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The Art of Disney
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28 octobre 2013

Le Parapluie Bleu

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22ème court-métrage des Pixar Animation Studios, The Blue Umbrella (Le Parapluie Bleu) est réalisé pas Saschka Unseld. Né à Hambourg en Allemagne, Saschka Unseld a étudié l'animation à l'école de cinéma de Baden-Württenberg. Après avoir fait ses armes en coréalisant plusieurs courts métrages d'animation pour divers studios allemands, Saschka Unseld traverse l'Atlantique pour rejoindre les studios Pixar en 2008 en tant qu'artiste layout sur Toy Story 3Cars 2 puis Rebelle avant de se voir offrir l'opportunité de réaliser son premier court-métrage qui marque également les premiers pas de Pixar dans le rendu photo-réaliste.

pixar_deborah_coleman_saschka_unseld_the_blue_umbrella 02   The Blue Umbrella Pixar Post Saschka Unseld

C'est en 2009 lors d'une ballade sous la pluie dans les rues de San Francisco que Saschka Unseld trouva le fil conducteur de son court-métrage. Il découvrit dans le caniveau un parapluie cassé qui avait été abandonné par un passant. Cette image plutôt triste marqua profondément le jeune réalisateur. Ce n'est que deux ans plus tard, alors qu'il cherchait une idée de court métrage à proposer à la direction des studios Pixar, qu'il s'est souvenu de ce pauvre parapluie délaissé. Il eut alors l'idée de le transformer en personnage animé, dans la pure tradition des studios qui avaient par le passé déjà donné vie à des lampes de bureau (Luxo Jr.), des monocycles (Red's Dream), des jouets (Tin Toy et Toy Story) ou bien encore des voitures (Cars - Quatre Roues). Pour présenter son idée aux vétérans du studio, Saschka alla filmer le visage d'inconnus dans la rue qu'il monta grossièrement sur des parapluies. John Lasseter, Lee Unkrich, Andrew Stanton et d'autres vétérans Pixar adorèrent l'idée. Il passèrent alors plusieurs semaines à conseiller le réalisateur afin de développer son idée. C'est ainsi que fut inventé l'histoire d'amour entre le parapluie bleu et le parapluie rouge, tombant amoureux en même temps que leur propriétaire respectif. Le parapluie bleu fut choisi comme personnage principal en raison de sa couleur, le court comportant quelques moments tragiques, la couleur rouge auait été bien moins adaptée.

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Le Parapluie Bleu est la première production Pixar a adopter un style photo-réaliste. Cela n'a pas été chose facile pour les artistes du studio habitués à déformer le monde réel pour un créer un rendu très fantaisiste. Ils se sont appliqués ici sur les détails qui rendent un décors crédible : les couleurs sobres, la finesse des textures, les formes très strictes, la saleté, etc. La lumière a également eu droit à une attention toute particulière. Grâce à la nouvelle technique d'illumination globale (également utilisée dansMonstres Academy) qui consiste à utiliser bien plus de sources de lumières différentes qu'auparavant, le rendu du court métrage se rapprocha encore plus de la réalité. Pour autant, il fut décidé de garder un côté cartoon pour les personnages, le contraste entre le réalisme des décors et la fantaisie des personnage n'en était que plus accentué. Enfin, malgré les apparences les visages des deux parapluies ont été réalisés en 3-D. Il était en effet difficile de faire coller de la 2-D sur des modèles 3-D de parapluie.
Le plus gros défi du film, en dehors de son côté photo-réaliste, fut de créer les parapluies avec des mouvements crédibles. En particulier dans une des scènes du court métrage dans laquelle le parapluie bleu se retrouve couché dans le caniveau, sa toile à moitié distendue. Cela n'a l'air de rien mais ce plan fut extrêmement complexe à réaliser. Il a en effet fallut prendre en compte de nombreux paramètres comme la texture du parapluie luisant sous la pluie, son ossature mais aussi ses mouvements en fonction du vent. Le pari fut relevé haut la main par les techniciens du studio qui réussirent à créer à la fois des parapluies photo-réalistes mais aussi avec une touche de fantaisie propre aux productions du studio.
 

Le Parapluie Bleu - Affiches non retenues

Le Parapluie Bleu fut présenté pour la première fois le 12 février 2013 lors du Festival International du film de Berlin, puis le 21 juin 2013 en avant-programme de Monstres Academy. La plupart des critiques s'entendirent sur le fait que le court métrage était très impressionnant techniquement parlant mais furent plus partagés sur son scénario jugé trop classique et déjà-vu. Il est vrai que Le Parapluie Bleu n'est pas sans rappeler un court métrage Disney de 1954, Johnnie Panama et Alice Bonnetbleu (à l'origine intégré au film La Boîte à Musique) où l'on suivait la romance entre deux chapeaux dans une ville hostile. Néanmoins, Le Parapluie Bleu reste une belle vitrine technique pour les studios Pixar qui nous démontrent encore une fois leur grande maîtrise de l'animation 3-D. Et comme le dit si bien Saschka Unseld, une véritable déclaration d'amour à la pluie !

  

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19 octobre 2013

Critique La Belle et la Bête le Musical de Broadway

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Suite au succès de la comédie musicale Le Roi Lion en 2007 au Théâtre Mogador (1 300 000 spectateurs et 1000 représentations), Stage Entertainment nous offre aujourd'hui l'adaptation française du musical La Belle et la Bête ! Après 13 ans d'exploitation à Broadway et 35 millions de spectateurs dans le monde, c'est désormais à nous petits français de découvrir cette version scénique du classique des Walt Disney Animation Studios. Et c'est de nouveau au Théâtre Mogador que se produira ce nouveau musical à partir du 24 octobre 2013. J'ai pour ma part eu le bonheur de le découvrir en avant-première le 17 octobre dernier.

La façade du Théâtre Mogador   Le rideau avant le début du show (crédit photo - Disneyland Forum)

Autant je peux sans me vanter me considérer comme un connaisseur éclairé des productions animées des studios Disney, autant du côté des comédies musicales mes connaissances sont assez proche du néant. Il faut dire que je n'ai jamais été un grand fan de ce genre de production, certainement en raison de l'image kitsch colportée par les comédies musicales low-cost françaises de ces quinze dernières années. Des Dix Commandements à Robin des Bois en passant par 1789, Les Amants de la Bastille, je ne peux m'empêcher de trouver ces spectacles inintéressants et bien loin de leurs modèles, à savoir les comédies musicales de Broadway. Véritable institution outre Atlantique, ces spectacles sont la base de ce qu'on aime appeler les shows à l'américaine, bien plus grandioses et qualitatif que n'importe quelle production française. Le fossé est énorme et ça, Stage Entertainment l'a parfaitement compris en exportant et adaptant certaines des comédies musicales les plus acclamées de Broadway. L'aventure commence en 2007 avec l'adaptation de la comédie musicale Le Roi Lion, suivi en 2010 de Mamma Mia! et de la comédie musicale Sister Act en 2012. Grâce à une adaptation à la fois fidèle et collant parfaitement au public français et un casting de grande qualité, ces trois spectacles furent parmi les plus gros succès scéniques de ces dernières années. Lors de l'annonce de l'arrivée de La Belle et la Bête, le Musical de Brodway, j'avoue ne pas avoir sauté au plafond. C'est seulement après avoir assisté à la présentation officielle du spectacle en juillet 2013 à la salle Gaveau (que vous pouvez revoir en intégralité ici) en présence d'Alan Menken que mon enthousiasme a pointé le bout de son nez. En plus de voir pour la première fois en chair et en os le compositeur de légende, nous avons put y découvrir plusieurs morceaux du show ainsi que le visage et la voix de la Belle (Manon Taris) et de la Bête (Yoni Amar). Quelques semaines de répétitions plus tard, nous les retrouvons sur la scène du Théâtre Mogador pour enfin découvrir la version française d'une des comédies musicales les plus populaires au monde.

BEAST_BELLE_BLUE Photo Deen van Meer ©Disney   C'est la fête - Photo Brinkhoff & Mîgenburg ©Disney

Première constatation, le Théâtre Mogador est une salle magnifique ! Je n'y avais encore jamais mis les pieds avant cette soirée et je dois dire que j'ai été plutôt impressionné. Subtilement décorée, la salle est tout bonnement parfaite pour accueillir un classique tels que La Belle et la Bête. Un petit bémol tout de même, la scène en elle-même m'a paru légèrement trop petite pour accueillir un tel show, j'ai senti les acteurs un peu étriqués à certains moments, notamment quand ils sont presque tous présent sur scène. Impression confirmé lorsque j'ai vu des images du show de Broadway où la scène était bien plus imposante. 20h, le rideau se lève, le spectacle débute comme dans le film d'animation, avec le célèbre prologue. On peut dores et déjà se délecter des musiques de l'orcherstre constitué de sept/huit musiciens cachés dans la fosse devant les premiers rangs. Malgré leur nombre restreint ils ont réussi tout au long du spectacle à parfaitement retranscrire les musiques originales, qui ont bien évidemment été réadaptés et certains morceaux rallongés. Car contrairement au film, La Belle et la Bête, le Musical de Brodway dure près de 2h30 ! Nous avons ainsi droit à pas mal de chansons inédites plus ou moins marquantes. La meilleure restant certainement Humain Comme Avant, plus connu chez les amateurs du long métrage sous le titre Humain à Nouveau. Cette chanson, créée à l'origine pour le film mais coupé au montage, avait été intégré au show de Broadway. Suite à sa grande popularité elle fut par la suite animée puis réintégrée au film lors de la sortie de l'édition DVD collector en 2002. À noter que contrairement au reste du show qui reprend presque au mot près la traduction française du film, la chanson Humain à Nouveau a elle été entièrement retraduite, d'où son nouveau titre, Humain Comme Avant. Du côté des morceaux emblématiques du film de 1991, deux sortent véritablement du lot : Gaston et C'est la Fête. La raison est simple, ce sont les deux chansons les plus rythmées et qui nous offrent logiquement les meilleurs chorégraphies. Petite déception par contre pour Histoire Éternelle qui manque un peu de magie, certainement en raison de l'absence du sublime décor de la salle de bal.

Du côté du casting, Manon Taris incarne une Belle plutôt crédible lors des parties jouées, mais un peu moins selon moi lors des parties chantées. Le gros reproche que je lui ferai c'est d'être un peu trop "puissante" à certains moments, en tout cas bien plus que Bénédicte Lécroart dans la version française du film. Alors certes elle est certainement un peu obligée de pousser la voix pour passer au dessus des musiques, mais cela m'a tout de même gêné à certain moment. La Bête, incarnée par Yoni Amar s'en sort un peu mieux, mais il faut avouer que l'acteur n'a pas la carrure assez imposante pour incarner parfaitement le personnage, ni la gravité et la puissance dans la voix d'ailleurs. Il se fait ainsi facilement volé la vedette par Gaston (Alexis Loizon) qui est la copie parfaite du personnage animée, hormis ses nombreux déhanchés évocateurs en présence de Belle. C'est finalement du côté du casting des personnages secondaires que l'on se délecte le plus. Le Fou (Alexandre Faitrouni) est hilarant et parfaitement habité par le personnage. Il se transforme ainsi très souvent en véritable cascadeur, recevant un nombre incalculable de coups de poing et de pied de la part de Gaston. Dan Menasche incarne un Lumière plus que parfait, en plus d'être quelque peu indescent lors de ses petits jeux de séduction avec Plumette (Alix Briseis). Il forme avec Big Ben (David Eguren) un duo très naturel qui ne cesse de s'envoyer des vannes faites de jeux de mots en rapport avec leur apparence, la plupart absents du film, un régal ! Madame Samovar (Léovanie Raud) est plutôt bien interprétée, même si je m'attendais à un personnage avec plus de rondeurs. Elle est accompagné du petit Zip joué par un jeune inconnu enfermé durant tout le spectacle dans un plateau à roulette ne laissant dépasser que sa tête habillé d'une tasse de de thé, ce qui lui donne un aspect assez étrange... Mme Grande Bouche (Gabriella Zanchi) est l'armoire de la chambre de Belle, elle a ici un peu plus présente que dans le film, à la différence qu'elle devient ici une sorte de cantatrice d'opéra. Enfin Maurice, interprété par Didier Clusel est plutôt réussi, même si un brin moins déluré que l'original.

BEAST_ROSE_2 Photo Deen van Meer ©Disney   La chanson de Gaston est un des morceaux les plus réussis du show (photo de la version de Broadway)

Malgré quelques défauts dans le casting principal et une scène qui manque d'envergure, La Belle et la Bête, le Musical de Broadway est une franche réussite. Les décors grandioses, les costumes somptueux et les acteurs excellents pour la plupart, font assurément de ce nouveau spectacle un futur hit des planches parisiennes ! La Belle et la Bête, le Musical de Broadway se jouera à partir du 24 octobre 2013 au Théâtre Mogador dans le 9ème arrondissement de Paris et ce jusqu'au 31 juillet 2014 (et plus si affinités). Plus d'infos sur le site officiel du spectacle : http://www.labelleetlabete.fr

 

18 octobre 2013

Robin des Bois

 

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Affiche américaine (1973)

21ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, Robin Hood (Robin des Bois) remet au goût du jour l'utilisation d'animaux anthropomorphiques, déjà brièvement réapparus dans L'Apprentie Sorcière sorti deux ans plus tôt. Auparavant il faut remonter à 1951 et la sortie d'Alice au Pays des Merveilles pour retrouver ce genre de personnages mélangeant caréctéristiques humaines et animales. Et c'est donc Robin des Bois, célèbre héros de la culture anglo-saxonne volant les riches pour donner aux pauvres qui a été choisi pour ce nouveau film d'animation, le second réalisé après la mort de Walt Disney.

Le comté de Nottingham a comme emblème le célèbre voleur  Statue de Robin des Bois près du château de Nottingham  Robin des Bois et ses Joyeux Compagnons (1952)

Le nom de Robin Hood (littéralement "Robin la Capuche" et non Robin des Bois) est apparu pour la première fois dans un document judiciaire anglais de 1228. Il y est écrit qu'un certain Robinhood a été mis en prison pour le paiement d'une dette ou d'une amende. D'autres références à un Rabunhod apparaissent elles entre 1261 et 1300. Dès le début du XIVème siècle et tout au long du XVème siècle, des ballades populaires célèbrent les aventures du personnage. La légende est en marche. Mais Robin des Bois n'est pas encore le voleur au grand coeur que l'on connaît, il est décrit comme un paysan cruel, n'hésitant pas à faire appel à la violence pour arriver à ses fins. Le personnage est mentionné pour la première fois par écrit dans Pierre le Laboureur de William Langland en 1377. Au fil des ballades, la mythologie autour du personnage se met en place. Il est ainsi parfois accompagné de Petit Jean ou de Frère Tuck. Son ennemi juré devient le shérif de Nottingham et surtout le vil Prince Jean. Avec le développement de l'imprimerie, de nombreux ouvrages sur les aventures du personnages sont édités tout au long du XVIème siècle, accroissant sa popularité mais aussi édulcorant petit à petit le personnage le transformant en véritable gentleman et lui inventant une histoire d'amour avec Dame Marianne. Le personnage est également déplacé définitivement de la ville de Barnsdale à celle de Nottingham et sa célèbre forêt de Sherwood.
Par la suite, Robin des Bois eut droit à de multiples adaptations théâtrales, puis cinématographiques à partir du début du XXème siècle. Les plus mémorables restant celles de 1922 et 1938, sans oublier le film de 1991 avec Kevin Costner dans le rôle de Robin. Les studios Disney ne sont pas en reste, une première adaptation filmée des aventures du voleur au grand coeur sort en 1952, avec Richard Tood dans le rôle titre. Il s'agissait du second film live des studios Disney (alors produits exclusivement en Angleterre), mais certainement pas le plus mémorable. L'adaptation animée de 1973 aura vite fait de faire oublier cette première incursion dans la forêt de Sherwood.

Woolie Reitherman, Milt Kahl, Ken Anderson, Dave Michener, Frank Thomas, Ollie Johnston et Larry Clemmons  Ken Anderson a grandement participé au style graphique de Robin des Bois  Frank Thomas

L'adpatation animée des aventures de Robin des Bois doit son existence à... Une partie de pêche ! C'est en effet lors d'une sortie en bateau que l'artiste Ken Anderson et le PDG des studios Disney de l'époque Card Walker se remémorent les magnifiques scènes animées du film Mélodie du Sud. Bien que volontairement tombé dans l'oubli en raison de son contexte historique sensible, les deux hommes avaient été profondément marqué par la qualité d'animation des différents personnages du film. Il en était de même pour les animateurs du studio qui avaient pris énormément de plaisir à animer ces personnages à l'époque. À la fin des années 60 les studios Disney souhaitaient réaliser une adaptation animée de Robin des Bois. Tout d'abord prévu avec des personnages humains, il fut finalement décidé d'exploiter des animaux anthropomorphiques à la plus grande joie de Ken Anderson et des animateurs vétérans !
Né à Seattle en 1909, Ken Anderson intégra les studios Disney en 1934 après une formation d'architecte débutée en France et terminée à Washington. "Forcé" de se reconvertir dans l'animation à cause de la dépression, il y pris finalement goût et continua sa carrière aux studios Disney pendant plus de quarante ans. Tout d'abord animateur sur plusieurs Silly Symphonies, il devient ensuite artiste layout sur Blanche Neige et les Sept Nains, puis directeur artistique sur Pinocchio et enfin scénariste sur de nombreux projets durant les années 40. Grâce à sa formation d'architecte, il rejoint WED Entreprise au début des années 50 et participe à la conception de Disneyland. Il revient à l'animation au début des années 60 en tant que directeur artistique sur Les 101 Dalmatiens. C'est à lui que l'on doit la décision d'utiliser le fameux procédé de xérographie mis au point par 
Ub Iwerks. Il redevient par la suite animateur sur Le Livre de la Jungle en supervisant l'animation de Shere Khan, tout en créant le design de nombreux personnages et en participant grandement à l'écriture du scénario. Il est par la suite l'initiateur du projet d'adaptation animée de Robin des Bois où il s'occupera du storyboard et du design des personnages. Il est enfin le créateur d'Elliott sur Peter et Elliott le Dragon. Ken Anderson partit à la retraite en 1978, il reçut le titre de Disney Legend en 1991, deux ans avant son décès survenu le 13 décembre 1993.

Ollie Johnston s'aide d'un mirroir pour trouver la bonne expression de son personnage  Milt Kahl montre des dessins du coq Adam de la Halle à Roger Miller, la voix originale du personnage  Le peintre Al Dempster termine un des 500 décors réalisés pour Robin des Bois

Wolfgang Reitherman fut choisi pour réaliser le film. Animateur mais aussi leader dans l'âme, Woolie pris la place qu'occupait Walt Disney lorsqu'il était encore impliqué dans la production des long métrages d'animation. Il avait ainsi déjà réalisé Merlin l'Enchanteur en 1963, le court métrage Winnie l'Ourson et l'Arbre à Miel en 1966 et Le Livre de la Jungle en 1967. Mais l'ancien animateur avait aussi une vision bien différente du maître. Adepte des productions à budget réduit (également imposé par la direction des studios), Wolfgang Reitherman n'hésitait pas à récupérer des séquences entières d'animation issus d'anciennes productions des studios afin de gagner du temps et de l'argent. Le processus était alors grandement facilité grâce à la xérographie qui permettait de dupliquer très facilement n'impore quel dessin. Et Robin des Bois ne dérogea pas à la règle, c'est peu de le dire ! L'exemple le plus flagrant est certainement la danse de Dame Marianne dans la forêt, calqué au geste près sur l'animation de Blanche Neige dansant lors de la fête dans la chaumière des nains. Ce genre de "tricherie" étaient très mal vu des artistes, alors que les dirigeants appréciaient l'inventivité de Woolie pour réaliser des économies, au dériment de l'originalité.
Pour autant, l'animation de Robin des Bois reste de haut niveau grâce à une équipe d'animateurs talentueux et expérimentés. Nous retrouvons ainsi quelques Nine Old Men dont certains pour la dernière fois en tant qu'animateur. C'est le cas d'Eric Larson, redevnu simple animateur après La Belle au Bois Dormant, qui s"occupa de quelques scènes de Petit Jean. Eric laissa ensuite définitivement de côté sa table d'animateur pour se consacrer à la formation des étudiants en animation de CalArts. Frank Thomas fut responsable de l'animation de plusieurs personnages : Robin, Dame Marianne, Toby, les lapins et quelques scènes du Shérif de Nottingham. Son acolyte de toujours, Ollie Johnston, supervisa l'animation du Prince Jean et de Triste Sir, tandis que Milt Kahl supervisa l'animaton de Robin, Petit Jean et du Shérif de Nottingham. Milt travailla également sur le design des personnages. Enfin John Lousnbery supervisa quelques scènes du Shérif de Nottingham. Marc Davis et Ward Kimball n'ont quant à eux pas participé à la production du film, le premier travaillant pour Walt Disney Imagineering, et le second ayant démissioné.

Cherie Miller peint un celluloïd de Dame Marianne  Des techniciennes nettoient les dessins photocopiés sur celluloïd avant leur mise en couleurs  James McDonald enregistre des bruitages pour le film

Du côté du casting vocal original, Robin des Bois a été putôt gâté. Brian Bedford, célèbre acteur shakespearien, double Robin. Phil Harris, qui avait déjà prêté sa voix à Baloo dans Le Livre de la Jungle et Thomas O'Malley dans Les Aristochats, reprend le rôle d'un ours au grand coeur en doublant Peit Jean. En 1989, l'acteur reprendra son rôle de Baloo pour la série animée Super Baloo. L'actrice anglaise Monica Evans prête quant à elle sa voix à Dame Marianne. Il s'agira de son dernier rôle avant de mettre fin à sa carrière d'actrice. Elle avait également doublé Abigail, une des oies britanniques dans Les Aristochats. Le coq Adam de la Halle est doublé par le chanteur de country Roger Miller. Andy Devine termine sa longue carrière d'acteur comique avec le doublage de Frère Tuck. L'acteur anglais Peter Ustinov, lauréat de deux Oscars, double le Prince Jean en compagnie du déluré Terry-Thomas qui prête sa voix à Triste Sire.
La bande originale de Robin des Bois a été composé par George Bruns. Embauché par Disney en 1953, le compositeur commença sa carrière au sein des studios en créant la musique du film Davy Crockett Roi des Trappeurs (1955). Il travailla ensuite sur la célèbre émission Mickey Mouse Club et sur divers courts métrages des Walt Disney Animation Studios : Jack and Old Mac (1956), In the Bag (1956), A Cow Boy Needs a Horse (1956), The Truth About Mother Goose (1957), Paul Bunyan (1958), Noah's Ark (1959), Goliath II (1960) et enfin The Saga of Windwagon Smith (1961). George Bruns composa ensuite la musique de Les 101 Dalmatiens, sa première bande originale de film d'animation. Devenu le compositeur phare des studios Disney, George Bruns composa la musique d'une grande partie des productions des années 60 (cartoons, films live et séries TV) mais aussi celles des différents films des Walt Disney Animation Studios : Merlin l'Enchanteur,  Le Livre de la Jungle et Les Aristochats. C'est donc tout naturellement qu'on lui proposa de composer les musiques de Robin des Bois. Il s'agira de son avant-dernière composition pour Disney avant de prendre une retraite bien méritée.

Il est temps de synchroniser le son et les musiques avec le film  Peter Ustinov, la voix originale du Prince Jean  Phil Harris, la voix originale de Petit Jean et Andy Devine, la voix originale de Frère Tuck

Robin des Bois est sorti le 8 novembre 1973 aux États-Unis où il fut accueilli tièdement par la critique. La plupart reprochait au film son manque d'ambition dans son scénario, malgré une animation de qualité et des personnages attachants. Le public quant à lui fut plus chaleureux et s'attacha bien vite à Robin et sa bande. Le film reçut une nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleure Chanson, mais ne gagna pas la précieuse statuette. De l'avis des experts, Robin des Bois est considéré comme un des films d'animation les moins aboutis des studios. Malgré ce statut peu enviable, le public n'oublia pas le film et fut enchanté de retrouver ses héros favoris lors de la ressortie du film au cinéma en 1982. Par la suite, Robin des Bois continua de charmer des générations d'enfants grâce à sa sortie en VHS, DVD et Blu-ray. Houdelali !

 

 

Recherches graphiques de Ken Anderson :

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Recherches graphiques de Milt Kahl :

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25 septembre 2013

La Petite Sirène

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Affiche américaine (1989)

28ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, La Petite Sirène marque le grand retour des studios Disney au genre du conte de fée, trente ans après La Belle au Bois Dormant. Innovant sur bien des points, La Petite Sirène était à l'époque le reflet du vent du changement qui soufflait aux studios depuis l'arrivée en 1984 du nouveau président Micheal Eisner, suivi de près par Jeffrey Katzenberg qui prendra la tête de la branche cinéma. Un de leur grand défi était alors de redorer le blason du studio d'animation, qui survivait tant bien que mal depuis la mort de Walt Disney. Et c'est avec La Petite Sirène que tout allait enfn changer... 

Hans Christian Andersen  Statue de la Petite Sirène dans le port de Copenhague  Illustration de Vilhelm Pedersen (1873)

La Petite Sirène est à l'origine un conte écrit par Hans Christian Andersen et publié pour la première fois en 1837. Hans Christian Andersen est né en 1805 à Odens au Danemark. Fils d'un artisan et d'une domestique, Hans vécut une enfance heureuse jusqu'à la mort de son père en 1816. Marqué par cette disparition soudaine, le jeune Hans finit par se faire renvoyer de l'école publique et passe le plus clair de son temps à confectionner des robes pour ses poupées et lire des oeuvres dramatiques et des pièces de théâtre, dont celles de Shakespeare qui le marquèrent profondément. Après quelques tentatives pour trouver un travail convenable, Hans est finalement inscrit à des cours d'éducation religieuse. Ses études terminées, il refuse de rentrer en apprentissage chez un tailleur, préférant se consacrer à sa passion première : le théâtre. Il part alors à Copenhague, où il tentera en vain de devenir acteur. Cependant il y fait la rencontre du directeur du Théâtre de Copenhague, qui le prend sous son aile et lui finance ses études. Baccalauréat en poche, Hans Christian Andersen se met à l'écriture et publie ses premiers poèmes dans le journal Kjoebenhavns flyvende Post en 1827 et 1828. C'est au cours de ses nombreux voyages dans toute l'Europe qu'Andersen puisa son inspiration pour l'écriture de ses contes qui le rendirent célèbre dans le monde entier. Éclectique, il écrivit également de nombreux poèmes, romans et pièces de théâtre. À sa mort en 1875 il était devenu le danois le plus célèbre et le plus respecté dans le monde.
La Petite Sirène ne fut pas le seul conte d'Andersen qui inspira les studios Disney. Dès 1931, Walt Disney adapte le conte Le Vilain Petit Canard dans un Silly Symhonie en noir et blanc, puis en réalise son remake en couleurs en 1939. Au début des années 40, les artistes du studio planchent sur un long métrage "package" exploitant plusieurs contes d'Hans Christian Andersen et retraçant sa vie. Parmi ces contes se trouvait La Petite Sirène. L'illustrateur Key Nielsen commence ainsi à travailler sur la séquence et réalise de superbes illustrations du royaume sous-marin. Malheureusement le projet sera mis au placard assez rapidement, principalement pour des raisons économiques mais aussi scénaristiques. La guerre n'ayant pas amélioré les finances du studio, certains projets ont tout simplement été abandonné. Il en sera d'ailleurs de même pour La Belle et la Bête. En 2000, La Reine des Neiges, une autre oeuvre d'Hans Christian Andersen est choisie pour la réalisation d'un nouveau long métrage d'animation. Mainte fois abandonné et repoussé, le film sorti finalement en 2013. Enfin, en 2006 sort le court métrage La Petite Fille aux Allumettes. Initialement prévu pour être inclus à la troisième version de Fantasia (Fantasia 2006), il sorti finalement directement en vidéo sur l'édition DVD de La Petite Sirène (pas bête) après l'abandon du projet.

Les réalisateurs John Musker et Ron Clements  John Musker et Ron Clements accompagnés de Jodi Benson la voix originale d'Ariel  Pat Carroll la voix originale d'Ursula

La Petite Sirène est réalisé par John Musker et Ron Clements. Célèbre duo de réalisateurs, on leur doit quelques uns des plus beaux films du studio aux grandes oreilles des années 80-90. 
Né le 8 novembre 1953 à Chicago, John Musker sait dès son plus jeune âge qu'il voudra être animateur. Au lycée il dessine pour le journal de son école,  de même à l'université où il obtiendra une license d'anglais. John Musker déménage ensuite en Californie pour suivre des cours à CalArts, célèbre école d'Art où Disney forme ses futurs recrues. C'est durant un stage au sein des studios Disney que John Musker débute finalement sa carrière d'animateur, ses responsables ayant été très impressionnés par le talent du jeune homme. John passe ainsi directement de l'école aux studios, sans même avoir eu le temps d'obtenir son diplôme ! Il débute en tant qu'animateur sur le court métrage The Small One et Peter et Elilott le Dragon. Il passe ensuite superviseur de l'animation sur Rox et Rouky, production durant laquelle il fait la connaissance de Ron Clements.
Né le 25 avril 1953 à Sioux City dans l'Iowa, Ron Clements commence a s'intéresser à l'animation lorsqu'il découvre Pinocchio au cinéma à l'âge de 10 ans. Adolescent il réalise ses premières séquences d'animation grâce à une caméra super 8, ce qui lui permis de gagner un peu d'argent en réalisant quelques publicités animées pour des commerçants locaux. Le jeune Ron déménage ensuite en Californie pour concrétiser son rêve : travailler pour Disney. Malheureusement le studio ne recrute pas à ce moment là. Ron se rabat alors sur un poste d'animateur chez Hanna Barbara, tout en suivant les cours du soir à CalArts. Après avoir obtenu son diplôme, Ron Clements rentre finalement aux studios Disney en tant qu'apprenti animateur, sous la houlette de Frank Thomas, qui lui apprendra les bases du métier. Il débute ainsi sa carrière en tant qu'animateur sur Les Aventures de Bernard et Bianca et Peter et Elliott le Dragon.
Après sa rencontre avec John Musker durant la production de Rox et Rouky, les deux compères deviennent scénaristes sur Taram et le Chaudron Magique avant de passer réalisateurs sur Basil, Détective Privé. La Petite Sirène est leur seconde réalisation. John et Ron entrent alors dans le cercle très fermé des réalisateurs stars de la maison. Nous les retrouvons ensuite à la réalisation d'Aladdin, autre immense succès des studios. Leur réalisation suivante, Hercule, n'aura pas le même privilège... Après La Planète au Trésor, et la fermeture annoncée du département 2D, John Musker et Ron Clements partent en retraite anticipée, ne se retrouvant plus dans ce studios en pleine restructuration. Avec l'arrivée de John Lasseter à la tête des Walt Disney Animation Studios, les deux réalisateurs font leur grand retour et dirigent le tout nouveau projet 2D des studios, La Princesse et la Grenouille. Ils travaillent en ce moment à un nouveau projet de film d'animation.

Le compositeur et producteur associé Howard Ashman et le compositeur Alan Menken  Création d'un décor du film  Création d'un décor du film

C'est en 1985 que Ron Clements propose aux studios Disney d'adapter La Petite Sirène en film d'animation. Le réalisateur commence alors à travailler sur l'adaptation aux côtés de John Musker, avant même la sortie de leur premier film en tant que réalisateurs, Basil, Détective Privé en 1986. Les deux compères réécrivent le conte afin de lui donner la touche Disney adéquate. Le grand changement sera notamment de ne pas faire mourir la jeune sirène à la fin du conte (happy end Disney oblige). Le récit fut aussi modernisé, Ariel devient alors un personnage plus contemporain, en conflit avec son père et maîtresse de son destin. Ils sortirent également des archives les ébauches du projet de 1941, afn de voir où s'étaient arrêté les artistes de l'époque. Ces documents leur furent d'une grande utilité durant la pré-production. Le projet est finalement validé par Micheal Eisner et Jeffrey Katzemberg. Ce fut une surprise à l'époque pour les deux réalisateurs car cela faisait trente ans que les studios n'avaient pas adapté un conte de fée. En effet les nouveaux dirigeants souhaitaient revenir à ce qui avait fait le succès du studio : l'adaptation d'un classique de la littérature saupoudrée de chansons aux rythmes accrocheurs. Pour se faire, ils engagèrent deux compositeurs de talent, Howard Ashman et Alan Menken. Les deux artistes avaient fait parler d'eux suite au succès de leur comédie musicale décalée, La Petite Boutique des Horreurs. Howard Ashman n'était pas un total inconnu chez Disney, ayant déjà composé la chanson Il Était une Fois à New-York City pour la bande originale d'Oliver et Compagnie. Mais ce n'était rien comparé à l'influence qu'il aura sur La Petite Sirène. Passionné par le projet, Howard Ashman décida de faire de La Petite Sirène une comédie musicale à la Broadway, ce qui était une grande première dans le monde de l'animation. Il est vrai que depuis la mort de Walt Disey en 1966, les studios avaient quelque peu délaissé le genre, malgré son grand succès auprès du public. Et c'est certainement ce qui fit de La Petite Sirène le triomphe qu'on lui connaît, proposer une histoire en totale fusion avec des chansons entraînantes. Car bien qu'ayant repris une recette ayant fait ses preuves, les deux compositeurs ont réussi à moderniser le genre, en jouant notamment avec différents styles musicaux.
En plus de son travail de compositeur, Howard Ashman était également producteur asssocié sur le projet. Ce qui lui permi notamment d'avoir une plus grande influence sur la création des chansons, mais aussi de participer à son niveau à l'écriture du scénario. Il réitéra la chose sur La Belle et la Bête et Aladdin. Malheureusement, Howard Ashman décédera en 1991, quelques mois avant la première de La Belle et la Bête... Cette disparition fut une énorme perte pour le studio et cela se ressenti sur les futures productions des années 90.

Glen Keane superviseur de l'animation d'Ariel  Mark Henn le second superviseur de l'animation d'Ariel  Ruben Aquino superviseur de l'animation d'Ursula

Le caractère de l'héroïne principale étant à peu près défini, il fallait maintenant lui trouver un aspect visuel en adéquation avec sa personnalité. L'animateur Glen Keane s'occupa du style graphique d'Ariel, lui donnant cette fougue et cette volupté dans son animation assez osé pour l'époque. Le défi majeur était aussi de rendre son animation crédible, ce qui ne fut pas de tout repos étant donné son anatomie mi adolescente, mi poisson. Pour le visage de son héroine, Glen Keane s'inspira notamment de l'actrice Alissa Mylano, alors connue pour son rôle dans le sticom Madame est servie. Il se servit également des vidéos de l'enregistrement de la voix du personnage par Jodi Benson pour l'animation de ses expressions et ses mouvements. Pour l'animation finale, Glen Keane fut secondé par Mark Henn, qui sera par la suite un des animateurs attitrés de bon nombre de personnages féminin (Belle, Jasmine, Mulan et plus récemment Tiana).
L'animation d'Urusla fut confiée à Ruben Aquino. Au début de la producton le personnage était une sirène, avant que l'équipe de production ne découvrit un documentaire sur les pieuvres et décida de transformer le personnage. En effet, les multiples tentacules et les mouvements de l'animal rendaient le personnage bien plus imposant et menaçant. Au départ Glen Keane devait s'occuper du personnage avant d'être redirigé vers Ariel. Howard Ashman, qui a participé à la création d'Ursula avoua s'être inspiré du chanteur travesti Divine et de l'actrice anglaise Joan Collins dans son rôle d'Alexis Carrington dans la série TV Dynastie. Medusa, la méchante de Les Aventures de Bernard et Bianca servit également de base à l'éllaboration du personnage. Parmi les autres superviseurs de l'animation on peut également citer Andreas Deja (Triton) et Duncan Marjoribanks (Sébastien).
Techniquement, La Petite Sirène est aussi ambitieux que le reste de la production. Jamais depuis Fantasia un film d'animation des studios n'avait utilisé autant d'effets spéciaux. En effet, près de 80% des plans du film en contiennent ! La raison principale étant le lieu de l'action qui se déroule majoritairement sous l'eau. Mark Dindal (futur réalisateur de Kuzco, l'Empereur Mégalo et Chicken Little), alors responsable du département effets spéciaux estime que plus d'un million de bulles ont été animé pour le film. Leur nombre était tellement conséquent que les studios Disney sous traitèrent une partie de leur animation chez Pacific Rim Production, un studio d'animation chinois. L'animation 3D a aussi été utilisée pour certains plans du film, comme la scène où Ariel dévale les escaliers du château, ou bien dans l'animation des bateaux lors de l'affrontement final. Tout comme dans Basil, Détective Privé et Oliver et Compagnie, une base filaire animée en 3D a été utilisé avant d'être colorié à la main. Enfin, le logiciel CAPS permettant de colorier les celluloïds directement sur ordinateur a été utilisé pour la première fois sur quelques plans test. CAPS fut définitivement adopté par le studio à partir de Bernard et Bianca au Pays des Kangourous.

Mark Dindal le superviseur des effets spéciaux  Une peintre colorie un celluloïd d'Ariel  La Petite Sirène sera la dernière production entièrement peinte à la main

Sorti le 15 novembre 1989 sur les écrans américains, La Petite Sirène fut LE succès que Disney attendait depuis des décennies. Avec 84 millions de dollars de recettes rien que sur le sol américain, il fut à l'époque le film d'animation le plus rentable de toute l'histoire du cinéma. Savant mélange de romance, d'humour, d'aventure et soutenu par un panel de personnages plus attachants les uns que les autres et des chansons inoubliables, La Petite Sirène marqua le retour des studios Disney à leur plus haut niveau depuis la mort de Walt Disney. Il permit également à la nouvelle équipe dirigeante arrivée quelques années plus tôt de s'imposer et d'enfin prouver que l'animation avait encore de beaux jours devant elle. Le film reçut d'ailleurs deux Oscars (une première depuis 1971 et L'Apprentie Sorcière), celui de la Meilleure Chanson pour Sous l'Océan, et celui de la Meilleure Musique, ainsi qu'un Golden Globe dans la même catégorie. La machine à succès Disney est en marche et nous réserve alors encore bon nombre de surprises, mais ça c'est une autre histoire...

 

Illustrations de Key Nielsen (version 1941) : 

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3 septembre 2013

Critique Planes

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Réalisé par Klay Hall (La Fée Clochette et la Pierre de Lune), Planes est le premier film d'une toute nouvelle franchise des DisneyToon Studios. Dusty Crophopper est un jeune avion épandeur rêvant de devenir un jet de compétition. Il se met ainsi dans l'idée de participer au Grand Rally du Tour du Ciel, la course la plus prestigieuse au monde. Avec l’aide de ses amis et d’un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale qui a de la sagesse à revendre, il va décoller pour l’aventure de sa vie, se mesurant aux plus grands, dépassant ses limites et volant à des altitudes qu’il n’aurait jamais cru atteindre…

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Planes n'est pas à proprement parlé une nouveauté, il s'agit en réalité d'un spin-off de Cars - Quatre Roues. Depuis la sortie du film en 2006, Disney (sous la houlette de John Lasseter) n'a cessé d'exploiter l'univers du film qui est rapidement devenu une des franchises les plus rentables des studios. Ainsi, Pixar mit tout d'abord en chantier la réalisation des Cars Toons, une série de courts métrages mettant en scène Martin dans des aventures rocambolesques. Parallèlement à cela, Brad Lewis commence à travailler sur le scénario de Cars 2, il sera rejoint plus tard par John Lasseter à la réalisation. Sorti en 2011, le film fut très mal accueilli par le public et la presse, ternissant alors pour la première fois l'image jusqu'ici impeccable des studios Pixar... La branche parc n'est pas en reste : en 2007 ouvre au parc Walt Disney Studios Cars - Quatre Roues Rally, une attraction aux couleurs du film, alors qu'est mis en chantier en Californie, Cars Land, une nouvelle zone du parc Disney California Adventure entièrement consacrée à l'univers de Cars inauguré en juin 2012.  Entre temps, les DisneyToon Studios annoncent en 2010 la mise en chantier de Planes. Tout comme Cars 2, l'objectif est somme toute évident : lancer une nouvelle franchise permettant une vente massive de merchandising. Et quoi de mieux que les avions pour attirer les petits garçons ? Un nouveau film "produit" est né. Pour autant, cela ne l'empêche pas de briller dans sa catégorie.

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Les DisneyToon Studios nous ont déjà prouvé avec les films de la Fée Clochette qu'ils étaient capables de réaliser de bons films. Il faut dire qu'ils revenaient de loin... C'est en 1994 que commence le cauchemar avec la sortie du Retour de Jafar directement en vidéo. Il s'agissait de la première suite d'un film des Walt Disney Animation Studios réalisée par un autre studio (à l'époque Disney Television Animation). Le carton commercial est au rendez-vous malgré une absence totale d'intérêt artistique. Les années passent et les suites se succèdent désespérément, jusqu'en 2006 et l'arrivée de John Lasseter à la tête des différents studios d'animation de l'entreprise. On aurait pu s'attendre à ce que ce dernier ferme les DisneyToon Studios, devenu au fils du temps un véritable fardeau artistique. Au lieu de cela il décida d'en faire un studios centré sur la réalisation de films d'animation dit "franchisés", produits en étroite collaboration avec la branche Disney Consumer Product. C'est ainsi qu'en 2008 sort le film La Fée Clochette, premier opus d'une nouvelle franchise destinée à booster les ventes des produits de la gamme Disney Fairies. Le succès est au rendez-vous, la qualité également (toutes proportions gardées). Visant un public exclusivement féminin, il fallait trouver une nouvelle franchise qui plairait également aux petits garçons (mais un peu moins au porte-monnaie des parents). C'est ainsi que John Lasseter introduit l'idée de Planes.

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Avec un budget de 50 millions de dollars, il est difficile de comparer Planes avec les autres films d'animation maison dont les budgets sont en moyenne trois fois plus importants. Il faut donc prendre le film tels qu'il est : une production à budget réduit sans grande prétention. Une fois cela à l'esprit, on prend un réel plaisir à découvrir les aventures de Dusty et ses amis. Certes on pourrait reprocher à Planes son scénario sans surprise et très inspiré par Cars - Quatre Roues ou bien encore son manque d'ambition artistique, mais l'intérêt du film n'est pas là. Contrairement à Cars 2 qui avait été une grosse déception pour beaucoup de monde, Planes a le mérite de remplir son contrat en nous offrant un divertissement honnête, de qualité et maîtrisé de bout en bout. Les personnages, bien que très classiques, sont attachants et ont l'avantage de ne pas nous taper sur les nerfs comme un certain Martin dans Cars 2.  Techniquement parlant le film ne casse pas trois pattes à un canard, l'animation des personnages est minimaliste, les décors bien que soignés sont parfois assez vides, jouant sur la répétitions pour donner l'illusion d'immensité. Enfin la musique du film ne m'a pas vraiment marqué, vite entendu vite oublié, tout comme la 3D stéréoscopique totalement inutile.

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Exclusivement destiné au jeune public (n'allez pas le voir si vous avez plus de dix ans, vous allez vous ennuyer), Planes est une belle réussite pour les DisneyToon Studios qui ont réussi avec brio à mettre une nouvelle franchise sur les rails. Une suite est dores et déjà prévue pour l'été 2014 : Planes - Fire and Rescue. Vous n'avez pas fini d'entendre parler de Dusty et sa bande !

 

Planes sortira au cinéma le 9 octobre en 3D dans les salles équipées. 

 

 

Voici en bonus une galerie de recherches graphiques tirée de la production du film : 

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10 août 2013

Preview La Reine des Neiges

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Le 4 juillet dernier j'ai eu la chance d'assister à une projection spéciale au cinéma Publicis des Champs Elysées pour la presse et les sites Disney français où nous avons pu découvrir de nombreux extraits de La Reine des Neiges, le prochain film des Walt Disney Animation Studios. Peter Del Vecho, le producteur du film avait fait pour l'occasion le déplacement de Los Angeles afin de nous présenter son nouveau bébé. Il a également répondu aux questions de l'auditoire en fin de séance, le tout ponctué de projections de superbes recherches graphiques inédites. De quoi me combler, vous vous en doutez !

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Résumé des extraits présentés (attentions aux spoilers) : le premier extrait diffusé nous permet de faire la connaissance d'Anna, une des héroïnes principales du film, lors de sa rencontre avec un prince du nom de Hans au bord d'un lac dont elle va tomber éperdument amoureuse. Nous passons ensuite à la scène où Annna annonce à sa soeur Elsa (qui vient d'être couronnée reine du royaume) qu'elle va se marier alors qu'elle connaît son futur mari que depuis deux jours. Folle furieuse du comportement puérile de sa soeur, Elsa révèle alors ses pouvoirs cachés depuis son enfance. En effet, Elsa est vicitime d'une sombre malédiction qui lui permet de transformer tout ce qu'elle touche en glace. Elle a depuis protégé ses mains de gants et n'a parlé de ce secret à personne. Son pouvoir révélé, elle sera chassée par les habitants du royaume, ne voulant pas d'une sorcière comme reine.
Nous passons alors à la scène de la fuite d'Elsa dans les montagnes et découvrons une première chanson du film à la sauce broadway où Elsa dévoile son humeur du moment. Tout en dansant dans les montagnes elle prend conscience de la puissance de ses pouvoirs et construit alors son propre château de glace au milieu de montagnes. Elle crée par la même occasion Olaf le bonhomme de neige (sans trop le savoir apparemment).
Nous découvrons ensuite la rencontre entre Kristoff et Anna qui a besoin d'un guide pour partir à la recherche de sa soeur. Ce dernier est accompagné de Sven le renne avec qui il a une relation très proche. Chose amusante, Sven n'étant pas un animal qui parle, c'est Kristoff qui s'occupe de répondre à sa place, créeant ainsi des dialogues vraiment amusants.
Nous passons ensuite à la scène de la rencontre de Kristoff et Anna avec Olaf. Très drôle, le personnage est également touchant avec son envie plutôt originale pour un bonhomme de neige : Olaf rêve de voir à quoi ressemble l'été ! Nous découvrons alors une seconde chanson interprété par Olaf où il nous parle de son rêve dans des scènes au style cartoon plus poussé. Encore une fois on sent le côté comédie musicale de Broadway dans ce morceau.
Nous découvrons ensuite la scène des retrouvailles entre Anna et sa soeur dans son château de glace. Mais l'accueil s'avère glacial (ahaha) et Kristoff et Anna sont chassé du château par un énorme monstre de glace créé par Elsa. Enfin, nous découvrons une scène se déroulant vers la fin du film, lorsque les garde du royaume arrivent au château de glace pour en chasser Elsa.

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Les chansons et les personnages : la chanson d'Elsa est dans le plus pure style comédie musicale, bien plus que celle qui introduisait Raiponce qui sonnait Pop. Disney revient ainsi ici à un style musical plus classique certes, mais qui accroche tout de suite l'oreille. La chanson d'Olaf est très drôle avec des décors plus cartoon. Le côté candide du personnage qui rêve de vivre en été alors que c'est un bonhomme de neige est touchant. J'avais un peu peur qu'il soit le side-kick bien lourd mais cela n'a pas l'air d'être le cas, il s'avère bien plus intéressant, drôle et naïf, un personnage qui semble vraiment profond.
Le personnage d'Anna rappelle beaucoup Raiponce mais en moins ados. Le design est réussi mais encore une fois Raiponce n'est pas loin. Kristoff rappelle également Flynn mais en blond. Il refuse d'abord d'accompagner Anna dans les montagnes avant d'accepter. Kristoff tombe amoureux d'Anna mais cela ne semble pas réciproque. Sven le renne est très drôle, mais a tout sauf le comportement d'un renne. Il s'agit plus d'une version renne de Maximus (le cheval de Raiponce) avec un comportement "canin" encore plus prononcé. Son design est toutefois fort réussi et le personnage est extrêmement bien animé.

Alor que le défi technique de Raiponce était de créer des humains crédibles et donner à la princesse une chevelure réaliste, le défi principal de La Reine des Neiges a été de donner encore plus de subtilité aux expressions faciales mais aussi de développer l'animation dans des paysages enneigés. Pour la production du film une partie de l'équipe est parti en voyage d'étude en Norvège afin d'y étudier les paysages mais aussi l'architecture dont ils se sont fortement inspirés pour le film. Ils ont également visité un hôtel de glace au Canada afin d'étudier de plus près les effets de transparences de la matière que l'on retrouve énormément dans La Reine des Neiges. Pour Sven, la production a fait venir aux studios des rennes pour que les animateurs étudient au plus près leur anatomie et leur façon de se mouvoir. Enfin, l'équipe de production a testé la marche dans la neige en pleine montagne avec de grandes robes (les hommes également) afin d'étudier la façon dont les mouvements des personnages et de leurs vêtements fonctionnent dans ces conditions. Une majeure partie du film se passant dans les montagnes, il était important pour l'équipe de se rendre compte des difficultés auquel pourraient être confronté les personnages.

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La Reine des Neiges s'annonce très prometteur. L'aperçu des chansons du film nous poussent à croire qu'il s'agira d'une véritable comédie musicale à la manière de La Belle et la Bête (pas étonnant vu que le compositeur est également compositeur de comédie musicale). La relation entre Anna et sa soeur Elsa est pour le coup assez inédite dans un Disney, cela promet de belles scènes. Les différents personnages sont tous très attachants, notamment le bonhomme de neige Olaf qui s'avèrent bien plus profond qu'il n'en avait l'air au premier abbord. Enfin techniquement le film impressionne, notamment grâce à des décors de glace et de neige somptueux, un peu moins dans le design des personnages qui rappellent définitivement un peu trop ceux de Raiponce (hormis Olaf).

Rendez-vous le 4 décembre 2013 au cinéma pour découvrir cette nouvelle grande aventure qui s'annonce épique et magnifique !

 

9 août 2013

Zootopia

 

 

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Le 23 mars 2016 au cinéma. 

 

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5 juin 2013

Monstres Academy

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Recherche de Shelly Wan :

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Recherche de Peter Chan :

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Recherches de Daniela Strijileva :

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Recherches de Ricky Nierva :

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Recherches de Jason Deamer :

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Artistes inconnus :

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29 avril 2013

Extra-Terrien

 

Extra-Terrien

 

 

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Lifted (Extra-Terrien) est le douzième court métrage des studios Pixar. C'est la première réalisation de Gary Rydstrom, célèbre sound designer d'Hollywood maintes fois oscarisé. On lui doit notamment les ambiances sonores de films tels qu'Indiana Jones et le Temple Maudit, Terminator 2, Jurassic Park, Titanic, Il Faut Sauver le Soldat Ryan ou bien encore la seconde trilogie Star Wars. Sound designer attitré des longs et courts métrages Pixar depuis Luxo Jr., c'est tout naturellement là bas que Gary se décide à passer à la réalisation en mettant en scène les déboires de Stu, un extra-terrestre apprenti pilote de soucoupe volante.

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En 2004, Gary Rydstrom se dit qu'il était temps de donner un nouveau souffle à sa carrière. En effet, après plus de vingt annnées passées à créer l'univers sonore des plus grands films, il était nécessaire selon lui de trouver un nouveau challenge. Le son était un élément qui arrivait en toute fin du processus de production d'un film, Gary souhaitait désormais être impliqué dès le départ. Quoi de mieux pour cela que de passer réalisateur ? C'est tout naturellement qu'il se tourna vers les studios Pixar, son studio de prédilection, pour leur présenter son idée de court métrage, Extra-Terrien.
Même si Rydstrom n'avait aucune expérience en tant que réalisateur, cela ne l'intimidait pas plus que ça. Il présenta son projet à John Lasseter avec des simples esquisses très sommaires. Par la suite, au lieu de parler de son projet au travers de dessins, comme l'aurait fait n'importe quel autre réalisateur ayant une expérience en animation, il discuta surtout du panel d'émotions de son personnages principal. Il désirait en effet que Stu passe par toutes les émotions possibles et imaginables en moins de cinq minutes.
Jeff Pidgeon s'occupa de réaliser une première version du storyboard. On y voyait alors deux petites consoles de commandes dans le vaisseau spatial, une pour Stu et l'autre pour Mr. B. son examinateur. En voyant cette première première ébauche, John Lasseter conseilla à Gary de ne mettre qu'une seule énorme console, le même genre de machine que Gary utilisait tous les jours pour ses mixages sonores. L'effet était ainsi bien plus impressionnant ! Gary réalisa alors qu'il était en train de dépeindre ce qu'il vivait au quotidien : dompter une console rempli de centaines de boutons et se voir juger sur son travail.

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L'artiste Dan Lee a accompagné Gary Rydstrom dès le début du processus de création, afin de concrétiser sur le papier sa vision des personnages. Gary voulait que le premier extra-terrestre se sente comme un adolescent, tandis que l'extra-terreste instructeur ressemblerait à un moniteur d'auto école très imposant et tenant un clipboard. Après que Lee ait réalisé les premières ébauches des personnages, Gary Rydstrom organisa des sessions de dessins avec d'autres artistes des studios, tels que Teddy Newton, Ricky Nierva ou bien encore Bud Luckey, afin d'aller encore plus loin dans la recherche des personnages. Le design de Mr. B. (l'extra-terrestre instructeur) a en grande partie été réalisé par Jeff Pidgeon, qui le voyait comme une grosse masse triangulaire faite de gellatine, avec une petite calotte sur la tête. Les designs de tous les personnages ont ensuite pris leur forme définitive entre les mains du sclupteur Greg Dykstra, qui a crée les maquettes en trois dimensions des personnages, et par Jason Deamer qui a réalisé les dessins définitifs à partir desquels ont été construits les modèles numériques.
Tout comme Gary Rydstrom passant de sound designer au siège de réalisateur, l'artiste Mark Cordell Holmes fut promu production designer (responsable de l'aspect visuel du film) sur Extra-Terrien. Et c'est bien là aussi le but de courts métrages chez Pixar : donner une opportunité aux vétérans des studios de gravir les échellons de la production. Mark Cordell Holmes est arrivé che Pixar en 1995 et a travaillé à de nombreux postes créatifs, mais s'est toujours senti limité dans son travail qui était alors guidé par un superviseur. Ici Mark se sentait pour la première fois libre, il n'y avait pas de limites à son imagination, hormis celles de l'histoire. Il prit ainsi un grand plaisir à travailler sur Extra-Terrien, où il eu lapossibilité de repousser ses limites au delà de son petit confort habituel. Il avait enfin le sentiment d'avoir grandement collaboré au produit fini.

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Visuellement parlant, Extra-Terrien s'inspire des classiques de la science fiction (la saga Star Wars, Rencontre du Troisième Type). À un détail près : Gary Rydstrom ne voulait pas que le vaisseau de Stu et Mr. b ait l'air cool, mais plutôt qu'il ressemble à un engin utilitaire qui ne craindra pas les manoeuvres douteuses de l'apprenti pilote. Pour l'intérieur du vaisseau, Gary Rydstrom et Mark Cordell Holmes voulaient qu'il soit fade et sans âme. Ils s'inspirèrent pour cela de cabinets dentaires et des bureaux du Department of Motor Vehicles (organisme public aux États-Unis où sont remis les permis de conduire).
La forme du vaisseau est directement inspirée des cookies Mallomar, tandis que l'aspect des deux extra-terrestres s'inspire de la gellatine Jell-O (très célèbre outre atlantique). Le choix de cette matière ne s'est pas nons plus fait par hasard, Gary Rydstrom recherchait un aspect qui lui permettrait une grande liberté dans l'expressivité du personnage principal, tout en ayant une apparence originale.
Etrangement, c'est sur la partie sonore du court métrage que Gary Rydstrom a eu le plus de difficultés ! En effet, en tant que réalisateur et non plus sound designer, il n'avait plus personne vers qui se tourner pour demander son avis sur tel ou tel effet. Finalement, Gary se tournait vers John Lasseter quand il avait besoin de conseils. La seule chose que ce dernier lui disait toujours c'était "Plus de caisson de basse".

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Extra-Terrien est sorti le 29 juin 2007 au cinéma en avant-programme de Ratatouille. Après avoir réalisé Extra-Terrien, Gary Rydstrom se voit proposer la réalisation de son premier long métrage d'animation, Newt. Prévu pour une sortie dans les salles en 2011, le projet fut finalement abandonné début 2010... Depuis, Gary Rydstrom est retourné à sa console et continu de travailler sur les films les plus prestigieux d'Hollywood.

 

Recherches de Jeff Pidgeon :

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Recherche de Dan Lee :

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Recherche de Bud Luckey :

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Recherches de Jason Deamer :

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Recherches de Mark Cordell Holmes :

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22 avril 2013

Lilo & Stitch

 

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Lilo & Stitch affiche américaine

42ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, Lilo & Stitch est la première réalisation du duo Chris Sanders / Dean DeBlois. Le film, atypique sur bien des points, signe le retour des studios Disney aux films d'animation dit "mineurs", au budget bien en deça des autres productions maison. De par son scénario, ses personnages et les techniques utilisées lors de sa production, Lilo & Stitch est sans conteste le film des Walt Disney Animation Studios le plus original (et pour beaucoup le plus réussi) des années 2000. Retour sur les origines de l'extra-terrestre le plus célèbre de la galaxie Disney !

Lilo & Stitch - Dean Deblois et Chris Sanders  Lilo & Stitch - Chris Sanders  Lilo & Stitch - Clark Spencer (producteur)

C'est le talentueux Chris Sanders qui est à l'origine du projet. Né le 12 mars 1962 dans une famille artistique du Colorado, Chris a grandi en dessinant et en écrivant ses propres petites histoires. Bien que n'ayant cessé de dessiner durant ses études secondaires au lycée Arvada (il était dessinateur pour le journal de l'école), Chis n'imaginait pas à cette époque pouvoir vivre de son coup de crayon. Arrivé à sa dernière année de lycée, il ne savait toujours pas ce qu'il voudrait faire après... Jusqu'au jour où sa grand-mère tombe sur un article parlant de la California Institute of Arts (CalArts) et lui conseille de s'y inscrire. Chris fut accepté et intégré au programme d'animation, dont il ressort diplômé en 1984. Il débute sa carrière professionnelle en 1985 chez Marvel Productions en tant que model designer sur les séries TV Les Luxioles et Les Bébés Muppets. En 1987 il est embauché aux Walt Disney Animation Studios au département scénario, mais aussi en tant que développeur visuel. ll participa ainsi à de nombreuses productions : Bernard et Bianca au Pays des Kangourous, La Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion, Mickey Perd la Tête et Mulan (où il fait la connaissance de son compère Dean DeBlois). C'est également à lui que l'on doit le concept original de la séquence de Fantasia 2000Les Pins de Rome. Lors de son embauche, Chris Sanders avait réussi à intégrer à son contrat l'opportunité de développer une idée pour un long métrage. Cette opportunité se concrétisa avec Lilo & Stitch, sorti en 2002. Par la suite, Chris développa un nouveau projet de long métrage, American Dog. Malheureusement, suite à quelques déconvenues avec John Lasster, devenu le nouveau responsable créatif des studios, Chris fut contraint de quitter les Walt Disney Animation Studios en 2007... Son projet de film fut alors repris et totalement remanié par Byron Howard et Chris Williams pour devenir Volt, Star Malgré Lui, sorti en 2008.
Chris Sanders continu alors sa carrière chez le concurrent Dreamworks Animation, qui eu la bonne idée de l'intégrer à son staff en tant que réalisateur. Suivi par Dean Deblois, les deux artistes réalisent ensemble leur second film, Dragons, sorti en 2010. Le film fut un des plus beaux succès du studio. Il reprend ensuite le développement d'un projet de longue date qui deviendra Les Croods sorti en 2013.
Indépendamment de son travail de réalisateur, Chris Sanders a également sorti plusieurs livres d'illustrations et dessine depuis 2008 une bande dessinée destinée au web nommée Kiskaloo. Le personnage principal est un chaton avec un cache oeil de pirate au caractère bien trempé, ressemblant étrangement à un personnage qu'il avait développé pour American Dog !

Lilo & Stitch - Deand DeBlois  Lilo & Stitch - Dean DeBlois et Chris Sanders lors de l'avant-première de Los Angeles  Dean DeBlois en 2010

Dean DeBlois a coréalisé Lilo & Stitch aux côtés de Chris Sanders. Bien plus calme et organisé que Chris, il était le binome parfait pour mettre à plat toutes les idées que Chris balançait à tour de bras, tout en y ajoutant les siennes. Dean DeBlois est né le 7 juin 1970 au Canada. Passionné depuis toujours par le dessin, Dean tente d'abord sa chance en tant que dessinateur de comics, avant de vite abandonner en raison de son trop grand éloignement avec les grosses maisons d'édition américaine.  Il commence sa carrière dans l'animation en 1988 au Hinton Animation Studios/Lacewood Productions à Ottawa, en tant qu'assistant animateur et artiste layout, tout en prenant des cours d'animation au Sheridan College d'Oakville. Il participera ainsi à la production de séries TV comme The Racoons, Teddy Bear's Picnic ou bien encore au film d'animation The Nutcracker Prince. Sorti diplômé du Sheridan College en 1990, Dean se fait embauché aux Sullivan Bluth Studios situés à Dublin en tant qu'artiste layout, character designer et assistant storyboard. Il travaille ainsi sur les films de Don Bluth Un Troll à Central Park et Poucelina. En 1994, Dean DeBlois fait son entrée aux Walt Disney Animation Studios comme responsable du layout sur Mulan. La production ayant pris du retard, il fut envoyé à Los Angeles (au lieu du studio de Floride initialement prévu) pour travailler au département scénario. Il était censé aider les scénaristes en leur dessinant des décors. Un peu pris au dépourvu, ses colllègues ne savaient pas trop quoi faire de lui. Dean commença alors à travailler avec les autres scénaristes sur l'histoire de Mulan. Il fut si bon qu'il ne retourna jamais au département layout ! On lui doit notamment la séquence mémorable du départ de Mulan du foyer familial. C'est à cette période que Dean fait la connaissance de Chris.
Après avoir coréalisé Lilo & Stitch, Dean DeBlois quitte les Walt Disney Animation Studios pour se concentrer sur des projets plus personnels. Il vend ainsi plusieurs projets de longs métrages à Disney et Universal (projets toujours dans les cartons des deux studios). Il réalise en 2006 Heima, un documentaire sur la tournée islandaise du groupe Sigur Rós. Dean revient finalement à l'animation en 2008, lorsqu'il rejoint son compère Chris Sanders chez Dreamworks Animation pour coréaliser Dragons. Entre temps il réalise deux autres documentaires sur Jónsi (un des membres du groupe Sigur Rós) intitulé Go Quiet et Jónsi: Live at The Wiltern. Dean travaille actuellement sur Dragons 2, qu'il réalise seul cette fois, prévu pour le 26 juin 2014.

Recherche préliminaire de Stitch par Chris Sanders (1985)  Lilo & Stitch - repérages sur l'île de Kauai (avril 1999)  Lilo & Stitch - repérages sur l'île de Kauai (avril 1999)

Lilo & Stitch prend ses racines en 1984, lorsque Chris Sanders imagine l'histoire d'un extra-terrestre prénommé Stitch, ignorant ses origines et qui vivait au milieu de la forêt, tentant comme il le pouvait de cohabiter avec les autres animaux. A l'origine, Chris souhaitait en faire un livre illustré, mais ne trouva jamais d'éditeur pour le publier... Durant l'Automne 1997, Micheal Eisner, alors président de la Walt Disney Company, invita un groupe d'artistes et d'exécutifs des studios à une retraite de quelques jours dans le Vermont, afin de parler d'animation. Durant cette retraite germa une idée : à quoi ressemblerait le Dumbo de leur génération ? Un film moins ambitieux qui serait l'expression d'un artiste, plus simple du point de vue de la production, mais aussi complexe et sincère que n'importe quel grand film. Le tout permettant plus de prises de risques que sur une production classique. De cette retraite est ainsi ressorti l'idée qu'il était peut-être temps pour les studios de chercher leurs histoires ailleurs, de s'intéresser à des récits plus modestes. Thomas Schumacher, alors vice-président exécutif des Walt Disney Animation Studios, pensa à Chris Sanders pour ce nouveau projet. C'est ainsi que Chris ressorti de ses archives l'histoire de Stitch, pour en faire un long métrage, Lilo & Stitch ! Il en parla très vite à Dean DeBlois, avec qui il était proche et commencèrent à développer le projet ensemble le soir autour d'une bière après leur travail aux studios. Chris présenta son projet à Thomas Schumacher... Dans un restaurant à Karaoké ! En effet, Thomas savait pertinament que Chris avait du mal à se lancer, il décida alors de le réunir lui et quelques exécutifs des studios au restaurant de l'hotel Swan and Dolphin de Disney World. Le karaoké ne commençait pas avant 21h, Thomas dit alors à Chris qu'il devait absolument présenter son projet durant le diner s'il ne voulait pas chanter ! Sans cela, Chris ne se serait peut-être jamais lancé...
A ce moment là on était encore très loin du film que l'on connait aujourd'hui. L'histoire se passait dans une forêt où Stitch était reclus, rejeté par les autres animaux. Il avait appris à imiter le bruit de la pluie, du vent, du ruisseau. C'est ainsi qu'il communiquait. Il n'y avait ni Lilo, ni Hawaï, c'était juste l'histoire de Stitch. Lors de la présentation du projet, Thomas Schumacher fit une remarque sur le fait que les animaux menaient déjà une vie dont nous étions exclus, qu'il serait peut-être mieux de placer l'histoire parmi les humains. C'est ainsi que Chris et Dean introduirent l'idée de la rencontre de Stitch avec une petite fille. Pour le lieu de l'action, ils voulaient la situer dans un lieu fini, une petite ville. Un endroit où un extra-terrestre pouvait vivre sans que l'armée ou tout une foule ne débarque. Ils pensèrent alors à une petite ville américaine dans le Kentucky ou le Kansas, avant de se poser sur une île d'Hawaï, Kauai, un lieu parfaitement fini avec ce charme très provincial qu'ils recherchaient, tout en ayant une authenticité et une saveur visuelle indéniable.

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Tous les décors de Lilo & Stitch on été réalisé à l'aquarelle. Surpassée depuis longtemps par la gouache, la technique avait été abandonnée par les studios depuis Dumbo sorti en 1941. Étant donné son budget restreint (le plus petit depuis Le Roi Lion), la production de Lilo & Stitch pemit aux artistes de prendre plus de risques qu'habituellement, cependant l'aquarelle n'en faisait pas parti au départ. En effet, remettre au goût du jour une technique laissée de côté depuis des décennies, cela pouvait coûter très cher ! Mais ce choix ne s'est pas fait non plus par hasard. L'aquarelle avait cette luminosité et cette transparence qui manquaient à la gouache. La technique était parfaite pour retranscrire l'atmosphère chaleureuse d'Hawaï. Le rendu était également proche des livres de contes, qui avaient eux-mêmes inspirés Walt Disney lors de la production de ses premiers longs métrages. C'est d'ailleurs avec cette technique que Chris avait colorié ses illustrations pour sa présentation du projet. Et c'est en voyant ces illustrations que Ric Sluiter, le directeur artistique du projet, proposa de réaliser les décors du film à l'aquarelle. Son équipe de coloristes a ainsi du reprendre des cours pendant plusieurs semaines afin de connaître les moindres secrets de l'aquarelle, technique qui en effrayait plus d'un. En raison de la transparence des couleurs, les artistes devaient simplifier leur palette de couleurs et réduire leur nombre de nuances du foncé au clair. Le directeur artistique demanda également des conseils à l'artiste Maurice Noble, qui avait travaillé à l'époque sur les décors à l'aquerelle des premiers longs métrages d'animation des studios, avant de partir travailler sur les décors des cartoons de la Warner Bros. Ses conseils furent très précieux durant la production. Malheureusement l'artiste ne vit jamais le résultat final, il mourut quelques mois avant la sortie du film...
Bien qu'ayant de grandes qualités, l'aquarelle a également de nombreux défauts. Contrairement à une peinture réalisée à la gouache que l'on peut corriger sans problème, on ne peut modifier une peinture faite à l'aquarelle. Le processus est également chamboulé en raison de la transparence des couleurs. Ainsi, l'artiste est obligé de commencer par peindre les zones d'ombres de son décor avant de s'attaquer aux zones plus claires. Pas facile de s'adapter à toutes ces contraintes ! Néanmoins le résultat est là, les décors de Lilo & Stitch sont parmi les plus réussis de ces dernières décennies, et ce grâce au travail acharné d'artistes talentueux.

Lilo & Stitch - Andreas Deja  Lilo & Stitch - Alex Kupershmidt  Lilo & Stitch - Byron Howard

La supervision de l'animation de Stitch fut confiée à Alex Kupershmidt. Arrivé aux Walt Disney Animation Studios à la fin des années 80, Alex participa à l'animation du cartoon Roller Coaster RabbitBernard et Bianca au Pays des Kangourous, anima Gaston sur La Belle et la Bête, travailla sur le cartoon Off His Rockers, anima Aladdin sur le film éponyme, les hyènes sur Le Roi Lion, ansi que Khan et le Général Li sur Mulan. L'artiste passa superviseur de l'animation sur Lilo & Stitch. Par la suite il supervisa l'animation de Koda sur Frère des Ours, avant de repasser animateur sur Chicken Little, Bienvenue chez les Robinson, le cartoon de Dingo Comment Brancher son Home Cinéma, Volt, Star Malgré Lui avant de repasser superviseur sur La Princesse et la Grenouille, s'occupant des masques, des poupées vaudou et du jazz band. Pour le personnage de Stitch, Alex fut tout d'abord anxieu à l'idée d'animer un personnage qui n'avait pas de pupilles, car c'est d'habitude par ce biais que l'on communique les émotions du personnage au spectateur. Cela devint finalement un avantage car en ne pouvant deviner les émotions de Stitch cela le rendait encore plus imprévisible.
La supervision de l'animation de Lilo fut confiée à Andreas Deja. Véritable pilier du département animation, Andreas avait fait depuis longtemps ses preuves en animant avec une grande dextérité des personnages comme le Roi Triton dans La Petite Sirène, Jafar dans Aladdin, Scar dans Le Roi Lion, ou bien encore Hercule dans le film du même nom. C'est en voyant un dessin de Lilo par Chris Sanders (celui où elle tient un gros poisson dans ses bras au bord de l'eau) dans le hall des studios qu'il se dit qu'il fallait qu'il travaille sur ce film ! Le personnage de Lilo s'avéra un véritable défi pour l'animateur pourtant chevronné. En effet, le design du personnage, crée par Chris Sanders était extrêmement difficile à rendre en animation. Par exemple, Chris dessinait les yeux du personnage d'un simple trait de crayon épais et très écartés. De ce fait, on ne pouvait apercevoir qu'un seul oeil sur la plupart des dessins... Il a fallut qu'Andreas recrée un nouveau modèle de personnage, plus épuré, pour que son animation soit possible. Qui plus est Lilo ne se comporte pas comme une enfant ordinaire, elle n'est pas aussi enjouée et dynamique. Son animation était toute en retenue, beaucoup plus subtile et difficile à réaliser.
La supervision de l'animation de Cobra Bubbles fut confiée à Byron Howard. Arrivé aux Walt Disney Animation Studios au début des années 90, Byron débuta comme intervalliste sur Pocahontas. Débarqué en Floride, Byron fut animateur de Yao et des Ancêtres sur Mulan, superviseur de l'animation de John Henry sur le cartoon du même nom, avant de s'attaquer à la création et la supervision de l'animation de Cobra Bubbles sur Lilo & Stitch. On le retrouve par la suite à la supervision de l'animation de Kenai sur Frère des Ours. Byron fait un tour par le département scénario pour Chicken Little, avant de se voir confier avec Chris Williams la reprise du projet American Dog, qui deviendra Volt, Star Malgré Lui. Il coréalise ensuite Raiponce aux côtés de Nathan Greno, ainsi que le cartoon Le Mariage de Raiponce. Byron Howard travaillerait en ce moment sur un long métrage d'animation inspiré du conte Jack et le Haricot Magique...

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Avant-première mondiale au El Capitan Theatre de Los Angeles le 16 juin 2002

Du côté du casting vocal, c'est Chris Sanders en personne qui double le personnage de Stitch. Au départ Chris taquinait souvent ses collègues avec une petite voix espiègle. Dean DeBlois lui fit remarquer que cette voix serait parfaite pour Stitch. À ce moment là de la production, Stitch n'était pas encore doté de la parole, les réalisateurs préférant le voir évoluer en personnage de pantonyme. Ce n'est que bien plus tard qu'ils se rendirent compte que Stitch devait parler car il avait des choses importantes à dire dans le troisième acte du film. Le recrutement de Chris Sanders comme voix officielle de Stitch permit aux deux réalisateurs d'éviter de se retrouver dans la situation gênante de devoir demander à un doubleur ou un acteur professionnel de venir faire des grognement et des bruits suspects derrière un micro ! C'est la jeune Daveigh Chase qui prête sa voix au personnage de Lilo dans la version originale du film. Après avoir écouter des centaines de petites filles, Chris et Dean ont finalement craqué sur Daveigh. Ils cherchaient une petite fille qui avait naturellement un côté un peu bizarre, très douce mais aussi avec un côté sombre. Daveigh Chase réunissait toutes ses caractéristiques.  Le reste du casting original se compose de Tia Carrere (Wayne's World, True Lies) dans le rôle de Nani, David Odgen Stiers, un habitué des doublages Disney (Big Ben dans La Belle et la Bête, le Gouverneur Ratcliffe dans Pocahontas, Frollo dans Le Bossu de Notre-Dame) dans le rôle de Jumba, Kevin McDonald dans le rôle de Pleakley et enfin Ving Rhames (Pulp Fiction, Les Ailes de l'Enfer, Mission Impossible 1, 2 et 3) dans le rôle de Cobra Bubbles.
La bande originale de Lilo & Stitch est, comme le reste de la production, on ne peut plus atypique. Au départ elle ne devait pas jouer un grand rôle. Le film n'était pas une comédie musicale, et le budget restreint ne permettait pas trop d'excentricités à ce niveau là. Finalement l'équipe s'est rendu compte en cours de production qu'elle tenait un plus grand rôle que prévu, le budget du film a ainsi du être réparti différemment pour donner plus de moyens à la musique. Pour le choix du compositeur, Chris et Dean ont toujours pensé à Alan Silvestri. Le premier montage du film avait d'ailleurs été réalisé avec des extraits de ses bandes originales précédentes. Ils y retrouvaient un mélange de malice et de sincérité qu'ils trouvaient parfait pour leur film. Pour les séquences hawaïenne, Alan Silvestri est allé voir un maître de Hula ainsi que Mark Omalu, un musicien hawaïen, afin de donner plus d'authencitié et de réalisme aux musiques hawaïennes présentes dans le film.
Autre atout majeur de la bande originale du film : la présence d'Elvis Presley. Chris aimait beaucoup le chanteur il  a donc intégré à l'histoire le fait que Lilo était fan du King. Dean a par la suite écrit quelques séquences avec la musique d'Elvis, toutes extrêment réussies, à tel point que ses chansons était devenues le thème musical du film. Les morceaux devaient également être intégrés au CD de la bande originale du film, ce que n'avait jamais autorisé RCA, propriétaire des droits du King. L'utilisation des droits étaient également très strictes : on en pouvait citer le nom d'Elvis, l'imiter ou bien changer des paroles... Lilo & Stitch comportait tout ces interdits ! Par chance, RCA et le Elvis Estate adorèrent le film qu'ils purent visionner avant sa sortie et autorisèrent ainsi ces quelques dérives, jusqu'à le réarrangement de certains morceaux pour qu'ils s'intègrent mieux au film.

Lilo & Stitch 2 - Hawaï Nous Avons un Problème (2005)  Leroy & Stitch (2006)  Série TV japonaise Stitch !

Lilo & Stitch est sorti le 21 juin 2002 dans les salles américaines. Avec 146 millions de dollars de recettes, il restera le film des Walt Disney Animation Studios le plus rentable des années 2000 (jusqu'à la sortie Raiponce en 2010). Avec un budget estimé à 80 millions de dollars, Lilo & Stitch s'avéra plus que rentable, malgré son image de film "mineur". Les produits dérivés autour du film s'arrachèrent un peu partout dans le monde, notamment les peluches à l'effigie de Stitch. Conscient du fort capital sympathie du personnage, les studios Disney mettent très vite en chantier une série TV dérivée du film (67 épisodes répartis sur quatre saisons de 2003 à 2006), ainsi que trois suites. La première, Stitch ! - Le Film sortie directement en vidéo le 26 août 2003, introduit la série TV alors que Leroy & Stitch, sorti le 27 juin 2006, la conclut. Les deux films sont produit par Disney Television Animation. Entre temps sort le 30 août 2005 Lilo & Stitch 2 : Hawaï, Nous Avons un Problème !, produit par les DisneyToon Studios. Pour finir, une seconde série TV nommée Stitch ! voit le jour au Japon, pays où Stitch est vénéré. Composée de 86 épisodes répartis sur trois saisons, la série sera diffusée sur Disney Channel Japan de 2008 à 2011. La série se conclura par un épisode spécial, Stitch and the Planet of Sand, diffusé le 16 juin 2012.

 

Recherches de Chris Sanders : 

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Recherches d'Andreas Deja :

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Recherches de Paul Felix :

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Recherche de Marcelo Vignali :

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Décors et dessins de Geraldine Kovats :

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Storyboards de Dean Deblois :

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