. Leur relation évoluera tout au long du film et reste d'un naturel assez fascinant pour un film d'animation. Charles Muntz, le méchant est quant à lui assez classique mais très efficace. Mon coup de cœur reste Dug et Kevin, les deux acolytes de nos héros. Dug est un chien un peu simple mais très gentil toujours prêt à servir son maître du mieux qu'il peut. Le fait de lui avoir donner la parole par le biais de son collier était une excellente idée, cela le rend vraiment attendrissant. Kevin est un oiseau de quatre mètres de haut que Russell a rencontré au milieu de la jungle. Il s'avère très affectueux et drôle, il sera d'ailleurs d'une grande aide pour nos deux héros. Graphiquement ces deux personnages sont les plus réussis du film, le pelage de dug ou les plumes de Kevin sont tout bonnement sublimes, idem pour leur animation. Ma seule déception du film reste l'aspect de la meute de chiens, collègues de Dug qui sert Charles Muntz. Leur animation paraît bien moins naturelle et leur design peu recherché.

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Du côté de la musique, Michael Giacchino fait encore des merveilles. Déjà auteur des musiques de The Incredibles et Ratatouille, il signe une nouvelle grande composition avec Up. Le thème principal du film est très joli, rappelant parfois celui de Ratatouille, avec ses violons très présents. Les autres morceaux sont tout aussi réussis, que ce soit pour les scènes d'action ou d'émotion.
C'est sans grande surprise que je vous annonce que Up est un nouveau chef-d'œuvre des studios Pixar. Je ne sais pas encore où le classer parmi les autres films du studio (il faudrait que je le revois encore pour me faire une idée fixe) mais en tout cas le film est une réussite totale et a d'ailleurs fait grande sensation à Cannes. Les premières critiques sont des plus élogieuses et promettent un avenir radieux en salle pour Carl et sa bande. Vivement le 29 juillet !

9 mai 2009

Mulan

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hbacher_d26611i7_02Hans Bacher fait parti de mes artistes Disney favoris de ces dernières années. Son travail sur La Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion et surtout son sauvetage artistique de Mulan est tout bonnement fabuleux! Retrouvez ci-dessous quelques une de ses recherches graphiques pour Mulan, accompagnées d'autre superbes esquisses pour le film de son collègue et ami Alex Nino. Merci à Hans Bacher de m'avoir autorisé à publier ces magnifiques dessins!

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Recherches d'Alex Nino :

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4 mai 2009

Bernard et Bianca au Pays des Kangourous

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1990_kangourous_1_0229ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, The Rescuers Down Under (Bernard et Bianca au Pays des Kangourous) est une première dans l'histoire des studios. En effet, il s'agit de la toute première suite réalisée par les Walt Disney Animation Studios. Seul deux films d'animation Disney ont eu droit à cet honneur : Les Trois Caballeros (suite indirecte de Saludos Amigos) et Fantasia 2000, suite du Fantasia de 1940. Autre fait intéressant, c'est également le premier film à utiliser l'ordinateur comme jamais auparavant, faisant entrer pour de bon le monde de l'animation dans l'ère du numérique.

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Grâce au  nouveau procédé CAPS (Computer Animation Production System), chaque dessin d'animation du film fut encré et coloré sur ordinateur, mettant ainsi définitivement de côté le procédé long et coûteux de l'encrage et du gouachage des cellos à la main. Le CAPS avait déjà été utilisé pour trois plans de La Petite Sirène (le plan d'introduction du navire, la descente de l'escalier dans le château et l'arc-en-ciel à la fin du film). Le reste avait été peint à la main. Bernard et Bianca au Pays des Kangourous est donc le premier film à avoir été colorisé avec le procédé CAPS dans son intégralité. L'autre intérêt de cette technique était d'avoir une palette de couleurs encore plus large (plusieurs millions de teintes différentes), de créer des ombrages transparents ou bien encore d'effectuer des mélanges de couleurs sophistiqués.
Mais l'utilisation de l'ordinateur ne s'arrête pas là ! Ce nouveau film met également la caméra multiplan à la retraite, la remplaçant par un effet de profondeur de champs identique mais désormais effectué sur ordinateur. Pour se faire chaque partie d'un arrière plan est scanné puis superposé numériquement. Au final l'effet est encore plus saisissant et a nécessité bien moins de temps et d'argent. La 3-D fut également utilisée pour de nombreux plans du film, encore plus que dans Oliver & Compagnie. On la retrouve en introduction avec un magnifique plan nous transportant dans un champs de fleurs, dans le véhicule de McLeach ou bien encore dans la scène du survol de Sidney. Étrangement, toute ces innovations technologiques révolutionnaires passèrent complètement inaperçus à l'époque de la sortie du film, Disney ayant préféré baser sa campagne marketing sur d'autres éléments moins abstraits pour le public. Il faudra attendre la sortie de La Belle et la Bête l'année suivante pour que ces nouveautés soient enfin remarqués.

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Bernard et Bianca au Pays des Kangourous sorti le 16 novembre 1990 sur les écrans américains. Malgré des critique positives, une qualité technique indéniable et une histoire riche en rebondissements, le film ne rencontra pas le succès escompté... Avec seulement 25 millions de dollars de recettes, il arrive en bas de tableau du box office des Disney des années 90. Malgré cela un troisième opus des aventures des deux petites souris fut mis en chantier au milieu des années 90, projet vite avorté après la mort d'Eva Gabor (la voix originale de Bianca) en 1995. Mais qui sait, avec le retour de la 2-D chez Disney, peut-être verront nous un jour prochain une nouvelle aventure de nos deux souris préférées !

 

Storyboards de Glen Keane : 

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Recherches graphiques de Glen Keane :

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25 avril 2009

Les Aventures d'André et Wally B.

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LES AVENTURES D'ANDRÉ ET WALLY B. (1984)

 

Quelques jours après leur retour du SIGGRAPH 1983 qui se déroulait à Detroit, Alvy Ray Smith et Ed Catmull décidèrent que l'équipe infographie de Lucasfilm créerait une animation 3-D d'un personnage pour la prochaine édition du salon. Smith, qui était en charge de la division tracé et modélisation désirait réaliser une histoire simple avec ce personnage : un androïde se réveille au milieu de la forêt, baille, s'étire puis se lève avant d'admirer la beauté du paysage. Selon Smith, l'histoire symboliserait l'animation par ordinateur, qui se réveille en ce début des années 80 et s'ouvre au monde qui l'entoure. A l'époque l'histoire du court était seulement un prétexte pour montrer de quoi était capable l'équipe techniquement parlant.

Le but principal de ce court était ainsi de montrer une animation d'un personnage articulé, par opposition à la rigidité mécanique des images de synthèse qui dominait à l'époque. Ils voulaient également démontrer à Lucasfilm qu'ils étaient capable de constuire une histoire de bout en bout, qu'ils comprenaient les techniques cinématographiques et pourraient ainsi être chargé à l'avenir de travailler sur un long métrage. Leur dernière volonté était de mettre en application les technologies qu'ils avaient mis au point comme le flou de mouvement.

Pour réaliser Les Aventures d'André et Wally B., l'équipe infographie de Lucasfilm avait besoin d'un véritable animateur. A cette époque l'équipe n'était composé que de scientifiques passionnés par l'imagerie 3-D, il leur manquait encore un artiste. Plus tôt dans la même année, Ed Catmull et Alvy Ray Smith avaient rencontré John Lasseter, un jeune animateur de 26 ans travaillant chez Disney. Le jeune arriviste avait fait une grande impression aux deux scientifiques. Selon Smith, Lasseter "a été le premier animateur que l'on a rencontré qui n'avait pas peur de nous".

Lasseter, qui venait de se faire licencier de chez Disney, ne tarda pas à rejoindre l'équipe de Lucasfilm au Nord de San Fransisco. Smith, qui était alors le directeur du court, encouragea le nouveau venu à prendre des initiatives. Il avait également conseillé Lasseter sur la conception du personnage en lui disant d'utiliser uniquement des formes géométriques (ellipsoïdes, cylindres, sphères), seules formes réalisables en 3-D à cette époque. Lasseter fit de l'androïde original voulu par Smith un personnage bien plus cartoon. Pour se faire il s'inspira des premiers dessins de Mickey Mouse, qui était uniquement conçu avec des cercles. Il créa ainsi André (nom découlant du mot "androïde" et étant également un clin d'oeil au film de Louis Malle de 1981, My Dinner with André) mais aussi Wally B., une petite abeille qui viendra narguer André lors de son réveil. Pour l'animation d'André, Ed Catmull inventa la "larme", une forme flexible issu de l'union entre un cône et une sphère. Cette forme permis à Lasseter une plus grande fluidité dans les mouvements du personnage.

Lasseter décida également que, plutôt que d'essayer de s'approcher du niveau de compétence technique de ses collègues (ce qui serait pratiquement impossible étant tous doté d'un doctorat), ils travailleraient ensemble vers un objectif commun, lui s'occupant du côté artistique, et eux de la technique. Cet esprit de collaboration entre la technologie et l'Art deviendra l'une des pierres fondatrice de Pixar.   

Les ambitions de l'équipe infographie de Lucasfilm allait au-delà de la volonté de créer un personnage de cartoon expressif. Chaque aspect du projet a poussé les limites technologiques des ordinateurs de l'époque, comme par exemple l'utilisation du système de particules qui a été développé par Bill Reeves. En infographie, les systèmes particules sont généralement utilisés pour créer des objets de toute petite tailles ou qui n'ont pas de forme propre, comme le feu, la fumée ou l'eau. Reeves avait par le passé utilisé ce système pour créer les flammes du "Genesis Effect" dans Star Trek II: The Wrath of Khan. Pour Les Aventures d'André et Wally B., il utilisa ce système pour créer les millers d'arbres et de brins d'herbe formant la forêt dans laquelle André se réveille.

Les Aventures d'André et Wally B. fut terminé à temps pour le SIGGRAPH de 1984. Le public du salon fut impressionné par le court qui repoussait alors les limites de l'imagerie 3-D et l'intégrait pour la première fois dans un véritable récit. L'équipe de Lucasfilm était les pionniers du genre, ils ont réussi à traîner de force le domaine de l'infographie dans le monde du cinéma. En outre, au début des années 1980, on ne pouvait pas aller dans un magasin et acheter un logiciel pour réaliser un tel film, le groupe a ainsi dû inventer chaque outil utilisé, ce qui fut long et difficile. Ce film permit également à John Lasseter de faire ses premiers pas dans le monde de l'imagerie 3-D, technologie dont il tombera éperdument amoureux et qu'il ne cessera d'améliorer au fil des décennies.

 

Recherches graphiques de John Lasseter :

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16 avril 2009

Fantasia 2000 : Le Carnaval des Animaux

 

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LE CARNAVAL DES ANIMAUX

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Cinquième séquence de Fantasia 2000, Le Carnaval des Animaux était à l'origine une idée de Joe Grant. Artiste chez Disney entre 1932 et 1949, il revint travailler aux studios dans les années 90 en tant que consultant, alors qu'il avait déjà plus de 80 ans! Bouillonnant d'idées malgré son âge avancé, il proposa une séquence pour Fantasia 2000 avec comme personnage principal une autruche de la séquence La Danse des Heures, du Fantasia original, s'amusant avec un yoyo. L'idée fut retenue mais l'autruche fut finalement remplacé par un flamant rose.

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Eric Goldberg, le réalisateur de la séquence nous parle de cette expérience : "Pour concevoir Le Carnaval des Animaux, j'ai commencé par faire des recherches auprès de mon collaborateur, Mark Gabriel, qui, en travaillant sur Pocahontas, jouait sans arrêt au yoyo. Je l'ai alors filmé en train de jouer au yoyo, ce qui nous servit de référence pour la suite de notre travail. Après cela il a fallut se demander pourquoi un flamant rose jouerait-il avec un yoyo? Et on s'est dit : "il a un yoyo parce que c'est l'excentrique." Lui il veut jouer, alors que les autres veulent se mettre en ligne. La séquence ressemble beaucoup à un passage de La Danse des Heures, quand les autruches se disputent une grappe de raisin, on peut voir ça comme une sorte de clin d'œil En étudiant des flamants dans des zoos californiens, on a appris qu'ils ont tendance à avoir des comportements de groupe. Si l'un lève la tête, ils le font tous. Si l'un va à gauche, ils le font tous. C'est comme un troupeau de moutons! Et on a pensé que ce serait sympa que le héros soit l'original. Celui qui ne veut pas faire comme les autres."

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Techniquement, la séquence se démarque du reste du film par l'utilisation de l'aquarelle pour les personnages. Alors qu'il était devenu habituel de scanner et peindre les cellos sur ordinateur, il fut décidé ici de tout coloriser à la main avec la technique de l'aquarelle, donnant ainsi encore plus de vie aux personnages animés. L'impression de peinture vivante était également accru. Côté animation, les Six Snobs (les flamant roses poursuivant le héros) ont été animé par le réalisateur Eric Goldberg. Il se chargea en fait d'en animer un seul, puis son animation fut démultiplié pour donner l'illusion d'un groupe d'oiseaux parfaitement synchrone.

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Recherches graphiques :

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Dessins de Joe Grant :

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24 mars 2009

Fantasia 2000 : Concerto pour Piano n°2, Allegro, Opus 102

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CONCERTO POUR PIANO N°2, ALLEGRO, OPUS 102
(LE PETIT SOLDAT DE PLOMB)

 

Quatrième segment de Fantasia 2000, Le Petit Soldat de Plomb était un projet de longue date aux studios Disney. Inspiré du conte d'Hans Christian Andersen (l'auteur de La Petite Sirène et de La Petite Fille aux Allumettes), il devait déjà faire parti du premier Fantasia sorti en 1940. Ce fut alors Bianca Majolie qui en réalisa le storyboard. Malheureusement la fin du segment ne satisfaisait pas Walt Disney et l'histoire fut mise de côté. Il faudra attendre 1991 pour que le projet soit remis sur les rails sous l'impulsion de Roy E. Disney, le neveu de Walt, qui désirait réaliser une suite à Fantasia.

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Steve Goldberg (superviseur artistique)                       test d'animation                             Eamonn Butler (animateur)            

La nouvelle version de Le Petit Soldat de Plomb est très proche du storyboard original, seul la fin a été modifié. Dans la première version (très fidèle au conte d'Andersen) le soldat et la ballerine finissent dans le feu et fondent. Leurs deux corps fondus forment alors un cœur. Pour la nouvelle version, les scénaristes voulaient que la fin de l'histoire soit plus en accord avec le concerto de Dimitri Shostakovich, qui se termine sur une note positive. Il fut alors décidé que c'était le diable qui devait finir dans le feu et non les deux amants.
Lorsque la production de cette séquence débuta en 1991, l'ordinateur était déjà bien installé au sein des studios Disney. Il avait déjà servi à de nombreuses reprises sur divers productions animées (Basil, Détective Privé, Oliver & Compagnie, La Petite Sirène et La Belle et la Bête). Mais ce fut la première fois que l'outil informatique était utilisé pour animer des personnages principaux. L'idée était de dissimuler le plus possible le fait que ces personnages soient animés par ordinateur, de peur que leur rendu soit dépassé lors de la sortie du film (qui devait se faire en 1996 mais se fera finalement en 2000). Le reste de la séquence est animée et réalisée de façon plus traditionnelle, tout à la main.

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Le résultat final est un excellent mélange d'animation 2D et 3D, l'alliance parfaite du passé et du futur de l'animation.

 

 

Storyboards de Bianca Majolie (1938) :

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Line test (1995) :

11 mars 2009

Pinocchio

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Si Blanche Neige et les Sept Nains peut être considéré comme le joyaux de l'animation mondiale à sa sortie en 1937, Pinocchio en est indubitablement la parfaite évolution. Walt Disney l'avait bien souligné à l'époque de la sortie (et de l'énorme succès) de son premier film, il était hors de question pour lui de réaliser un Blanche Neige et les Sept Nains 2, malgré les nombreux appels du public pour retrouver leurs héros préférés dans de nouvelles aventures. C'est ainsi que vers la la fin de la production de Blanche Neige et les Sept Nains, le studio mis en chantier plusieurs films en parallèle, tous très éloignés de l'univers de la princesse star. Parmi ces projets on retrouvait Dumbo, Bambi, la séquence de L'Apprenti Sorcier qui finira par donner Fantasia, Peter Pan ou bien encore Alice au Pays des Merveilles. C'est au milieu de ce pot pourri créatif que Pinocchio fit son apparition. 

Walt Disney était très impliqué dans la construction du récit  Bill Tytla était responsable de l'animation de Gepetto  Eric Larson était en charge de l'animation de Figaro

Pinocchio était déjà un projet de longue date lors du début de sa production en 1938. En effet, c'est en 1935, lors d'un voyage en Europe afin de réunir une collection d'ouvrages illustrés qui serviraient d'inspiration aux artistes des studios que Walt Disney découvrit le célèbre conte de Carlo Collodi et en négocia immédiatement les droits d'adaptation. Né à Florence en 1826, Carlos Lorenzini (de son vrai nom) a débuté sa carrière par des articles politiques avant de devenir critique littéraire. Parallèlement  à ses activités journalistiques, il publie des ouvrages à destination du jeune public. C'est en juillet 1881 que débute sous forme de feuilleton la publication de La Storia di un burattino (Histoire d'une marionnette) dans la revue Giornale per i Bambini. Achevée en 1883, l'œuvre comptait au final pas moins de 36 chapitres qui ressortirent sous la forme d'un livre unique sous le titre Le Avventure di Pinocchio. Le succès fut au rendez-vous et l'ouvrage se vendu à plus d'un million d'exemplaires.
Walt Disney commanda une nouvelle version du conte au Printemps 1937 à la scénariste Bianca Majolie afin de raccourcir le récit du livre, bien trop long pour être retranscrit en long-métrage d'animation. La version de Disney s'éloigne de l'œuvre originale sur plusieurs points, supprimant quelques personnages, en valorisant d'autres, lissant de nombreux éléments pour faire rentrer tout cet univers dans le moule des productions Disney. Mais qu'importe car cette version du petit pantin de bois est encore considéré aujourd'hui comme la plus belle jamais réalisée. Et c'est qui fera la force des nombreuses futurs productions des studios, ne jamais se contenter de retranscrire avec précision les œuvres à l'écran. 

Un artiste travaille sur le layout d'un décor  Albert Hurter en plein travail  Etude d'un plan sur un layout géant

La production de Pinocchio débuta officiellement en mars 1938. Mais les difficultés ne tardèrent pas à montrer le bout de leur nez, et après six mois de travail acharné, la première version de l'histoire achevée ne satisfaisait pas Walt Disney. Il décida alors de tout reprendre à zéro. Les dépenses étaient déjà en train de s'accumuler alors que le film n'en était encore qu'à l'étape du storyboard et aux premiers tests d'animation! Dans la seconde version du scénario, le gros changement fut de donner plus d'importance au personnage de Jimminy Cricket qui, dans la première version plus fidèle au roman ne tenait qu'un rôle mineure. Il sera désormais la conscience et le fidèle ami du petit pantin de bois et aura une grande importance dans le déroulement de l'histoire.
Le design de Pinocchio fut confié à Fred Moore, Frank Thomas et Mitl Kahl. Tout d'abord réaliste, le pantin pris peu à peu sa forme définitive grâce aux talents combinés de ces trois artistes. Frank Thomas s'occupait principalement du visage du personnage, Fred Moore (également responsable de l'animation de Crapule) l'humanisa un peu plus et lui offrit des gants blancs, quant à Mitl Kahl il se démenait pour animer convenablement le corps de la marionnette, s'inspirant des mouvements de vrais petits garçons.
Une grosse innovation fit son apparition durant la production de Pinocchio et simplifia grandement le travail des artistes. Walt Disney décida de créer tout les modèles des personnages et véhicules du film en volume. Ces sculptures qui étaient ensuite polies puis peintes permirent aux animateurs de mieux de se rendre compte de l'espace que prenait leur personnage dans les décors, et de pouvoir les visualiser en trois dimensions.

Des acteurs ont été utilisé en référence live pour l'animation  Référence live pour Pinocchio  Référence live pour le Cocher

Le design et l'animation de Jiminy Cricket fut confié à Ward Kimball. Voilà ce que dit plus tard l'artiste sur cette expérience : "A l'origine je dessinais le criquet comme une sauterelle noire, avec des pattes et de longues antennes. A chaque fois que je montais voir Walt, il prenait un air désapprobateur. J'en ai dessiné douze ou quatorze version et j'ai graduellement supprimé tous les appendices de l'insecte." Au final Jiminy ne ressemblait plus vraiment à un criquet mais avait au moins le mérite d'être plus agréable à l'œil!
Le personnage de Geppetto fut confié à Arthur Babitt et Bill Tytla, qui animait également Stromboli. Figaro, un des personnages ajoutés par les scénaristes, fut quant à lui animé par Eric Larson. L'artiste adora s'occuper de ce chaton car il eu toute les libertées sur sa création et son animation, étant un personnage inédit. Après des centaines d'esquisses et d'études du personnage, Eric Larson en fit un des personnages les plus réussis du film. Pour finir, Gédéon fut animé par John Lounsbery (sa première animation de personnage important) et Norman Ferguson, Grand Coquin par Preston Blair et Monstro par Wolfgang Reitherman.
Graphiquement, Pinocchio doit beaucoup au travail de deux grands illustrateurs européens, Gustaf Tenggren et Albert Hurter. Tenggren est arrivé aux studios Disney durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains, sur lequel il ne travailla que sur deux séquences. Après avoir participer au Silly Symphonie Little Hiawatha il se penche sur Pinnochio, où il aura une grande influence, en particulier sur les décors. Albert Hurter s'occupa quant à lui des innombrables objets présents dans l'atelier de Geppetto. Comme sur Blanche Neige et les Sept Nains il eu surtout un rôle important dans la stylisation de ces objets, et les créa de A à Z. Ces deux artistes permirent au film d'avoir ce style européen tant recherché par Walt Disney.
 

Des sculpures des personnages servaient de référence pour le modèle animé  Les animateurs se sont servis de maquettes pour plus de réalisme  Un celluloïd de Pinnochio mis en couleurs

Pinocchio sort le 7 février 1940 dans les salles américaines et fut acclamé par le public et la presse. Malgré cela le film n'arriva pas à réitérer l'exploit commerciale de son prédécesseur, en partie à cause du marché européen fermé par la guerre... Avec un budget de 2,6 millions de dollars, Pinocchio ne rapporta pas autant aux studios que prévu et contraint Walt Disney à restreindre le budget de ses futurs productions. Malgré cela, Pinocchio reste un chef-d'œuvre intemporel qui a réussit à gommer tout les défauts de Blanche Neige et les Sept Nains pour nous offrir un film techniquement parfait. Le film a par la suite séduit l'Europe (premier sortie française en 1946) et le monde entier, jusqu'à faire oublier à bon nombre le roman original de Collodi. Le film reçut en 1940 l'Oscar® de la meilleure chanson pour Quand on prie la Bonne Etoile (qui deviendra très vite l'hymne de Disney) écrite par Ned Washington et composée par Leigh Harline et un second pour la partition musicale signé Paul Smith.

 

Recherches de Gustaf Tenggren :

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Autres recherches graphiques :

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Model sheets :

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Décors de production :

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storyboards :

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28 février 2009

Peter Pan

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peteroct08_copie_0214ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, Peter Pan avait une place de choix dans le cœur de Walt Disney. Peter Pan était à l'origine une pièce de théâtre écrite par James Matthew Barrie, romancier et dramaturge écossais. Peter Pan or the boy who would not grow up, fut joué pour la première fois en 1904 au Duke of York's Theatre de Londres. Ce fut le plus grand succès de l'auteur sur scène. Pour la première fois une pièce de théâtre réussissait à ravir enfants comme adultes. Walt Disney découvrit l'œuvre en 1913, à l'âge de 12 ans, quand une troupe de théâtre vint à Marceline pour une représentation de la pièce. Le jeune garçon en ressorti bouleversé et n'oublia jamais Peter et sa bande. Peu après il rejoua Peter Pan dans son école, aux côtés de son frère Roy qui s'occupait de le faire voler à l'aide d'une corde. Il y tenait bien sur le rôle de Peter. En 1924, Walt découvrit avec joie la première adaptation cinématographique de Peter Pan, avec Bettie Bronson dans le rôle principal (Peter était toujours interprété par une femme avant la version de Walt Disney).

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Il n'est donc pas surprenant de découvrir que Peter Pan aurait dut-être le second long-métrage d'animation des studios. Pourtant, le film ne sorti qu'en 1953, soit quatorze ans après que Walt Disney ait acheté les droits de la pièce en 1939. Deux raisons principales à ce retard : le souci de peaufiner au mieux le scénario, étant donné l'énorme affection que Walt porte à l'oeuvre originale, et bien évidemment la Seconde Guerre mondiale.
Dès 1939, Walt Disney confie l'esthétique générale du film à David Hall, illustrateur anglais qui avait déjà travaillé sur la première version d'Alice au Pays des Merveilles en 1938. Ses superbes esquisses à l'aquarelle s'avérèrent bien plus sombre que l'atmosphère de la pièce originale. En 1941 le storyboard du film est  presque fini quand les Etats-Unis entrent en guerre et que les studios sont réquisitionné par l'armée américaine. Il faudra attendre 1947 pour que la production du film commence enfin. La version de David Hall est alors mis de côté et la direction artistique est confié à Mary Blair, qui s'était déjà faite remarqué durant la production de Saludos Amigos et Les Trois Caballeros. Le scénario est également remanié et mis entre les mains de Bill Peet et son équipe de scénaristes. Contrairement à la première version du scénario, on vit apparaître dans ce second essai de nombreux changements par rapport à l'œuvre de Barrie. La plus grosse différence était que Nana, la chienne, n'accompagnait pas les enfants au Pays Imaginaire.

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Walt disney confia l'animation de Peter Pan à Milt Kahl. La principale difficulté était de reproduire l'apesanteur, d'animer un personnage qui flottait dans les airs plus qu'il ne volait. C'est un jeu très subtile faisant appel à la fois aux principes de l'apesanteur et à l'imaginaire. Seul de très bons animateurs étaient capable de réaliser un tel défi. Milt Kahl, considéré comme le meilleur dessinateur des Nine Old Men était parfait pour ce rôle.
Le Capitaine Crochet fut confié à Frank Thomas, aidé de Wolfgang Reitherman pour les scènes d'action avec le crocodile. Le scénariste Ed Penner le voyait comme un dandy raffiné et prétentieux, alors que le réalisateur le voyait plus comme un dur sans foi ni loi qui n'hésitait pas à tuer des membres de son équipage.
Frank Thomas fit un mix des deux versions tout en y ajoutant une touche comique qui rendait le personnage encore plus ridicule et attachant. Monsieur Mouche, le fidèle compagnon de Crochet fut évidemment confié à Ollie Johnston, l'équipier favoris de Franck Thomas.
Marc Davis s'occupa d'animer la Fée Clochette. Habitué à animer des personnages féminins, l'artiste était le mieux placé pour donner vie à la petite fée. Le personnage évolua beaucoup au fil des années, suivant les canons de la beauté de l'époque. Etant muette, Clochette était très intéressante à animer, tout ses émotions passant uniquement par ses mouvements. Le personnage devint très vite le préféré du public. Fier et indépendante, elle représentait la femme moderne, à mille lieux d'une Blanche Neige ou d'une Cendrillon, soumise et fée du logis. Sa tenue minimaliste la rendait également terriblement attrayante pour un personnage de dessin animé, ressemblant au pin-up que l'on trouvait dans les magazines. Beaucoup la comparèrent à Marilyn Monroe.

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Peter Pan sorti dans les salles américaines le 3 février 1953 et fut un énorme succès dès son premier jour d'exploitation. Malgré des critiques mitigées (certaines reprochaient au film de Disney de trop s'éloigner de la version originale), le public  se déplaça en masse pour découvrir le film. Contrairement à Alice au Pays des Merveilles, l'équipe en charge de Peter Pan avait réussi à rendre hommage à l'œuvre originale tout en donnant leur propre version de l'histoire. Le film coûta quatre millions de dollars et en rapporta un peu plus, ce qui permit à Walt Disney de financer en partie Disneyland, mais ça c'est une autre histoire...

 

 

Recherches graphiques de David Hall :

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Recherches graphiques de Mary Blair :

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Décors de production :

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Recherches personnage Peter Pan :

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Recherches personnage Fée Clochette :

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