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The Art of Disney
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1 décembre 2010

Claire Keane

 

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Fille du maître de l'animation Glen Keane, et petite fille du caricaturiste Bill Keane, Claire Keane est une artiste épanouie. Claire Keane est née le 1er mars 1979 à Santa Clarita, dans la banlieue de Los Angeles, où elle passe une bonne partie de son enfance. En 1995, Claire arrive en France, elle n'a alors que 16 ans. La famille Keane avait en effet décidé de séjourner en France durant l'année sabbatique que Glen pris après la fin de la production de Pocahontas, une Légende Indienne. Ils y restèrent finalement près de cinq ans (Glen travaillant sur Tarzan aux studios Disney de Montreuil)! Claire fréquente l'American School of Paris avant de débuter des études d'Art à  la Parsons School of Design, puis à l'École Supérieur d'Arts Graphiques Penninghen, où elle fit la rencontre du français Vincent Rogozyk qui deviendra plus tard son mari. Passionnée de dessin depuis son enfance, Claire laisse de côté son intérêt pour le stylisme pour se lancer dans le graphisme. De retour aux États-Unis en 2003, elle débute sa carrière professionnelle dans une entreprise de design basée à Hollywood. Là elle participe à la création d'affiches, de flyers et de publicités diverses pour le milieu du divertissement.

En mars 2004, Claire Keane entre aux Walt Disney Animation Studios comme artiste de concept art. À ce poste elle participe à la production d'Il Était une Fois en créant des recherches graphiques pour la séquence d'ouverture du livre de conte et en réalisation le design de la robe bleue de Giselle crée à partir de rideaux. Par la suite, Claire Keane participe à la production du court métrage Glago's Guest, toujours en tant qu'artiste de concept art.

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Claire devant sa fresque aux Walt Disney Animation Studios (2010)

Claire Keane commence à travailler sur Raiponce en 2006, aux côtés de son père, Glen Keane, alors encore réalisateur du film. Glen avoua que sa fille fut sa principale source d'inspiration pour le personnage de Raiponce. Sa personnalité irrésistible, son esprit créatif et sa passion pour l'Art, autant de qualités propres à Claire que l'on retrouve dans Raiponce. Glen raconte : Quand Claire avait 18 mois, j'ai mis quelques crayons de couleur et du papier dans son berceau, et elle fit un dessin de sa mère. Elle la dessinait de manière brouillonne, mais on reconnaissait distinctement le menton de Linda, son nez retroussé, ses yeux, sa coupe de cheveux et ses boucles d'oreilles. Elle demandait aussi très souvent si elle pouvait peindre les plafonds.

Pour son travail sur Raiponce , Claire étudia l'art décoratif médiéval et scandinave. Elle s'inspira également de l'illustrateur Charley Harper pour le graphisme et la composition. Pour réaliser les fresques du film, Claire tenta de se mettre dans la peau d'une adolescente enfermée dans sa tour depuis toujours. Elle imagina ainsi qu'elle peindrait sur ses murs des animaux, des fleurs, avec des couleurs changeant au fil des saisons, tout ce qui la ferait penser au monde extérieur.  Elle réalisa également quelques concept arts pour le film, et participa au design des personnages et des costumes. Anecdote amusante, au tout début du projet l'artiste s'est inspirée de l'acteur français Romain Duris pour créer une version préliminaire du personnage de Flynn Rider (qui s'appelait alors Bastien), acteur qui prêtera finalement sa voix au personnage dans la version française du film ! Après la fin de la production de Raiponce, Claire Keane réalisa de superbes fresques inspirées du film dns un couloir des Walt Disney Animation Studios, ainsi qu'une toile de six mètres sur huit pour l'avant-première française de Raiponce à Disneyland Paris.

Claire Keane quitte finalement les Walt Disney Animation Studios en septembre 2013 pour se consacrer pleinement à ses projets personnels dont la création de livres illustrés. Avant son départ elle réalisa quelques recherches graphiques pour Les Mondes de Ralph et travailla de manière plus soutenue sur la création de recherches graphiques pour La Reine des Neiges.

Pour finir, je vous invite à découvrir une galerie de recherches graphiques tirées de la production de Raiponce, toutes réalisées par la charmante Claire Keane (que je remercie chaleureusement pour l'envoie des dessins et sa participation à l'écriture de l'article). Enjoy !

 

 

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24 août 2010

Gnoméo et Juliette

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Gnomeo & Juliet (Gnoméo et Juliette) est un projet de longue date à la production chaotique mis en chantier par  Rob Sprackling et John Smith qui proposèrent leur script aux studios Disney au milieu des années 2000. Ces derniers furent emballé et décidèrent de produire et distribuer le film, la réalisation étant entre les mains du studio Rocket Pictures. En 2006, après sa nomination en tant que directeur créatif des Walt Disney Animation Studios, John Lasseter décida d'annuler le projet, en raison de grosses difficultés dans l'écriture du scénario. Disney n'abandonna néanmoins pas totalement le film qui passa entre les mains de leur filiale Miramax. Malgré la vente de Miramax en 2010, Gnoméo et Juliette  survit en passant sous le label Touchstone, label sous lequel il devrait sortir en salle (tout du moins aux États-Unis).

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Premières images du film - Elton John visitant les studios Rocket Pictures

Comme son titre l'indique, Gnoméo et Juliette revisitera de façon décalée la célèbre pièce de théâtre de Shakespeare, Roméo et Juliette à la sauce gnome! Du côté du casting, nous retrouverons les voix de Patrick Stewart (X-Men, Chicken Little, Bambi 2), Michael Caine (Batman Begins, The Dark Knight : Le Chevalier Noir, Inception), James McAvoy (Le Monde de Narnia, Le Dernier Roi d'Écosse, Wanted) ou bien encore Ozzy Osbourne. Ce film sera également l'occasion de retrouver Elton John à la composition pour un film Disney, après avoir travaillé sur Le Roi Lion dans les années 90. Ce dernier écrira ainsi plusieurs chansons pour le film mais est également un des producteurs du projet. Gnoméo et Juliette est prévu dans nos salles le 9 février 2011 en 3-D dans les salles équipées!

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12 juillet 2011

Critique Cars 2

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cars_two_ver5_xlg_4895_02(critique rédigée en juillet 2011) Après le très réussi Toy Story 3, les studios d'animation Pixar continuent sur leur lancée des suites en nous dévoilant cette années Cars 2, suite de Cars - Quatre Roues sorti en 2006. Quatre années se sont écoulées depuis la fin du premier film, Flash McQueen est désormais une voiture de course expérimentée qui a remporté quatre Piston Cup d'affilée. Mais un nouveau défi se présente à lui, un riche entrepreneur décide, pour faire la promotion de son nouveau carburant écologique, de créer le World Grand Prix, un championnat réunissant les meilleurs coureurs du monde pour trois courses aux quatre coins du globe. FlashMcQueen part donc vers de nouvelles aventures, accompagné de ses amis de Radiator Springs, dont le loufoque Martin, qui sera bien malgré lui entraîné dans une mystérieuse affaire d'espionnage...

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N'étant pas un grand fan du premier opus, je dois bien avouer que lorsque j'ai appris la mise en chantier d'une suite, je n'ai pas sauté de joie... Le premier film n'avait pas été un énorme succès (hormis aux États-Unis), et avait eu des critiques plutôt mitigées. Mais là ou Cars - Quatre Roues avait battu tout les records c'est au niveau du merchandising. Les petits garçons se sont littéralement arraché les petites voitures aux couleurs du film, et autre produits dérivés. Une franchise était née. Ni une ni deux, John Lasseter décide alors de mettre en chantier une première salve de Cars Toon, une mini série dérivée du film mettant en scène Martin dans des situations plus ou moins imaginaire. Mais la franchise ne s'arrête pas là, en 2007 ouvre au parc Walt Disney Studios une attraction aux couleurs du film, alors qu'est mis en chantier en Californie, Cars Land, une nouvelle zone du parc Disney California Adventure entièrement consacrée à l'univers de Cars qui ouvrira en juin 2012. Parallèlement à cela, Brad Lewis (co réalisateur de Cars 2), commence à travailler sur le scénario d'une suite au premier film, il sera rejoint plus tard par John Lasseter à la réalisation.
Jusque ici, seul Toy Story avait eu droit à des suites. Toy Story 2 était excellent (voir mieux que le premier pour certain) et Toy Story 3 également une belle réussite. La raison de ce succès est simple, John Lasseter avait toujours eu comme unique motivation pour mettre en route une suite à ses films d'avoir une bonne histoire à raconter. De quoi rassurer les plus réticents à une suite à Cars - Quatre Roues. Malheureusement le résultat n'est pas vraiment à la hauteur de la réputation des studios... Nous allons tenter de comprendre pourquoi.

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Commençons par le gros point positif du film, sa richesse visuelle et technique. Les studios Pixar, pionniers de l'animation 3D, ont depuis toujours été largement au dessus de la concurrence d'un point de vu purement technique. Les artistes des studios ont de nouveau repoussé les limites de l'animation 3D en nous offrant avec Cars 2 un film visuellement bluffant. Techniquement, nous touchons la perfection. Les carrosseries des véhicules sont encore plus belles que dans le premier film, nous offrant une panoplie de reflets au réalisme étonnant. Il en est de même pour les décors, extrêmement nombreux, variés et riches. Les paysages s'affichent à perte de vue, les rues de Londres, Paris et Tokyo sont pleine de vie. Les textures, la lumière, les effets de poussière, les explosions (le film en comporte énormément), tout est maîtrisé à la perfection. Graphiquement, Cars 2 se veut plutôt réaliste en ce qui concerne les décors. Étrangement, seul Paris m'a semblé vraiment stylisé avec ses immeubles asymétriques et son côté très "Paris fantasmé". Mais Pixar oblige, ce sont dans les détails que nous remarquons le génie du studio. Ainsi, quasiment tout les bâtiments réalisé pour le film ont été "carisé". La Tour Eiffel est surmonté d'une antenne faites de boulons, les toits des temples japonais sont fait de pneus, Big Ben(tley) est paré d'une calandre de voiture, etc. La Pixar touch est donc bien présente! En ce qui concerne les nouveaux personnages, ils sont également très réussis. Finn McMissile, l'acolyte de Martin durant une grande partie du film est un bel hommage à la saga James Bond en reprenant le design de l'Aston Martin des premiers films du célèbre espion. Holly Schiftwell est quant à elle plus moderne, mais tout aussi jolie. Par ailleurs les personnages des différents pays reflètent parfaitement le style et la culture qui leur est propre. La reine d'Angleterre est une révision de la classique Rolls Royce, les sumos japonais sont de grosse voiture compactes japonaises, quant aux voitures italiennes, elle reprennent le style si particuliers des vieilles fiat des années 50-60.

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Venons en au scénario... Sans nul doute le moins abouti de tout les films Pixar. La grosse erreur des scénaristes selon moi a été de centrer une grosse partie de l'histoire sur le personnage de Martin. Autant son humour à petite dose pouvait faire sourire dans le premier film, autant là, c'est carrément l'overdose! Non, Martin n'est pas si drôle que ça, il est lourd! Malheureusement, John Lasseter semble avoir une affection particulière pour ce personnage et a donc décidé d'en faire le personnage principal de Cars 2. Nous nous retrouvons donc devant une sorte de Cars Toon rallongé, où l'humour et l'action prennent le pas sur l'émotion. Envolé donc toute la subtilité émotionnelle et la poésie qui avaient fait les beaux jours des anciennes productions maison. Cars 2 est un film bourrin.
La grosse nouveauté de ce second volet est d'avoir transcrit le genre du film d'espionnage dans l'univers des voitures. La première scène du film en est une parfaite démonstration et aurait put augurer un bel hommage au genre. Malheureusement le soufflet retombe aussi vite, et le film retombe dans les clichés propre au genre. Le méchant du film, le docteur Z est certainement un des méchants les moins charismatiques de l'univers Pixar. D'un classicisme affligeant et totalement prévisible, il n'est pas l'hommage aux méchants de film d'espionnage que l'on aurait put s'attendre à voir. Son allure de petite voiture ringarde aurait put rendre le personnage comique, mais il n'en est rien. Il est de plus doté  en VF d'un accent allemand des plus insupportables et déjà mainte fois entendu au cinéma.

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Autre déception du film, cette fois-ci sonore. La voix française de Martin à changé! Michel Fortin, qui doublait Martin dans le premier film est malheureusement décédé quelques semaines seulement avant l'enregistrement du doublage... Il est ici remplacé par un acteur plus connu, Gilles Lellouche... Et autant dire que l'acteur français n'est pas vraiment à la hauteur du premier doublage! Bien moins fidèle à la voix originale de Larry the Cable Guy, Gilles Lellouche a décidemment une voix trop grave pour le personnage. Il est très rare que Disney ne choisisse pas bien ses doubleurs français, mais là c'est bien le cas!
Du côté des musiques, Michael Giacchino a fait pour ainsi dire le strict minimum. En même temps comment lui en vouloir, le film est tellement bruyant qu'au final on a à peine le temps de tendre l'oreille pour apprécier ses compositions. Pour avoir longuement écouter la bande originale au calme, je suis tout de même un peu déçu. Le compositeur avait fait des merveilles sur Les Indestructibles, Ratatouille ou bien encore Là-Haut. Je n'ai pas du tout reconnu son style sur Cars 2. Une grosse partie de la bande originale n'est en fait qu'une reprise du thème de Finn McMissile... Bref un résultat plutôt anecdotique.
Nous retrouvons également sur cette bande originale le groupe Weezer, Robbie Williams, mais aussi Bénabar! Et oui, le chanteur français a été contacté par Pixar pour composer une chanson pour le film. Le résultat est plutôt agréable et va à merveille avec les images parisiennes du film. Malheureusement seul un court extrait de quelques secondes apparaît dans le film, le version complète n'étant présente que sur la bande originale. Pour rappel, la chanteuse Camille avait déjà composé un morceau pour Ratatouille
en 2007, les chanteurs français ont décidément le vent en poupe chez Pixar!

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Les studios Pixar signent avec Cars 2 leur premier véritable échec artistique. Totalement dénué de charme ou de poésie, le film peine à nous émerveiller. Contrairement à ses prédécesseurs, Cars 2 n'a pas plusieurs niveaux de lecture, tout est brut de décoffrage au grand dame du public adulte qui n'y trouvera pas son compte. Pour autant le jeune public (et notamment les garçons) vont adorer... Mais les parents eux, risquent de s'ennuyer! Pour autant comment en vouloir à Pixar, qui nous a fait un parcours sans fausse note pendant plus de 25 ans, ce qui est déjà un bel exploit! En espérant juste que cela ne se reproduise plus...

 

Cars 2 sortira dans les salles françaises le 27 juillet en Disney Digital 3D dans les salles équipées.

13 mai 2011

Raiponce

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Vous croyiez avoir tout vu de Raiponce, et bien détrompez-vous! Après vous avoir dévoilé les superbes esquisses de Claire Keane, il y a quelques semaines, attardons nous aujourd'hui sur les recherches de Jin Kim, le principal character designer du film. En dehors du personnage de Raiponce dont le design a été crée par Glen Keane, Jin Kim s'est occupé de l'apparence de la quasi totalité des personnages du film! L'artiste débute sa carrière au studio Kennedy Cartoons, basé à Toronto au Canada, avec lequel il participa à l'animation de plusieurs séries animées pour le compte de Disney : Myster Mask, La Bande à Dingo ou bien encore Aladdin. Jin Kim débarque ensuite aux Walt Disney Animation Studios où il travaillera en tant qu'animateur sur Hercule, Tarzan, Fantasia 2000, Kuzco, l'Empereur Mégalo, La Planète au Trésor, La Ferme se Rebelle, Chicken Little et Bienvenue chez les Robinson. Il passa character designer sur le court métrage Glago's Guest, puis sur Volt, Star Malgré Lui. Après un petit retour à l'animation 2D sur La Princesse et la Grenouille où il anima le personnage de Charlotte, Jin Kim devient finalement character designer en chef sur Raiponce.

 

Mère Gothel :

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Bastion (première version de Flynn) :

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Le Roi :

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17 mars 2011

Milo sur Mars

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mars_needs_moms_poster_02Mars Needs Moms (Milo sur Mars) est le second et dernier film du studio Image Movers Digital. Ouvert en 2007, faisant suite au studio Image Movers, Image Movers Digital  fut crée par Robert Zemeckis (réalisateur de Qui Veut la Peau de Rober Rabbit, de la trilogie Retour vers le Futur) et faisait parti intégrante de la Walt Disney Company. Le premier film du studio, Le Drôle de Noël de Scrooge est sorti fin 2009 et reçut un accueil plutôt favorable. Alors pourquoi avoir pris la décision de fermer ce jeune studio? Vous avez la réponse devant les yeux! C'est en effet après avoir visionné les premières images de Mars Needs Moms, jugées désastreuses, que la WDC décida de fermer le studio de Zemeckis... Et qui s'en plaindrait! Il suffit de voir les recettes calamiteuses du film au box office américain (7 millions de dollars le premier week end), pour se rendre compte que le public n'est vraiment pas attiré par ce genre d'animation en motion capture. Mars Needs Moms est ainsi dores et déjà un des pires échecs du cinéma hollywoodien...

Et pourtant, le pitch de départ était plutôt intriguant. Inspiré du livre illustré de Berkeley Breathed, Mars Needs Moms raconte l'histoire d'un petit garçon qui ne s'entend pas du tout avec sa mère mais qui se voit dans l'obligation de la secourir après qu'elle se soit fait enlever par des extra-terrestres. Malheureusement, tout l'intérêt de cette histoire a été entâché par un design à mille lieux des illustrations originales et le choix de l'animation en motion capture, technique on ne peut plus rebutante pour tout passioné d'animation qui se respecte. Rajoutez à cela un humour lourd et des personnages peut attachants (et même carrément flippant!), vous aurez la recette parfaite d'un film complètement loupé! Néanmoins, comme vous pouvez le voir ci-dessous, les recherches graphiques du film ont tout de même leur intérêt, car au final bien éloignés du resultat définitif.

Mars Needs Moms sortira chez nous le 6 juillet prochain, et comme vous vous en doutez, je ne vous conseil pas vraiment d'aller le voir! La bande annonce du film est visible ici.

 

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5 décembre 2010

The Emperor's Nightingale

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The Emperor's Nightingale est à l'origine une séquence du long métrage abandonné, Musicana. Mis en chantier à la fin des années 70, Musicana était en quelque sorte un Fantasia nouvelle génération. Walt Disney avait toujours eu en tête avec Fantasia , de ressortir le film, année après année, en y ajoutant de nouvelles séquences cohabitant avec les plus populaires des versions précédentes. Malheureusement, l'échec commercial du Fantasia original, ainsi que la guerre l'empêchèrent de réaliser ce doux rêve. Mais l'idée a survécu pendant de longues années aux studios. A la fin des années 70, deux artistes émérites, Wolfgang Reitherman et Mel Shaw  se sont penché sur une nouvelle version de Fantasia intitulée Musicana.

Ce changement de nom n'est bien sur pas anodin, car Musicana, contrairement à son illustre modèle ne mettait pas forcément en images de morceaux de musique classique. La demi douzaine de séquences du film étaient basés sur différents pays accompagné de musiciens des pays en question. On retrouvait ainsi une séquence avec des grenouilles jouant du jazz dans le sud des Etats-Unis avec une musique interprétée par Louis Amstrong, une séquence sud-américaine inspirée du folklore aztèque et incas sur un morceau de la soprano péruvienne Yma Suma, une séquence africaine, une autre orientale accompagnée du morceau Sheherazade de Rimsky Korsakov et une séquence scandinave avec comme musique Finlandia de Jean Sibelius.

Enfin, une séquence mettait en scène Mickey Mouse (qui n'était alors plus apparu au cinéma depuis les années 50), The Emperor's Nightingale . Ce conte, bien que se passant en Chine, n'a en fait rien d'asiatique. Il fut écrit par Hans Chistian Andersen (La Petite Sirène, La Petite Fille aux Alumettes) et publié en 1843. Voici un résumé du conte : L'Empereur de Chine, qui ne quitte jamais les limites de son palais, ignore qu'il existe un peu plus loin, au delà de ses jardins maniérés, des lacs profonds et des bois touffus que les gens du peuple connaissent bien. C'est de là que sort le rossignol au chant mélodieux qui charme l'empereur au point qu'il en a les larmes aux yeux. Aussitôt, un maître de chant se met en tête de fabriquer un rossignol mécanique, couvert de rubis et diamants, et qui chante, dit-il, aussi bien que le vrai rossignol. En vérité, les pêcheurs du lacs savent bien que rien n'égale le chant du vrai rossignol, mais l'empereur, séduit par l'idée de garder un faux oiseau qu'il peut manier à sa guise, chasse le vrai rossignol. Longtemps, la cour et les gens du peuple admirent le rossignol de rubis. Mais la mécanique se détraque et le faux rossignol meurt. L'empereur lui-même est à l'agonie. C'est alors que reparaît le vrai rossignol. Il sauve le monarque et lui demande de garder le secret de ses visites.

Dans la version de Disney, Mickey Mouse possédait le vrai rossignol, c'est lui qui enseigne à l'Empereur, la valeur de l'humble petit oiseau marron par rapport à l'automate en métal précieux. On ne sait pas quelle musique aurait accompagné cette séquence... En restant dans la logique des autres séquences du film, on imagine qu'il aurait s'agit d'une musique chinoise.

Les dessins que vous découvrez ci-dessous ont été réalisé par un certain John Lasseter, alors débutant  sa carrière aux Walt Disney Animation Studios, sous la houlette de Mel Shaw. Ce dernier avait été impressionné par le talent et la créativité du jeune homme et décida de lui confier les illustrations de The Emperor's Nightingale.

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Copyright Disney Enterprises, Inc. All rights reserved

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13 décembre 2010

Interview de Nathan Greno

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Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer il y a quelques jours Nathan Greno, coréalisateur de Raiponce aux côtés de Byron Howard! L'artiste a ainsi pris le temps de répondre à quelques questions sur sa carrière  chez Disney et son expérience sur Raiponce.

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Nathan Greno est né à Kenosha, dans le Wisconsin, au sud-ouest du lac Michigan. Enfant, il développa une passion pour le dessin qui évolua rapidement vers un véritable goût pour la narration visuelle. Influencé par les comics et les bandes dessinées des magazines et des journaux, il commença à dessiner ses propres croquis, à créer ses personnages, ses univers et ses histoires. C’est sa fréquentation régulière du cinéma local qui fit germer en lui l’idée d’une future carrière au sein des Walt Disney Animation Studios et il vit notamment tous les classiques animés Disney sur grand écran. L’animation est rapidement devenue son moyen favori de raconter des histoires et dès l’âge de 8 ans, il savait déjà qu’il voulait travailler pour Disney.
Nathan Greno consacra son temps à apprendre tout ce qu’il y avait à savoir sur l’animation. Il continua à créer ses propres personnages et à les animer grossièrement sur ses cahiers d’écolier. En 1989, un séjour à Walt Disney World avec sa famille lui permis d’avoir un premier aperçu du travail des animateurs. Il pu ainsi observer les artistes donner vie à leurs personnages, et il était plus déterminé que jamais à rejoindre les studios Disney. Il étudia par la suite au Columbus College of Art and Design à Columbus, dans l’Ohio. En 1996, son portfolio fut accepté par les Studios d’animation Disney en Floride. Il débuta sa carrière comme traceur sur Mulan. Toujours attiré par la narration, il s’orienta rapidement vers la création de storyboards. Fort de ce nouvel intérêt, il rejoint le département storyboard en 1998. Il fit partie des storyboardeurs du court métrage animé John Henry et du long métrage Frère des Ours. En 2003, il s'installe en Californie où il a notamment continué à travailler au sein du département storyboard. Il a ainsi été scénariste, storyboardeur mais également acteur voix sur Bienvenue chez les Robinson avant d’être nommé chef storyboardeur sur Volt, Star Malgré Lui. A ce poste, il supervisa l’histoire du film, dirigea l’équipe de storyboardeurs et supervisa leurs séquences tout en participant lui-même au storyboard. Il fit ses débuts de réalisateur avec le court métrage Super Rhino qui figurait comme bonus sur le DVD et le Blu-Ray de Volt, Star Malgré Lui. Il prêta également sa voix au renne Dasher dans le moyen métrage de Noël, Lutins d’élite - Mission Noël diffusé en 2009. Nathan Greno vit à Glendale, en Californie. Son film préféré est Dumbo.
 

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INTERVIEW :

Bonjour Nathan, et merci d'avoir accepté cette interview pour The Art of Disney Animation! Avez vous aimé votre voyage en France? Était-ce la première fois que vous veniez dans notre pays?

Nathan Greno : Oui, c'était la première fois, et c'est un pays vraiment magnifique. Je me sens bête de ne pas avoir visité votre pays avant! Ma petite amie a tenu à m'accompagner, nous entendons souvent dire que Paris est la ville de l'amour alors, elle a voulu vérifier ça!

Pouvez vous nous en dire plus sur votre carrière, vos études? Comment votre passion pour l'animation a-t-elle débuté, et comment avez vous atterri aux Walt Disney Animation Studios?

NG : Quand j'étais petit, je passais mon temps à créer des bandes dessinées, je tentais de créer mon propre monde, mes propres personnages. J'adorais aller au cinéma, et y voir les films Disney sur grand écran. Ils créaient les mondes et les personnages les plus fabuleux qui soient, les plus incroyables des histoires, et je ne souhaitais qu'une chose, c'était être dans ces studios et prendre part à tout ça. Et, je devais avoir 11 ans, j'ai commencé à dire à tout le monde autour de moi « Je travaillerais pour Disney! » J'ai passé la plus grande partie de ma vie a essayer d'y rentrer et, je suppose que les choses ont marché pour moi ! (rires)

Nathan, Raiponce est votre premier long-métrage en tant que réalisateur. Pouvez vous nous en dire plus à propos de cette première expérience?

NG : J'avais déjà réalisé un court-métrage pour le DVD/Blu-Ray de Volt, Star Malgré lui, centré sur le personnage de Rhino. C'était un peu comme tremper son orteil dans l'eau pour prendre la température, et avoir une idée de ce que représentait ce travail.
Et c'est fantastique. C'est un travail où l'on collabore avec des centaines de personnes. Peu importe dans quel département vous vous trouvez, que ce soit l'animation, ou l'histoire, ou tout autre département, vous grandissez en tant qu'artiste, car travailler tous ensemble est la meilleure façon au monde d'apprendre. Il y a un tel procédé d'échange! Donc, même en tant que réalisateur, je suis également devenu un meilleur animateur, un meilleur storyboarder, un meilleur scénariste!
Et nous menons cette grand équipe, avec Byron (ndlr : Byron Howard, le second coréalisateur de Raiponce), nous avons une cible, un but, nous savons où nous allons, mais en même temps, nous apprenons des choses tout au long de la réalisation. Byron et moi mettons totalement nos égo de côté et nous sommes très ouverts à toutes les bonnes idées!

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Byron Howard, Roy Conli, Mandy Moore et Nathan Greno - Byron Howard, Zachary Levi et Nathan Greno

Avec chaque nouveau projet viennent de nouveaux challenges. Quelle a été la chose la plus difficile à laquelle vous avez du faire face, sur Raiponce?

NG : En fait, la chose la plus dure fut l'emploi du temps qui était très chargé. D'habitude, nous avons quatre ou cinq ans pour faire un film de la sorte, mais ici nous nous sommes retrouvés avec seulement deux ans devant nous, car les studios avaient déjà bloqué une date de sortie. John Lasseter avait aimé ce que nous avions fait sur Volt, Star Malgré lui, et nous croyait capable de réaliser ce film en un laps de temps si court.
Toute l'équipe en a souffert, nous travaillons tout le temps, même les week-ends, nous faisions des heures supplémentaires, nous n'avons pas pris de vacances durant deux ans, mais à la fin du voyage, nous avions l'équivalent de quatre ans de travail produits en seulement deux ans. C'était extrêmement dur pour tout le monde, mais nous en sommes d'autant plus fiers!

Comment les choses se sont-elles passées lorsque Glen Keane a du abandonner le fauteuil du directeur suite à des problèmes personnels? Avez vous tout repris depuis le début, ou avez-vous continué le travail de Glen tout en apportant votre propre touche?

NG : Quand Byron et moi avons « récupéré » le film, nous avons tout recommencé. Le film était déjà en développement, mais l'idée d'adapter Raiponce trainait dans les studios depuis très longtemps, depuis que j'y travaille, et bien plus. Walt Disney lui-même avait évoqué cette possibilité.
Et c'était là depuis si longtemps que nous avons du regardé tout ce qui avait été fait au fil des ans. Nous avons pris ce qui nous semblait être les meilleures idées, nous avons vraiment pris le meilleur de chaque recherche qui avait été faite. Donc, nous avions un petit peu de ce qui s'était fait dans le passé, mais pour le plus gros nous sommes partis de zéro, nous avons dégagé le terrain.
Car il faut l'avouer, travailler sur un film demande tellement de passion, de dévouement, ça représente tellement d'heures de travail, que l'on ne peut se contenter de récupérer le travail que quelqu'un d'autre à commencé. Nous avions besoin d'y apporter notre propre vision!

Glen Keane a décidé de réaliser Raiponce en 3D. Pensez vous que le film aurait été différent en 2D?

NG : Définitivement différent! Bien que la 2D et la 3D ne soient que deux instruments pour raconter une histoire. Vous avez besoin d'utiliser le meilleur outil pour construire votre histoire, et dans ce cas, le meilleur outil était la 3D. Les mouvements de caméras que l'on peut se permettre en 3D étaient ce dont on avait besoin pour ce film. Certaines scènes sont superbes grâce à cette possibilité, comme la scène des lanternes, et c'était incroyable de pouvoir faire ça avec la 3D! Tout comme les scènes d'action, car on peut faire bouger la caméra comme une caméra de film live.
La chose géniale avec les studios Disney est que nous faisons à la fois des films en 2D et des films en 3D. Ils sont très fiers de leurs projets en 2D, certaines choses à propos de la 2D sont juste incroyables. On doit vraiment utiliser le média qui servira le mieux notre film.

Raiponce et le personnage le plus chevelu jamais animé. Comment avez vous réussi à créer cette impressionnante chevelure?

NG : Oh la, oui, les cheveux étaient incroyablement difficile à créer! Si vous observez bien les films en 3D, que ce soit les films de Pixar, de Dreamworks, de Sony, ou n'importe quel autre studio, vous vous apercevez que les plus longs cheveux qu'un personnage puisse avoir arrivent en dessous des épaules, ou alors qu'ils sont rassemblés en une queue de cheval, ou une tresse.
Ce que nous nous apprêtions à faire avec ce film est quelque chose qui n'avait jamais été fait auparavant. Des cheveux si longs! Même la façon dont Raiponce interagit avec ses cheveux est incroyable, car d'habitude, jamais vous ne verriez un personnage toucher ses propres cheveux, c'est effroyablement complexe.
Nous avons d'abord défini l'histoire, la façon dont elle pourrait fonctionner, ce que nous voulions voir. C'était notre première approche, avec Byron, et une fois cette étape réalisée, nous nous sommes demandé comment nous allions porter ça à la vie. On voulait vraiment faire en sorte que Raiponce fasse toutes ces choses avec ces cheveux, les utiliser comme arme, comme corde, pour grimper dans la charpente du toit, s'y cacher, et toutes ces choses dingues! Et également avoir les cheveux mouillés. C'est un autre problème, en général on ne voit jamais ça car c'est très compliqué.
Un peu plus tôt cette année, vers janvier, nous étions encore en train de nous demander si le film ne pourrait jamais être fait! Nous avions des « jours sans » (ndlt: en anglais, « bad-hair day », littéralement « jours de cheveux rebelles » ) où les cheveux étaient carrément hors de contrôle, et ne réagissaient pas comme nous le souhaitions! Nous étions très nerveux au début de l'année. Nous avons fini par trouver le moyen d'y arriver, mais ce fut une étape très éprouvante.

Le développement artistique de Raiponce est incroyable. Pourriez vous dire un mot sur l'équipe qui s'en est occupé?

NG : Byron et moi avons un véritable amour pour les classiques de Disney, et nous étions fiers de pouvoir réaliser le 50ème film des Studios. Nous voulions honorer ce qui avait été fait auparavant, la façon dont Walt Disney faisait ses films, comme Pinocchio, Peter Pan, Alice au Pays des Merveilles... Nous voulions vraiment capturer ce style, car c'est ce qui fait que les gens aiment tant les films Disney. Mais en même temps, nous avions envie de voir comment cela serait en 3D, nous avions besoin d'un nouveau départ, de faire quelque chose de jamais vu auparavant. Nous voulions combiner ce style classique avec des choses innovantes.
Au niveau de l'histoire, nous avons une princesse, mais elle aussi n'est pas comme toutes les autres princesses classiques. Elle est très forte, elle n'attend pas qu'on vienne à son secours, elle n'attend pas l'amour, mais elle a un rêve, et elle est prête à prendre la situation en main et faire de son mieux pour réaliser ce rêve.
Flynn aussi n'est pas le prince type, ne serait-ce que parce que nous l'avons changé en voleur! Et même le cheval blanc n'est pas la monture royale mais celui qui court après le voleur!

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Byron Howard, Mandy Moore et Nathan Greno - Nathan Greno, Alan Menken, Donna Muphy, Glenn Slater et Byron Howard

A Pixar, on donne a un animateur une séquence à animer, et pas seulement un personnage. Avez vous utilisé le même procédé sur Raiponce?

NG : Plus ou moins, car nous n'avons pas un animateur s'occupant d'un personnage précis, contrairement à un film en 2D. Nous choisissions simplement les animateurs qui seraient les meilleurs dans la scène que nous leur proposions.
Quand nous avions une scène émouvante, nous choisissions un animateur qui était doué pour gérer ces émotions, et pour les scènes drôles, les animateurs ayant le plus de facilités dans les situations humoristiques. Et c'était fantastique car chaque animateur apportait un peu plus au personnage, et le rendait encore plus vivant, plus réel.
Quand un animateur faisait un très bon travail, un bon acting sur une action (par exemple, Flynn marchant), nous lui demandions d'apporter sa patte sur d'autres actions. On avait besoin de son style pour rendre le personnage constant.

Quelles étaient vos influences pour le nouveau couple de Disney?

NG : Raiponce devait être un modèle pour les jeunes femmes et les petites filles. J'ai deux nièces, et quand j'allais leur rendre visite, elles jouaient tout le temps avec ces poupées d'héroïnes Disney. Mon frère m'a dit, lorsque que nous avons commencé le film « Peux-tu faire une héroïne proche de Mulan? C'est une fille tellement forte. Tu as besoin de créer un personnage fort car les fillettes s'identifient à ces héroïnes, tu sais qu'elles sont souvent influencées par les personnages de Disney. » J'ai aimé l'idée, nous avions besoin d'un bon modèle pour les enfants. Ce fut le même procédé avec Flynn, nous avions besoin d'un personnage qu'on l'on pouvait admirer comme on admire son grand frère.

Était-ce une volonté de votre part de revenir au style visuel plus traditionnel du studio? Avez vous été influencé par un artiste en particulier?

NG : Oui, nous avions l'impression que rien n'avait été fait depuis longtemps dans les style des années 40' 50 ', où les films étaient très différents les uns des autres tout en gardant la même essence.
Nous sommes donc allés à Fantasyland, à Disneyland, qui prend son inspiration de ces films. Et Fantasyland est tellement attrayant, cela vous renvoie immédiatement au charme de ces films. Tout le monde était enthousiaste de remonter le temps ainsi; nous observions ce qui avait été fait, comment ils avaient créé cette unité visuelle, et comment nous allions nous y prendre pour garder ce style.

Effectivement, quand elle arrive au royaume la première fois, elle a cette expression que nous avons pu avoir étant enfant en arrivant pour la première fois à Disneyland, c'était très drôle et touchant à la fois!

NG : C'est amusant, c'est quelque chose que nous avons tenté de mettre dans le film, effectivement! Raiponce n'est jamais sortie voir le monde auparavant. Quand vous allez pour la première fois dans un endroit – peu importe où dans le monde, mais prenons Disneyland comme nous en parlions - avec un enfant qui s'y rend pour la première fois, c'est comme si vous y alliez pour la première fois également, vous voyez le monde à travers ses yeux, et c'était une des choses que l'on voulait rendre avec ce film.
J'ai emmené ma petite amie à DisneyWorld il y a deux ans, elle n'avait jamais été là-bas, et elle était tout à fait comme Raiponce sur le pont, un grand sourire sur son visage, très excitée d'être là, et c'est génial que vous le mentionniez car c'est exactement ce que nous voulions traduire!

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Alan Menken, Roy Conli, Grace Potter, Nathan Greno et Byron Howard - Glenn Slater, Donna Murphy et Alan Menken

L'animation a été réalisée en très peu de temps, et pourtant, elle est remarquable. Avez vous reçu de l'aide de Pixar?

NG : Non, pas du tout! La seule chose que John Lasseter ait fait, est qu'il nous a aidé à construire une structure pour notre réalisation, ça nous a beaucoup aidé.
Nous observons bien sûr les films de Pixar car ils font de vrais bons films, et c'est ce que tout artiste fait, vous regardez autour de vous pour des influences.
Mais nous ne devons Raiponce qu'à l'équipe de Disney, les artistes étaient si passionnés, dévoués! Je pense que ce qui a fait toute la différence, ce qui a donné le ton du film, c'est que nous avions Glen Keane. Il a créé des personnages aussi fort que Ariel, Aladdin, la Bête... Il a vraiment été notre mentor quant à la création des personnages.
Nous avions un groupe de jeune animateurs dévoués, et Glen leur a montré comment extraire le meilleur de la 2D, à choisir ce que la 2D pouvait apporter à la 3D. Nous avons des amis dans d'autres studios d'animation, et, en voyant notre travail, ils nous demandaient: « Mais comment avez-vous fait ceci? C'est tellement différent et vivant! » . Nos animateurs ont vraiment mis la barre très haut!

Vous devez encore avoir l'esprit Raiponce, avec toute la promotion qui entoure le film et qui continue, mais avez vous déjà d'autres projets en tête?

NG : Tout à fait, Byron et moi allons à nouveau travailler ensemble comme nous l'avons fait sur Raiponce. Nous n'aurions pas pu être plus heureux du résultat, et nous voulons vraiment faire un autre film ensemble! Nous avons soumis plusieurs idées à John Lasseter. Il en a choisi une, et donc, nous avons commencé à la développer. Mais nous n'en sommes qu'aux balbutiements et je ne peux malheureusement pas en dire plus, excepté que ce sera dans la veine de Raiponce, avec de grandes scènes d'actions, mais aussi beaucoup d'émotion, de cœur, et d'humour. C'est à la fois différent – vous le verrez d'ici quelques années quand le film sortira – mais très similaire dans le « cœur » du projet. Nous voulons continuer à travailler dans cette direction.

Pouvez vous nous en dire plus à propos de Reboot Ralph, le prochain long métrage des Walt Disney Animation Studios prévu pour 2013? Avez vous des détails sur les réalisateurs?

NG : Je ne suis pas la meilleure personne pour en parler, à vrai dire, je n'en sais pas grand chose. J'ai eu l'occasion de voir quelques morceaux, ça va être un très bon film, mais il traverse beaucoup de changements, tout comme l'a fait Raiponce. Mais je pense que ça sera extrêmement drôle.

Tous les fans français Disney vous remercient pour votre gentillesse et votre disponibilité, et nous espérons vous rencontrer bientôt à nouveau!

NG : Merci à vous de votre soutien!


Interview et traduction réalisées par Crystal. Encore un grand merci à elle pour son aide précieuse!

1 septembre 2009

Peter et Elliott le Dragon

 Peter et Elliott le Dragon

 

204603_1020_A_02Pete's Dragon (Peter et Elliott le Dragon) est un des projets de comédie musicale abordé après le succès phénoménale de Mary Poppins en 1964. Tout comme L'Apprentie Sorcière sorti en 1971, l'idée de réaliser Peter et Elliott le Dragon ne date pas d'hier. Les studios Disney avaient en effet acquis les droits du livre écrit par Seton I. Miller et S.S. Field dans les années 50. À l'origine cette acquisition devait déboucher sur la réalisation d'un téléfilm pour l'émission Disneyland, projet qui ne vit finalement pas le jour. Après la mort de Walt Disney en 1966, le studio s'est retrouvé orphelin. Il avait perdu son âme et la créativité ne fut plus de mise pendant un temps. N'osant pas (ou ne voulant pas) trop s'éloigner des productions antérieures à la disparition de Walt, les studios Disney ont, pendant un temps, repris les projets abordés ou abandonnés durant les années précédentes. C'est ainsi que L'Apprentie Sorcière, Les Aventures de Bernard et Bianca et Peter et Elliott le Dragon furent mis en chantier.

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La production de Peter et Elliott le Dragon débuta en 1975, quand le producteur Jerome Courtland engagea Malcom Marmonstein pour adapter l'histoire à l'écran. Cette dernière subit de nombreux changements par rapport à l'œuvre originale. Tout d'abord dramatique, nous devions suivre Peter tout à tour dans le monde réel puis dans un monde imaginaire étrange qu'il s'était inventé où il aurait fait la rencontre d'Elliott le dragon. Pour finir, exit le monde imaginaire jugé trop bizarre pour être intégré à une production Disney, quant à Elliott il ne devait apparaître qu'une seule fois dans le film. Poussé par les animateurs en charge du personnage, le dragon apparaîtra finalement à l'écran durant plus de vingt minutes.
Elliott fut crée par le talentueux Ken Anderson, un des vétérans des studios. Né à Seattle en 1909, Ken intégra les studios Disney en 1934 après une formation d'architecte débutée en France et terminée à Washington. "Forcé" de se reconvertir dans l'animation à cause de la dépression, il y pris finalement goût et continua sa carrière au studio pendant plus de quarante ans. Tout d'abord animateur sur plusieurs Silly Symphonies, il devient ensuite artiste layout sur Blanche Neige et les Sept Nains, puis directeur artistique sur Pinocchio et enfin scénariste sur de nombreux projets durant les années 40. Grâce à sa formation d'architecte, il rejoint WED Entreprise au début des années 50 et participe à la conception de Disneyland. Il revient à l'animation au début des années 60 en tant que directeur artistique sur Les 101 Dalmatiens. C'est à lui que l'on doit la décision d'utiliser le fameux procédé de xérographie mis au point par
Ub Iwerks. Il redevient par la suite animateur sur Le Livre de la Jungle en supervisant l'animation de Shere Khan et enfin créateur d'Elliott sur Peter et Elliott le Dragon. Ken partit à la retraite en 1978, il reçut le titre de Disney Legend en 1991 avant de disparaître deux ans plus tard.

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L'animation d'Elliott fut supervisé par le déjà très prometteur Don Bluth. Né à El Paso en 1937, Don se passionne pour le dessin après avoir découvert Blanche Neige et les Sept Nains à l'âge de six ans au cinéma. Il déménage avec sa famille en Californie en 1954, l'opportunité pour lui de débuter une carrière d'animateur et de vivre de sa passion. Il est engagé aux studios Disney en 1955 en tant qu'intervalliste sur La Belle au Bois Dormant, alors qu'il est encore étudiant en littérature anglaise. Mais il quitte très vite les studios pour se lancer dans le théâtre avec son frère Frederick. Il ouvre ainsi sa propre salle de spectacle, le Bluth Brothers Theater à Santa Monica. Il y produira des comédies musicales durant près de trois ans. Mais il revient très vite à ses premiers amours, l'animation. En 1968 il devient artiste layout pour la télévision à Los Angeles avant d'être réengagé par Disney en 1971. Il y exercera pendant huit ans, travaillant sur Robins des Bois, Les Aventures de Winnie l'Ourson, Les Aventures de Bernard et Bianca, Peter et Elliott le Dragon et Rox et Rouky, avant de quitter définitivement les studios afin de créer son propre studio d'animation. Cela faisait déjà plusieurs années que ce projet lui trottait dans la tête, voulant renouveler la magie Disney, qui selon lui avait quitté les studios depuis la mort de Walt. Accompagné par deux autres animateurs Disney, Gary Goldman et John Pomeroy, il créa Don Bluth Productions. Après un premier moyen métrage, Banjo, the Woodpile Cat, Don Bluth réalisa son premier long métrage sorti en 1982, Brisby et Le Secret de NIMH. Mais c'est avec Fievel et le Nouveau Monde sorti en 1986 et réalisé en collaboration avec Steven Spielberg que le succès frappa à sa porte. Suivirent d'autres réalisations plus ou moin réussites, jusqu'au décevant Titan A.E. sorti en 2000 qui mis un terme à l'aventure...

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Malgré un casting de grande qualité (Sean Marshall, Mickey Rooney, Helen Reddy), des effets spéciaux impressionnants pour l'époque et des chansons dignes des plus grandes comédies musicales, Peter et Elliott le Dragon fut un échec lors de sa sortie le 3 novembre 1977. D'un budget estimé à près de 10 millions de dollars, le film en remporta 18 millions, honorable mais insuffisant pour Disney. A vouloir trop surfer sur la vague du succès de Mary Poppins, les studios Disney n'ont pas réussi à se renouveler avec ce nouveau projet, ce qui était le problème principal des productions du studio à cette époque. Le public comme les critiques boudèrent cette nouvelle production, trop réchauffé pour être réellement intéressante. A noter que Peter et Elliott le Dragon fut le tout premier film Disney à sortir en VHS de location aux États-Unis en 1980. Le film ressortit par la suite au cinéma en version raccourci en 1984. Malgré son échec, Peter et Elliott le Dragon fut tout de même nominé aux Oscars dans la catégorie de la Meilleure Musique Originale et de la Meilleure Chanson pour Candle on the Water.

 

Recherches graphiques :

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Storyboards :

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7 juillet 2010

Mickey Mouse

 

Mickey_Mouse_copie

8717418223267_copieA l'occasion de la sortie aujourd'hui en DVD zone 2 des coffrets Walt Disney - Les Trésors  : Mickey  Mouse - Les Années Noir et Blanc : Volume 1 et 2, je vous invite à découvrir une nouvelles galerie de dessins d'animation et de storyboards centrée sur les cartoons de Mickey Mouse, de 1928 à 1935.

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Plane Crazy (1928) :

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Steamboat Willie (1928) :

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Fishin' Around (1931) :

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The Beach Party (1931) :

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Mickey's Good Deed (1932) :

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Building a Building (1933)

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Playful Pluto (1934)

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Orphan's Benefit (1934) :

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27 juin 2010

Critique Toy Story 3

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ts3_02(critique rédigée en juin 2010) On ne change pas les bonnes habitudes, alors que nous ne sommes plus qu'à quelques semaines de la sortie française de Toy Story 3 prévue pour le 14 juillet prochain, je vous propose aujourd'hui de découvrir ma critique du film en avant-première ! Vous vous doutez bien que j'ai été sans trop de surprise émerveillé par ce troisième volet qui clôt d'une bien belle manière la saga, la boucle est bouclée ! Le film, sorti vendredi dernier aux États-Unis explose le box office avec pas moins de 109 millions de dollars de recettes pour son premier week-end d'exploitation, souhaitons lui la même réussite chez nous !

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Toy Story 3 se démarque des deux précédents volets par la grande place que prend l'émotion tout au long du récit. Alors que Toy Story et Toy Story 2 étaient majoritairement construits autour de scènes comiques, ici on tente de nous faire pleurer plusieurs fois dans le film. Bon ça n'a pas marché sur moi, seule une ou deux scènes m'ont donné quelques frissons d'émotion mais sans plus. J'ai trouvé pour comparaison l'introduction de Là-Haut bien plus émouvante.
Par contre je trouve que le thème du temps qui passe a été extrêmement bien développé par les scénaristes du film ! Que ce soit le départ d'Andy de la maison, le chien devenu trop vieux pour courir ou encore la nostalgie présente tout au long du film, tout est très bien maîtrisé. De plus on peut y voir une similitude avec la nostalgie qu'auront les spectateurs à revoir leurs jouets préférés sur grand écran pour une dernière aventure, j'ai été très sensible à ce parallèle.
La mise en scène du film est quant à elle tout simplement parfaite! On sent que la saga n'a pas été mise dans les mains d'un amateur, Lee Unkrich a fait un excellent travail de côté là. Je pense qu'à ce niveau là je mettrais Toy Story 3 juste derrière Ratatouille.

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Outre l'humour moins présent dans ce troisième opus et qui surprendra plus d'un spectateur, il y a aussi le bond technologique depuis le second film qui choque au premier abord. La modélisation des anciens personnages jouets n'a pas évolué d'un poil mais les effets de lumières, de matière ou bien encore les décors sont tout simplement fabuleux ! Je pense notamment à la garderie qui regorge de détails et est baignée dans de somptueuses couleurs et lumières chaleureuses. La maison de Bonnie est également somptueuse, respirant les joies de l'enfance, on en prend vraiment plein les mirettes ! Et que dire des humains qui ne ressemblent à aucun autre aperçus dans une production des studios. En effet il était difficile de passer du style relativement réaliste des humains des deux premiers film au graphisme caricaturé des humains des dernières productions du studio. Il a donc été décidé de simplement faire évoluer le style des Toy Story précédent. Le résultat est magnifique, en particulier pour les personnages inédits comme Bonnie ou même l'homme de ménage de Sunnyside.
Toy Story 3 a également profité de la technologie Disney Digital 3-D. Comme pour Là-haut, le relief n'a pas été utilisé à outrance, tout juste permet-il de mieux nous immerger dans le film. Et ce n'est pas plus mal car contrairement à la concurrence cette technologie sait se faire oublier la plupart du temps, tout en intensifiant l'action lors de scènes plus mouvementées.

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Les nouveaux jouets sont un des gros points fort du film mais également comme je le craignais un de ses points faibles. Je m'explique : selon moi une histoire, pour être comprise et apprécié dans son ensemble ne doit pas contenir trop de personnages. Les nouveaux jouets sont excellents pour la plupart, mais présents en trop grand nombre, on a pas le temps de les apprécier à leur juste valeur. J'aurai préféré qu'il y ai moins de nouveaux jouets pour permettre au scénaristes d'approfondir la personnalité de chacun d'entre eux. Prenons par comparaison Toy Story 2 qui n'introduisait que cinq nouveaux personnages, ce qui était amplement suffisant. Autre faiblesse du film, ses musiques... Non décidément Randy Newmann devrait prendre sa retraite ! Je n'ai pas retrouvé le côté jazzy des deux premiers films et pire encore, certaines scènes prennent des allures de cartoons avec des orchestrations simplistes (je n'y connais pas grand chose en orchestrations mais c'est ce que j'ai ressenti). Pas non plus de chanson marquante à la "Je suis ton Ami". C'est la première fois que je ne ressens pas le besoin d'écouter la bande originale d'une production Disney en dehors du film, c'est dire! La seule pointe d'originalité au niveau musical est la reprise de la chanson sus nommée par les Gipsy King (surtout restez pendant le générique pour la découvrir dans son entier)

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Mais ces défauts sont somme toute anecdotiques face au reste du film qui est extraordinaire. Lee Unkrich a réussi haut la main le défi que représente une première réalisation en solo, on retrouve avec énormément de plaisir nos bon vieux jouets pour les accompagner une dernière fois dans leur ultime aventure. Même si le second volet restera mon préféré de la saga (comment faire mieux?), Toy Story 3 s'en sort avec les honneurs et mérite amplement sa place parmi les meilleurs films des studios Pixar!

 

Toy Story 3 est sorti le 14 juillet 2010 au cinéma en Disney Digital 3-D dans les salles équipées.

24 mars 2010

Tim Burton

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Tim Burton est né le 25 août 1958 à Burbank en Californie. Premier fils de Bill et Jean Burton, le jeune Tim aura par la suite un petit frère, Daniel, qui naîtra trois ans plus tard. A l'âge de douze ans il part s'installer chez sa grand-mère qui vit également à Burbank. L'adolescence du jeune homme est banale et sans histoire, Tim est un garçon calme et introverti, il ne se fera que peu d'amis durant cette période. Malgré le grand nombre de studios installés à Burbank (Warner Bros, Columbia, NBC et bien sur Disney), la ville reste en grande partie résidentielle et populaire. Désintéressé par le monde qui l'entoure, le jeune Tim se réfugie dans les salles de cinéma de la ville où il passera une grande partie de ses jeunes années. Passionné de film d'horreur, Tim Burton était particulièrement fan de l'acteur Vincent Price (dont il rendra hommage avec son court métrage Vincent dans lequel l'acteur prête sa voix). En plus du cinéma, Tim Burton est un passionné de dessin. Ce don lui vaudra de gagner en troisième le premier prix d'un concours local sur le thème de la propreté de la voie publique. Ses esquisses ornèrent ainsi les camions poubelles de Burbank pendant deux mois! Pour gagner un peu d'argent Tim s'occupait également de peindre les vitrines du voisinage pour les fêtes de fin d'année.
A 18 ans (nous sommes en 1976), poussé par un professeur, Burton décroche une b
ourse d'études pour l'Institut des Arts de Californie (Cal Arts). A cette époque le jeune homme ne pensait pas encore faire carrière dans le cinéma, mais cette école était un bon moyen pour lui de développer son sens artistique. Il y réalisa deux films (un film de monstres mexicains et un film de surf). C'est alors qu'il se dit que l'animation serait certainement un bon moyen pour gagner sa vie.

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Joe Ranft et Tim Burton aux Walt Disney Animation Studios

Tim Burton passa trois ans à Cal Arts avant d'être engagé comme animateur par Disney en 1979. Sa première année au sein du studio fut très difficile car sa vision artistique était très éloigné de celle du studio, il se sentait déprimé. On le fit travailler pour Glen Keane qui animait alors les renards de Rox et Rouky. Burton s'entendait très bien avec lui, il était sympathique et l'a beaucoup aidé. Mais il l'a également fait souffrir en le faisant travailler sur les scènes des renards alors que Tim avait énormément de mal à dessiner dans le style Disney. Voici ce que dit l'artiste sur cette période au studio : "Ce qu'il y a de surprenant chez Disney, c'est qu'ils veulent que tu sois à la fois un artiste et un ouvrier zombie sans personnalité. Il faut être quelqu'un d'unique pour pouvoir faire coexister ces deux états dans un même cerveau."
Tim Burton passait pour quelqu'un d'étrange au studio et pour cause, il se comportait comme tel. Par exemple il s'installait fréquemment au fond d'une armoire dont il ne sortait pas, il s'asseyait sur son bureau, ou bien en dessous, un jour il s'arracha même une dent de sagesse et inonda de sang les couloirs (photo ci-dessus). Malgré toutes ces bizarreries Tim Burton abattait suffisamment de travail pour ne pas être viré.
Son style finit tout de même pas intéresser ses supérieurs qui lui confièrent, en même temps que son travail sur
Rox et Rouky, la réalisation de concept arts pour le futur Grand Classique Taram et le Chaudron Magique. Ce poste lui convenait à merveille, tout ce qu'il avait à faire était de s'assoir dans une pièce pendant plusieurs mois et dessiner tous les monstres qui lui passaient par la tête. Mais au bout de quelques mois, lorsque le projet commençait vraiment à décoller, on lui adjoint "ce type", Andreas Deja, animateur de talent au style traditionnel axé sur les personnages. On dit alors à Burton qu'on aimait bien ce qu'il faisait mais que le le style d'Andreas convenait mieux à ce qu'ils recherchaient. Le but de cette rencontre entre les deux artistes étaient certainement d'allier leurs talents (Tim Burton pour les idées et Andreas Deja pour le style). Mais ce fut un grand fiasco, les deux artistes passèrent les mois suivant chacun de leur côté de la pièce sans se parler, chacun faisant ses dessins dans son coin! Au final, aucun des dessins de Tim Burton ne furent utilisés pour le film...

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Vincent (1982)

Néanmoins le style si particulier de Tim Burton intéressait fortement les dirigeants du studio, en particulier Julie Hickson, exécutif, et Tom Wilhite, responsable du développement créatif. Tous deux se rendirent compte que les dessins de Burton recèlaient un talent unique qui méritait d'être soutenu. C'est ainsi que Wilhite offra à Burton, en 1982, 60 000 dollars pour produire Vincent, un court métrage d'animation en stop motion, d'après un poème écrit par Burton dans le style du Dr Seuss, un de ses auteurs de contes pour enfants favoris. Deux mois plus tard, Burton livra avec l'aide de Rick Heinrichs, spécialiste de l'animation en stop motion, un film de cinq minutes en noir et blanc. Vincent, le personnage principal est sans nul doute une caricature de son auteur, dont le talent est déjà bien présent, mais aussi un hommage à Vincent Price, l'acteur favoris de l'artiste. Bien que content du résultat, Disney ne savait pas quoi faire du film dont le style était bien trop éloigné des standards de la maison pour être exploité à grande échelle. Il sera finalement diffusé en salles durant deux petites semaines à Los Angeles, en première partie de Tex, un film pour ados avec Mat Dillon. Il fera ensuite le tour des festivals internationaux de Londres, Chicago, Seattle et Annecy. Le film remporta deux prix au festival de Chicago et le prix de la Critique au festival international du film d'animation d'Annecy.
Après la production de Vincent, Tim Burton réalisa une version asiatique d'Hansel et Gretel , le célèbre conte des frères Grimm, pour  la jeune chaîne Disney Channel. Ecrit par sa productrice exécutive Julie Hickson, ce télfilm au budget de 166 000 dollars n'avait pas la profondeur émotionnelle de Vincent, loin de là. Cependant il reste une parfaite illustration de l'imagination extravagante de l'artiste : un duel de kung fu oppose, lors du final, Hansel et Gretel à la vilaine sorcière, interprétée ici par un homme. Ce film marque également une étape pour Burton. C'est la première fois qu'il travaille avec des comédiens, même si le casting est composé uniquement d'acteurs non professionnels. Malgré la qualité douteuse du téléfilm (il n'a jamais été rediffusé), ce fut une expérience enrichissante pour son auteur.

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Tim Burton a désormais définitivement quitté son statut d'animateur pour celui de réalisateur. Après Hansel et Gretel, l'artiste a de nouveau l'occasion de s'essayer à la réalisation avec le court métrage Frankenweenie, directement inspiré d'un de ses récits. Le film est une stupéfiante relecture du mythique Frankenstein de James Whale (1931) et de sa suite, La Fiancée de Frankenstein (1935). Ecrit par Lenny Lipp, Frankenweenie est produit par Julie Hickson et financé par Disney à hauteur d'un million de dollars. Tim Burton a alors 25 ans. C'est la première fois que le réalisateur travaille avec des comédiens professionnels. Cette pression potentielle ne l'empêche pas d'obtenir d'excellents résultats de la part des acteurs. Prévu pour accompagner la ressortie en salle de Pinocchio, Frankenweenie sera finalement mis au placard par Disney lorsqu'il écope de la classification PG (pour Parental Guidance, soit interdit au moins de 12 ans non accompagnés) en raison de son ambiance trop sombre. Néanmoins, le film connaîtra une brève carrière en Angleterre, en avant-programme de Baby : le secret de la légende oubliée (1984) et sera disponible en VHS en 1992. Frankenweenie signera la dernière collaboration entre Disney et Burton, en effet le réalisateur décide de quitter les studios quelques mois après la fin de la production du film.

En 1985 la chance sourit au réalisateur qui est choisi par Warner Bros (studio qui le suivra durant une grande partie de sa carrière) pour réaliser Pee-Wee Big Adventure film centré sur le personnage de Pee-Wee Herman incarné par l'acteur Paul Reubens. Ce film signe la première collaboration entre Burton et Danny Elfman, compositeur de talent qui signera par la suite presque toutes ses bande originales. Le tournage du film est bouclé en un temps record (un mois seulement) et Burton est dores et déjà dans les petits papiers de la Warner pour réaliser une suite. Mais celui-ci refuse, ne voulant pas être catalogué. Il faudra attendre 1988 et Beetlejuice pour voir revenir le réalisateur dans les salles obscures. Premier film centré sur un personnage crée par ses soins, Beetlejuice sera un beau tremplin pour Burton pour réaliser Batman, en préparation à la Warner depuis déjà dix ans. Le film est un énorme succès mais fut aussi très fatiguant pour Burton qui souhaite revenir à des productions plus intimistes. Ce sera le cas avec son chef-d'oeuvre, Edward aux Mains d'Argent, dont le rôle titre a été confié à un jeune acteur prometteur, Johnny Depp. L'alchimie se fait tout de suite entre les deux hommes qui n'auront de cesse de travailler ensemble par la suite. Après le second opus de Batman, Batman le Défi, Burton signe à nouveau chez Disney pour réaliser son premier long métrage d'animation, L'Étrange Noël de Monsieur Jack. Le film est inspiré d'un poème du réalisateur écrit chez Disney au début des années 80. Ce poème appartenant à Disney, Burton n'a pas d'autre choix que de réaliser le film avec eux. Cependant la réalisation sera confié à Henry Selick, ancien de Cal Arts tout comme Burton et spécialisé dans l'animation en stop motion. Le film sera un succès en demi teinte mais gagnera en estime au fils des ressorties ciné et vidéo. Trois ans plus tard, Burton produit James et la Pêche Géante, second long métrage en stop motion d'Henry Selick pour le compte de Disney. Entre temps le réalisateur signe Ed Wood, seconde collaboration avec Johnny Depp. Au fil des années 90 et 2000, Tim Burton continuera sur sa lancée et signera succès sur succès (Mars Attacks!, Sleepy Hollow, La Planète des Singes, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie, Les Noces Funèbres, Sweeney Todd). En 2008, Burton revient une nouvelle fois chez Disney pour réaliser Alice au Pays des Merveilles qui sortira deux ans plus tard. En 2012, Tim Burton réalise Dark Shadows et Frankenweenie, long métrage inspiré du court métrage éponyme de 1984.

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Tim Burton est aujourd'hui un des réalisateurs les plus "côté du marché", son style gothique et torturé ont fait de lui un artiste internationalement connu et reconnu que ce soit par la profession ou le public. Preuve en est sa nomination comme président du jury du 63ème festival de Cannes! Avec encore beaucoup de projets dans ses tiroirs, le petit garçon de Burbank n'a pas fini de nous émerveiller!

 


Taram et le Chaudron Magique :

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Vincent :

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Hansel et Gretel :

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Frankenweenie :

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L'Étrange Noël de Monsieur Jack :

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Alice au Pays des Merveilles :

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13 septembre 2009

Knick Knack

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KNICK KNACK (1989)

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Après Tin Toy, qui fut le premier court métrage réalisé par ordinateur à remporter l'Oscar® du meilleur court métrage d'animation, l'équipe d'animateur de Pixar décida de réaliser un court dans le style des cartoons de Chuck Jones, rythmé et rempli de gags en tout genre. A cette époque le département animation de l'entreprise ne comptait pas plus de dix personnes, et chacun mis la main à la patte pour cette nouvelle réalisation. Pour la première fois, John Lasseter ne s'occupa pas entièrement de l'animation du court, chacun anima le personnage qu'il avait crée.

Techniquement Knick Knack se voulait plus modeste que ses prédécesseurs, aucune grosse nouveauté ne fut  utilisé pour le réaliser. Lasseter décida même de mettre de côté l'outil de capture point par point qui avait été utilisé pour modéliser le clown dans Red's Dream et le bébé dans Tin Toy, technique jugée trop onéreuse et au final pas vraiment au point. Au lieu de cela, il conçu tous les personnages du film dans un style plus sobre et facile à réaliser sur ordinateur grâce à des formes simples et géométriques.

Inspiré par la vaste collection de snow globes de sa femme Nancy, Lasseter imagina l'histoire d'un bonhomme de neige pris au piège dans une boule à neige qui aspire à rejoindre les bibelots des pays chauds  se trouvant de l'autre côté de l'étagère. Le cactus, la pyramide, et le flamant rose semblent vraiment plus heureux que lui là-bas. Le bonhomme de neige solitaire jette en particulier son dévolu sur une charmante jeune femme en maillot de bain, un bibelot souvenir de Miami.

Le but de Knick Knack était de consolider les acquis de l'équipe tout en apportant plus de fantaisie à l'animation. Il leur permit de se servir plus longuement des outils qu'ils avaient mis tant de temps à concevoir, tout en créant quelque chose de très divertissant et de drôle.

Le véritable challenge sur ce film fut l'utilisation de la 3-D stéréoscopique. L'équipe voulait en effet que le film soit présenté en  3-D relief au  SIGGRAPH de 1989. Cette version ne fut présenté au public qu'en 2006 en version amélioré, en avant-programme de la ressortie en 3-D de L'Etrange Noël de Monsieur Jack. Knick Knack fut également diffusé en 2003 avant Le Monde Nemo au cinéma, mais dans une version censurée. Ainsi, la poitrine généreuse de la figurine en maillot de bain et de la sirène furent tout bonnement retiré du film et remplacé par un torse plat. Cette censure fut vivement critiqué par les fans qui pensaient que Disney était responsable de cette censure ridicule. John Lasseter répliqua qu'il avait pris cette décision tout seul. En tant que père il pensait à tous les enfants qui allaient voir ce court métrage avant Le Monde Nemo , et ne trouva pas raisonnable de montrer une telle image de la gente féminine.

Knick Knack fut une étape importante pour le département animation de Pixar. Durant la création du film, l'équipe s'agrandit et pour la première fois, John s'occupait principalement de superviser une équipe au lieu d'animer les différents personnages, une étape cruciale pour le projet encore lointain de réalisation d'un long métrage d'animation. 

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Storyboards de John Lasseter :

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16 août 2009

La Petite Sirène

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Voilà près de 20 ans que la vague La Petite Sirène a déferlé sur les écrans du monde entier, balayant au passage tous les préjugés du public sur Disney. La recette était simple : revenir à ce qui fit le succès des films d'animation de la firme à l'époque de Walt Disney : un conte de fée, une comédie musicale et une équipe d'artiste libre de ses mouvements. Ajoutez à cela une touche de modernité et d'humour, et vous obtenez un cocktail créatif détonnant! Je ne remercirai jamais assez Michael Eisner, Roy Disney et Jeffrey Katzenberg d'avoir permis cette renaissance. Grâce à ces trois hommes (et aux nombreux artistes talentueux du studio), la firme au grandes oreilles retrouvaient enfin son cachet d'entan! Retrouvez ci-dessous quelques recherches graphiques des personnages d'Ariel et de Ursula.

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14 août 2009

Le Crapaud et le Maître d'Ecole

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1949_crapaud_1_0211ème long métrage des Walt Disney Animation Studios, The Adventures of Ichabod and Mister Toad (Le Crapaud et le Maître d'Ecole) est le dernier des films dit "package", de la décennie. Ces films "package" sont apparus en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, afin de permettre aux studios Disney de rester présent dans les salles de cinéma, tout en faisant des économies au niveau de la production. En effet ces films constitués de plusieurs cartoons inédits étaient au moins deux fois moins cher à réaliser qu'un long métrage normal. L'animation était moins étudiée, les décors plus simples, et les scénarios moins élaborés étant donné la durée des cartoons. Nous retrouvons parmi ces films "package" Saludos Amigos, Les Trois Caballeros, La Boîte à Musique, Coquin de Printemps, Mélodie Cocktail, et enfin Le Crapaud et le Maître d'Ecole.

Ce dernier est constitué de deux moyens métrages : La Mare aux Grenouilles (The Wind in the Willows) et La Légende de la Vallée Endormie (The Legend of Sleepy Hollow). Le premier est inspiré d'un classique de la littérature anglaise, Le Vent dans les Saules, de l'auteur écossais Kenneth Grahame. Il  raconte l'histoire de Crapaud Baron Têtard dont la passion débordante pour les automobiles inquiète grandement ses amis Taupe, Rat et Angus McBlaireau, surtout quand Crapaud échange son manoir ancestral à des fouines contre un bolide volé... Monsieur Crapaud se met rapidement à flâner sans but sur les routes, jusqu'au jour où sa drôle d'escapade le mène derrière les barreaux. Ses amis s'acharnent à prouver son innocence en allant chercher des preuves dans son ancien manoir occupé par des bandits. Publié pour la première fois en 1908, le roman est directement inspiré d'histoires que l'auteur racontait à son fils avant de s'endormir. L'ouvrage ne rencontra guère de succès à sa sortie, il devint un classique qu'après de nombreuses années. C'est la seconde adaptation d'une histoire de Kenneth Grahame par les studios Disney qui avaient déjà adapté Le Dragon Récalcitrant sorti en 1941.

La Légende de la Vallée Endormie est quant à lui tiré du recueil de nouvelles de Washington Irving, The Sketch Book of Geoffrey Crayon, publié en 1819. Nous suivons les aventures d'Ichabod Crane qui, un jour d'automne, est nommé nouveau professeur du village de Sleppy Hollow. Arrivé sur les lieux, il rencontre une jeune fille riche, Katrina Van Tassel, dont il tombe immédiatement amoureux. Il réussit à écarter Katrina de Brom Bones, la brute de la bourgade qui aime lui aussi la séductrice. Furieux, Brom décide pour se venger de raconter aux villageois l'effrayante légende du Cavalier sans tête à la soirée d'Halloween. Mais après la fête, Ichabod doit retourner seul chez lui en pleine nuit, en passant par la forêt… Bien plus américain que son voisin batracien, cette nouvelle a également eu droit à une adaptation en film live par Tim Burton (qui fut animateur puis réalisateur pour Disney) en 1999.

Le Crapaud et la Maître d'Ecole est sorti le 5 octobre 1949 sur les écrans américains et fut bien accueilli par la presse et le public, sorte d'avant-goût du renouveau des films d'animation Disney, à l'aube d'un nouvel âge d'or. Le film n'est par la suite plus jamais ressorti sous sa forme originelle au cinéma. Néanmoins on retrouve les deux moyens métrages sur le petit écran en 1955, diffusés dans la célèbre émission Disneyland. La Légende de la Vallée Endormie ressort ensuite seul au cinéma en 1958, suivi de La Mare aux Grenouilles en 1975. Il faudra attendre 2003, et la sortie du film en DVD, pour enfin redécouvrir ce Grand Classique dans sa version d'origine, avec ses scènes de transition d'époque.

 

 

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9 mai 2009

Mulan

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hbacher_d26611i7_02Hans Bacher fait parti de mes artistes Disney favoris de ces dernières années. Son travail sur La Belle et la Bête, Aladdin, Le Roi Lion et surtout son sauvetage artistique de Mulan est tout bonnement fabuleux! Retrouvez ci-dessous quelques une de ses recherches graphiques pour Mulan, accompagnées d'autre superbes esquisses pour le film de son collègue et ami Alex Nino. Merci à Hans Bacher de m'avoir autorisé à publier ces magnifiques dessins!

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Recherches d'Alex Nino :

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11 mars 2009

Pinocchio

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Si Blanche Neige et les Sept Nains peut être considéré comme le joyaux de l'animation mondiale à sa sortie en 1937, Pinocchio en est indubitablement la parfaite évolution. Walt Disney l'avait bien souligné à l'époque de la sortie (et de l'énorme succès) de son premier film, il était hors de question pour lui de réaliser un Blanche Neige et les Sept Nains 2, malgré les nombreux appels du public pour retrouver leurs héros préférés dans de nouvelles aventures. C'est ainsi que vers la la fin de la production de Blanche Neige et les Sept Nains, le studio mis en chantier plusieurs films en parallèle, tous très éloignés de l'univers de la princesse star. Parmi ces projets on retrouvait Dumbo, Bambi, la séquence de L'Apprenti Sorcier qui finira par donner Fantasia, Peter Pan ou bien encore Alice au Pays des Merveilles. C'est au milieu de ce pot pourri créatif que Pinocchio fit son apparition. 

Walt Disney était très impliqué dans la construction du récit  Bill Tytla était responsable de l'animation de Gepetto  Eric Larson était en charge de l'animation de Figaro

Pinocchio était déjà un projet de longue date lors du début de sa production en 1938. En effet, c'est en 1935, lors d'un voyage en Europe afin de réunir une collection d'ouvrages illustrés qui serviraient d'inspiration aux artistes des studios que Walt Disney découvrit le célèbre conte de Carlo Collodi et en négocia immédiatement les droits d'adaptation. Né à Florence en 1826, Carlos Lorenzini (de son vrai nom) a débuté sa carrière par des articles politiques avant de devenir critique littéraire. Parallèlement  à ses activités journalistiques, il publie des ouvrages à destination du jeune public. C'est en juillet 1881 que débute sous forme de feuilleton la publication de La Storia di un burattino (Histoire d'une marionnette) dans la revue Giornale per i Bambini. Achevée en 1883, l'œuvre comptait au final pas moins de 36 chapitres qui ressortirent sous la forme d'un livre unique sous le titre Le Avventure di Pinocchio. Le succès fut au rendez-vous et l'ouvrage se vendu à plus d'un million d'exemplaires.
Walt Disney commanda une nouvelle version du conte au Printemps 1937 à la scénariste Bianca Majolie afin de raccourcir le récit du livre, bien trop long pour être retranscrit en long-métrage d'animation. La version de Disney s'éloigne de l'œuvre originale sur plusieurs points, supprimant quelques personnages, en valorisant d'autres, lissant de nombreux éléments pour faire rentrer tout cet univers dans le moule des productions Disney. Mais qu'importe car cette version du petit pantin de bois est encore considéré aujourd'hui comme la plus belle jamais réalisée. Et c'est qui fera la force des nombreuses futurs productions des studios, ne jamais se contenter de retranscrire avec précision les œuvres à l'écran. 

Un artiste travaille sur le layout d'un décor  Albert Hurter en plein travail  Etude d'un plan sur un layout géant

La production de Pinocchio débuta officiellement en mars 1938. Mais les difficultés ne tardèrent pas à montrer le bout de leur nez, et après six mois de travail acharné, la première version de l'histoire achevée ne satisfaisait pas Walt Disney. Il décida alors de tout reprendre à zéro. Les dépenses étaient déjà en train de s'accumuler alors que le film n'en était encore qu'à l'étape du storyboard et aux premiers tests d'animation! Dans la seconde version du scénario, le gros changement fut de donner plus d'importance au personnage de Jimminy Cricket qui, dans la première version plus fidèle au roman ne tenait qu'un rôle mineure. Il sera désormais la conscience et le fidèle ami du petit pantin de bois et aura une grande importance dans le déroulement de l'histoire.
Le design de Pinocchio fut confié à Fred Moore, Frank Thomas et Mitl Kahl. Tout d'abord réaliste, le pantin pris peu à peu sa forme définitive grâce aux talents combinés de ces trois artistes. Frank Thomas s'occupait principalement du visage du personnage, Fred Moore (également responsable de l'animation de Crapule) l'humanisa un peu plus et lui offrit des gants blancs, quant à Mitl Kahl il se démenait pour animer convenablement le corps de la marionnette, s'inspirant des mouvements de vrais petits garçons.
Une grosse innovation fit son apparition durant la production de Pinocchio et simplifia grandement le travail des artistes. Walt Disney décida de créer tout les modèles des personnages et véhicules du film en volume. Ces sculptures qui étaient ensuite polies puis peintes permirent aux animateurs de mieux de se rendre compte de l'espace que prenait leur personnage dans les décors, et de pouvoir les visualiser en trois dimensions.

Des acteurs ont été utilisé en référence live pour l'animation  Référence live pour Pinocchio  Référence live pour le Cocher

Le design et l'animation de Jiminy Cricket fut confié à Ward Kimball. Voilà ce que dit plus tard l'artiste sur cette expérience : "A l'origine je dessinais le criquet comme une sauterelle noire, avec des pattes et de longues antennes. A chaque fois que je montais voir Walt, il prenait un air désapprobateur. J'en ai dessiné douze ou quatorze version et j'ai graduellement supprimé tous les appendices de l'insecte." Au final Jiminy ne ressemblait plus vraiment à un criquet mais avait au moins le mérite d'être plus agréable à l'œil!
Le personnage de Geppetto fut confié à Arthur Babitt et Bill Tytla, qui animait également Stromboli. Figaro, un des personnages ajoutés par les scénaristes, fut quant à lui animé par Eric Larson. L'artiste adora s'occuper de ce chaton car il eu toute les libertées sur sa création et son animation, étant un personnage inédit. Après des centaines d'esquisses et d'études du personnage, Eric Larson en fit un des personnages les plus réussis du film. Pour finir, Gédéon fut animé par John Lounsbery (sa première animation de personnage important) et Norman Ferguson, Grand Coquin par Preston Blair et Monstro par Wolfgang Reitherman.
Graphiquement, Pinocchio doit beaucoup au travail de deux grands illustrateurs européens, Gustaf Tenggren et Albert Hurter. Tenggren est arrivé aux studios Disney durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains, sur lequel il ne travailla que sur deux séquences. Après avoir participer au Silly Symphonie Little Hiawatha il se penche sur Pinnochio, où il aura une grande influence, en particulier sur les décors. Albert Hurter s'occupa quant à lui des innombrables objets présents dans l'atelier de Geppetto. Comme sur Blanche Neige et les Sept Nains il eu surtout un rôle important dans la stylisation de ces objets, et les créa de A à Z. Ces deux artistes permirent au film d'avoir ce style européen tant recherché par Walt Disney.
 

Des sculpures des personnages servaient de référence pour le modèle animé  Les animateurs se sont servis de maquettes pour plus de réalisme  Un celluloïd de Pinnochio mis en couleurs

Pinocchio sort le 7 février 1940 dans les salles américaines et fut acclamé par le public et la presse. Malgré cela le film n'arriva pas à réitérer l'exploit commerciale de son prédécesseur, en partie à cause du marché européen fermé par la guerre... Avec un budget de 2,6 millions de dollars, Pinocchio ne rapporta pas autant aux studios que prévu et contraint Walt Disney à restreindre le budget de ses futurs productions. Malgré cela, Pinocchio reste un chef-d'œuvre intemporel qui a réussit à gommer tout les défauts de Blanche Neige et les Sept Nains pour nous offrir un film techniquement parfait. Le film a par la suite séduit l'Europe (premier sortie française en 1946) et le monde entier, jusqu'à faire oublier à bon nombre le roman original de Collodi. Le film reçut en 1940 l'Oscar® de la meilleure chanson pour Quand on prie la Bonne Etoile (qui deviendra très vite l'hymne de Disney) écrite par Ned Washington et composée par Leigh Harline et un second pour la partition musicale signé Paul Smith.

 

Recherches de Gustaf Tenggren :

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Autres recherches graphiques :

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Décors de production :

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storyboards :

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21 juin 2008

Le Monde de Narnia - Chapitre 2 : Le Prince Caspian

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chronicles_of_narnia_prince_caspian_ver2_xlg_02Après un premier opus sorti en 2005, Le Monde de Narnia nous revient le 25 juin 2008 pour un second film intitulé Le Monde de Narnia - Chapitre 2 : Le Prince Caspian. Mais avant d'être une saga cinématographique, Le Monde de Narnia est avant-tout un livre en sept tomes écrit par Clive Staple Lewis (C. S. Lewis) et publié entre 1950 et 1956.
C. S. Lewis est né à Belfast le 29 novembre 1898. C'était un écrivain et universitaire irlandais connu pour ses travaux sur la littérature médiévale, ses ouvrages de critique littéraire et d'apologétique du christianisme, et bien sur pour la série des Chroniques de Narnia. Il était un ami très proche de J. R. R. Tolkien, l'auteur du Seigneur des anneaux, aux côtés duquel il enseigna à la faculté de littérature anglaise de l'université d'Oxford ; il faisaient tous deux partie du cercle littéraire des Inklings. En partie grâce à l'influence de Tolkien, Lewis se convertit au christianisme, devenant, selon ses propres termes, « un très ordinaire laïc de l'Église d'Angleterre» ; cette conversion eut de profondes conséquences sur son œuvre. Les chroniques radiophoniques sur le christianisme qu'il donna au cours de la Seconde Guerre mondiale lui assurèrent une grande popularité, confirmée par le succès de ses ouvrages d'apologétique. C. S. Lewis est mort le 22 novembre 1963 à Oxford.
Presque inconnu en France avant la sortie du premier film, Le Monde de Narnia est pourtant un livre à succès depuis bien longtemps dans le reste du monde. Le recueil du livre s'est vendu à plus de 100 millions d'exemplaires dans le monde et traduit en 35 langues.
La réalisation de ce second film s'est faite, contrairement au premier opus en grande partie en décors naturels. Le premier volet des aventures de Narnia comptait 60 à 70% d'images réalisées en studio. Pour ce second volume, les proportions sont inversées, puisque il y a beaucoup plus de prises de vues réelles. Le tournage s'est donc étendu sur sept mois, de la Nouvelle-Zélande à la Slovénie, en passant par la Pologne et la République Tchèque.
Trouver l'interprète pour le Prince Caspian ne fut pas une mince affaire. Andrew Adamson, le réalisateur du film nous en dit plus : "Le casting a été très long. Nous avons cherché en Argentine, en Italie, en France, en Espagne et en Angleterre. C'était un rôle difficile à distribuer parce que je voulais une personne capable de s'intégrer facilement à notre petite famille d'acteurs". Et Ben Barnes (découvert dans Stardust) s'est imposé de lui même lors des entretiens."
De l'aveu de la production et du réalisateur Andrew Adamson, Le Monde de Narnia - Chapitre 2 : Le Prince Caspian a été voulu comme un film sensiblement plus sombre que le premier volet. Une dominance que l'on retrouvera dans le troisième volet des aventures de la famille Pevensie, Le Monde de Narnia - Chapitre 3 : L'Odyssée du Passeur d'Aurore, produit par la 20th Century Fox et sorti en 2010. Toutefois, ce n'est pas Andrew Adamson qui réalisera le film, se contentant d'être à la production, mais Michael Apted.
Retrouvez ci-dessous le design de certaines armes, et quelques illustrations, dans la ligne droite de celle du premier film, et pourtant, avec une petite touche plus sombre, conformément aux nombreuses déclarations des producteurs et autres artisans impliqués dans la conception de ce second volet.

 

 

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4 février 2009

Volt, Star Malgré Lui

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Affiche_am_ricaine_02Le dernier Grand Classique Disney est arrivé! Retrouvez à partir d'aujourd'hui Volt, Star Malgré Lui, le nouveau né des studios d'animation Disney au cinéma! Découvrez à cette occasion une nouvelle galerie de recherches graphiques! Pour ceux qui désirent avoir plus d'info sur cette nouvelle production je vous invite à venir lire le dernier article qui lui était consacré sur The Art of Disney Animation au mois de septembre dernier. Retrouvez également à cette adresse un superbe mini site consacré au film concocté par nos confrères de Disney•Pixar. Et pour finir, vous pouvez lire ma critique du film sur mon autre blog.

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Recherches graphiques de Paul Felix :

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Dessins de Byron Howard (coréalisateur) :

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Peintures digitales de Dan Read :

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30 juillet 2008

WALL•E

 

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Que se passerait-il si nous étions forcé d'évacuer la Terre et que quelqu'un oubliait d'éteindre le dernier robot ? Voilà de quoi tout est parti. Nous sommes en 1995, Andrew Stanton (co-réalisateur de 1001 Pattes et du (Le) Monde de Nemo) et Pete Docter (réalisateur de Monstres & CieLà-Haut et Inside Out) planchent sur la création d'un petit robot du nom de WALL•E (pour Waste Allocation Load Lifter Earth-Class, littéralement "compacteur terrien de déchets"). Les deux hommes sont convaincus du potentiel de leur personnage mais savent pertinemment que le financement pour un long métrage sera difficile à obtenir...

WALL•E - Andrew Stanton test un fauteuil monté sur chenilles pour se mettre dans la peau de son personnage principal  WALL•E - Jason Deamer (character designer)  WALL•E - Ralph Eggleston (art director)

Ne voulant pas prendre trop de risques, Pixar rejète alors tout d'abord l'idée de faire un film avec WALL•E et décide de confier à Andrew Stanton la direction du (Le) Monde de Nemo. L'histoire d'un poisson clown qui part à la recherche de son fils semblait sur le moment plus raisonnable à développer ! Il faudra attendre 2001, alors qu'il travaille sur Le Monde de Nemo, pour qu'Andrew Stanton reprenne l'écriture de WALL•E, avec la bénédiction de Pete Docter (et de Pixar).
Andrew Stanton est né le 3 décembre 1965 à Rockport dans le Massachusetts. Il est arrivée chez Pixar en 1990 après une formation à CalArts en tant qu'animateur. Ce sont ses courts métrages d'animation, Somewhere in the Arctic, lauréat du Nissan/ Focus Award, et A Story qui lui ont permis d'être sélectionné comme directeur de l'animation et réalisateur de films publicitaires au sein de Pixar. Il fut le neuvième employé à rejoindre le studio. Scénariste sur chacun des longs métrages du studio, il a été cité à l'Oscar pour Toy Story en 1996, réalisé par John Lasseter et a co-réalisé 1001 Pattes en 1998, toujours avec John Lasseter. Producteur exécutif de Monstres & Cie en 2001, Andrew Stanton est, en 2003, auteur, co-scénariste et réalisateur du
(Le) Monde de Nemo, le plus grand succès de l'histoire de l'animation aux États-Unis (dépassé par Shrek 2 l'année suivante). Mais son véritable projet, celui qui le démangeait depuis des années était bien celui de raconter l'histoire de WALL•E, le petit robot laissé seul sur Terre. 

WALL•E - Andrew Stanton (réalisateur)  WALL•E - Ralph Eggleston devant ses colorscripts  WALL•E - Jim Morris (producteur)

La production de WALL•E débute en 2004, peu de temps après le bouclage du (Le) Monde de Nemo. Au départ seul l'idée du robot perdu sur Terre avait été envisagé, ce n'est que plus tard qu'apparut le personnage de Eve et l'histoire d'amour qui en découdra. Le personnage de WALL•E ne subit pour sa part que peu d'évolution (graphique comme psychologique) durant les quatre années de production. Mélange entre E.T et R2-D2, sa personnalité était déjà forgée depuis plusieurs années. Au contraire, Eve (pour Extra-terrestrial Vegetation Evaluator), le robot femelle du film subit de nombreux changements. Le personnage fut révisé pas moins de neuf fois, preuve de l'acharnement des artistes à créer un personnage qui soit (et qui devait) être parfait. Son design fut confié à un  célèbre employé d'Apple, Jonathan Ive à qui l'on doit le design de l'I-pod. On retrouve d'ailleurs quelques clins d'œil à la firme de Steve Jobs dans le film, sorte d'hommage à l'homme qui fut l'un des co-créateurs de Pixar !
Le processus de création des humains se fit lui par évolution. Après plus de 700 ans passé dans l'espace il était évident que leur apparence devait être modifiée. Les dessinateurs ont commencé par en faire des êtres totalement abstraits en forme de boules (ils les surnommèrent avec affection les "gélatineux") de couleur verte, violette, etc., puis ils se sont petit à petit rapproché de l'apparence humaine, tout en gardant à l'esprit qu'ils devaient toujours ressembler à des gros bébés, incapables de faire quoi que ce soit tout seul. On peut même dire qu'ils sont aller jusqu'à une apparence fœtale
avec leur oreilles et leur doigts de pieds sous-développés. Un employé de la NASA, James Hicks, experts en atrophie musculaire a permis à l'équipe de rendre plus crédible l'aspect des humains, il a ainsi aidé les équipes à comprendre comment un corps humain change dans l'espace. 

WALL•E - Sigourney Weaver (voix originale de EVE) et Andrew Stanton  WALL•E - Kathy Najimy (voix originale de Mary)  WALL•E - Ben Burtt (ingénieur du son)

Pour l'Axiom l'équipe de designers s'inspira de la refonte de Tomorrowland en 1967 à Disneyand Resort (et particulièrement du monorail) qu'il purent découvrir à une exposition pour les 50 ans de Disneyland  à l'Oakland Museum. Ils reprirent le côté visionnaire mais optmimiste de la technologie du futur (une nouvelle et meilleure vie) qui était à l'époque chère à Walt Disney lui-même.
Pour ce film, les artistes de chez Pixar se sont influencés de nombreux autres longs métrages de SF et en particulier la saga Star Wars. Andrew Stanton l'a dit lui-même : Je veux que ce soit R2-D2 : Le Film ! C'est son amour pour ce personnage emblématique qui l'a poussé à faire WALL•E. Mais le rapport avec Star Wars ne s'arrête pas là. Ben Burtt, l'ingénieur du son de tout les films de la saga s'est également occupé de tout les bruitages de WALL•E ! C'est à lui que l'on doit la fameuse voix si mignonne du petit robot. Autre influence majeure : 2001 Odyssée de l'Espace. Le personnage d'Auto, le pilote automatique de l'Axiom rappel fortement l'inquiétant ordinateur de bord HAL 9000 de 2001. Une autre séquence du film rend hommage au film de Kubrick mais je vous laisse la découvrir par vous-même.
Les musiques de WALL•E ont quant à elles été confiées à Thomas Newman à qui l'on doit déjà la magnifique bande originale du (Le) Monde de Nemo. Son nom ne vous est peut-être pas tout à fait inconnu, c'est en effet le cousin de Randy Newman, autre compositeur de talent, à qui l'on doit les musiques de Toy Story, 1001 Pattes (a bug's life), Toy Story 2 et Monstres & Cie. Thomas Newman s'est également occupé de la bande originale d'American Beauty et des Sentiers de la Perdition.

WALL•E - WALL•E à l'avant-première mondiale du film (21_06_08) au Greek Theatre de Los Angeles  WALL•E - John Lasseter et Ed Catmull à l'avant-première mondiale du film (21_06_08) au Greek Theatre de Los Angeles  WALL•E - John Ratzenberger à l'avant-première mondiale du film (21_06_08) au Greek Theatre de Los Angeles

WALL•E, avant d'être une histoire de robot est avant tout (et malgré les apparences) une histoire très humaine. Pixar a réussi a faire un film qui soit à la fois romantique, épique, beau et intelligent, ce qui se fait de plus en plus rare ces dernières années. Le film engrangea 223 millions de dollars de recette sur le sol américain, ce qui le placa en cinquième position des films Pixar ayant fait le plus de bénéfice derrière Le Monde de Nemo (339 M$), Les Indestructibles (261 M$), Monstres & Cie (255 M$) et Cars - Quatre Roues (244M$). Le film reçut en 2009 l'Oscar du meilleur film d'animation.

 

Recherches graphiques :

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Dessins digitaux de Ralph Eggleston :

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Dessins digitaux de John Lee :

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Dessins de Noah Klocek :

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Shade paint de Laura Phillips :

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Ernesto Nemesio :

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Victor Navone :

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28 mai 2008

Saludos Amigos

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r1ta0fui_02Sixième long métrage des Walt Disney Animation Studios, Saludos Amigos est sorti le 6 février 1943. Sa production débuta en 1941, après le retour d'un groupe d'artistes des studios d'un grand voyage en Amérique du Sud. Ce voyage avait pour but de promouvoir les valeurs américaines et parer ainsi la montée de l'influence de l'Allemagne nazie dans les différents pays du sud du continent.
Les temps sont durs aux studios Disney, après la fermeture du marché européen en 1939, une grève générale éclate en 1941, la plupart des employés réclamant les primes qui leur avaient été promises durant la production de Blanche Neige et les Sept Nains. Au lieu de satisfaire ses employés, Disney avait alors décidé de mettre en chantier de nouveaux studios à Burbank, jugeant ceux d'Hyperion Avenue trop petits. La proposition du gouvernement américain d'envoyer Walt Disney et son équipe d'artistes en Amérique du Sud arriva donc à point nommé et lui permis ainsi de s'éloigner du conflit. Parmi les membres qui l'accompagnèrent on trouvait Lee et Mary Blair, Frank Thomas ou bien encore Norm Ferguson. De ce voyage naîtra donc Saludos Amigos mais aussi Les Trois Caballeros sorti en 1945.

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Saludos Amigos est particulier en bien des points. Premièrement c'est le plus court Grand Classique jamais produit, 46 petites minutes! Ensuite c'est le seul Grand Classique où apparaît Walt Disney en personne, jouant dans les différentes scènes lives incorporées entre chaque courts métrages animés. Le temps étant à l'économie, relier plusieurs courts métrages entre eux était la meilleure solution afin de ne pas trop dépenser d'argent. On appellera très vite ce genre de long métrages des films packages. Saludos Amigos est composé de quatre courts métrages:
- Lake Titicaca : Donald joue le rôle d'un touriste lambda qui visite les abords du célèbre lac
- Pedro : nous suivons les aventures d'un petit avion traversant les Andes pour livrer le courrier
- El Gaucho Goofy : Dingo se met dans la peau d'un Cow Boy américain se retrouvant dans la pampa
- Aquarela Do Brasil : Donald rencontre Jose Carioca, un perroquet possédé par la samba qui lui fait goûter les plaisirs de son pays

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Saludos Amigos sera très bien accueillie à sa sortie en février 1943, même si certain lui reprochèrent d'être beaucoup moins abouti que les anciens Grands Classiques. Le film sera même un véritable triomphe en Amérique du Sud. Il fut nommé trois fois aux Oscars® pour la meilleure musique, le meilleur son et la meilleure chanson (catégories dans lesquelles les films d'animation du studio vont souvent se retrouver).

 

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16 février 2011

Gnomeo et Juliette

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gnomeo_and_juliet_poster_02Retrouvez aujourd'hui au cinéma Gnomeo et Juliette, premier film d'animation du studio Rocket Pictures, distribué par Touchstone (filiale de Disney). Vous vous souvenez peut-être que je vous avais déjà parlé de ce film il y a de cela quelques mois, ce qui m'avait valut d'attirer les foudres de Disney US, jusqu'à devoir fermer le site pendant quelques semaines... Comme je ne suis pas rancunier (et aussi par souci d'hexaustivité), je vous invite aujourd'hui à découvrir de nouveaux concept arts du film. Les dessins précédemment publiés resteront dans mes tiroirs, ayant apparemment été publié sur le net de manière officieuse...

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19 novembre 2009

Les Gremlins

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10665_02Les Gremlins fait parti des projets de films de guerre inachevés les plus ambitieux des Walt Disney Animation Studios. J'en vois déjà penser aux deux célèbres films de Joe Dante sortis dans les années 80 et au début des années 90... Il s'agit bien des même personnages, mais la version de Disney en était en fait très éloignée. Au début des années 40, les Gremlins faisaient beaucoup parler d'eux chez les militaires (Seconde Guerre mondiale oblige). Les pilotes de la R.A.F les accusaient par exemple d'être les auteurs d'inexplicables incidents mécaniques pendant la Bataille d'Angleterre. Mais les premières apparitions de ces étranges petits monstres remontraient aux années 20.
En 1942, Roald Dahl (futur auteur de Charlie et la Chocolaterie et James et la Pêche Géante), alors capitaine de la Royal Air Force en incapacité de voler suite à un grave accident,  écrivit une histoire autour de ces personnages devenus très populaires chez ses camarades. Poussé par un de ses supérieurs qui était producteur dans le civil, Dahl se décide à présenter son histoire aux studios Disney au mois de juillet 1942, avant même de l'avoir publié. A cette époque, les Gremlins avaient déjà eu droit à de nombreux articles dans les journaux, dont des histoires illustrées, leur popularité allait grandissante. Walt Disney fut séduit par le récit de Dahl et décida sur le champs de mettre en chantier un projet de long métrage. Et il avait bien raison car d'autre studios hollywoodiens s'y intéressaient au même moment. Au début de l'année 1943, Roy Disney pria les autres producteurs de cartoons de ne pas lancer sur le marché de court métrage concurrents, puisque son studio avait déjà dépensé près de 50000 dollars dans un long métrage. Ces derniers acceptèrent, hormis Leon Schlesinger (papa du studio responsable des cartoons de la Warner) car deux de ses films étaient déjà trop avancés pour être abandonné. Les deux cartoons sortirent donc mais avec le mot Gremlin des titres remplacé par Falling Hare et Russian Rhapsody.

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Les artistes des studios Disney eurent au départ beaucoup de mal à trouver une apparence physique adéquate aux Gremlins. En effet, étant des personnages totalement imaginaires, ils partaient de zéro. Tout d'abord abordés comme de petits diablotins, les créatures, lors de l'abandon de la production, avaient plus l'apparence de lutins au gros nez, ce qui les rendait plus sympathiques aux yeux du public. Car le gros problème des personnages étaient certainement leur caractère très antipathique. Dans son récit Roald Dahl essaya de justifier le caractère diabolique des Gremlins. Selon lui, ils étaient en guerre contre la R.A.F. car ces derniers avaient transformé leur habitat en piste d'atterrissage, d'où leur envie de détruire tout appareil volant de la flotte. Mais cette excuse n'était pas suffisante, les scénaristes avaient toujours autant de mal à rendre ces personnage sympathiques. De plus le projet était très ancré dans le conflit mondial et Walt Disney ne cachait pas ses craintes de voir son film complètement désuet une fois la guerre terminée. C'est une des raisons principales qui l'ont poussé à arrêter le projet. Il promit tout de même à Roald Dahl de réaliser un court métrage avec les personnages, cartoon qui ne verra finalement pas le jour. En effet, l'intérêt du public pour les petits personnages fut bref, et Walt Disney ne vit plus l'intérêt de les exploiter.
Néanmoins, contrairement à de nombreux autres projets abandonnés, Les Gremlins de Disney eurent tout de même leur heure de gloire. Ils apparurent ainsi sur au moins vingt-huit insignes militaires et civils, et en 1943, une version abrégée de l'histoire fut éditée, illustré par Bill Justice. Ce livre, véritable survivant de la production avortée, fut réédité en 2006.

 

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8 novembre 2009

Taram et le Chaudron Magique

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Affiche_am_ricaine_0225ème long métrage des Walt Disney Animation Studios The Black Cauldron (Taram et le Chaudron Magique) est considéré comme le "vilain petit canard" des studios. Qui plus est, sa production fut aussi longue que chaotique...
Inspiré des Chroniques de Prydain de Lloyd Chudley Alexander, le projet d'adaptation en long métrage remonte à 1971, lorsque Disney acheta les droits sur les livres (cinq tomes en tout) parus entre 1964 et 1970. Durant toute la décennie 70, les studios Disney tentèrent d'adapter cette longue histoire compliquée aux nombreux personnages, mais sans succès. Il faudra attendre 1980, et la nomination de Joe Hale comme producteur du film pour que tout se mette enfin en route. Son idée principale était de donner plus de place au Seigneur des Ténèbres qui ne faisait que de brèves apparitions dans le roman.

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Joe Hale, Art Stevens et Ted Berman - Andreas Deja - Phil Nibbelink                  

Le début des années 80 n'est pas une période bénie pour les studios Disney, bien au contraire. Après le décès de Walt en 1966, les nouveaux dirigeants décidèrent tout d'abord de suivre les traces du maître (grave erreur) et tentèrent de rester fidèle à son état d'esprit en ressortant des placards bon nombres de projets qu'il avait mis de côté de son vivant. Pourtant ce n'était pas le genre de Walt Disney qui allait toujours de l'avant! S'en suivirent quelques échecs plus ou moins retentissants durant la décennie suivante. Au début des années 80, les mentalités changent, les derniers Nine Old Men partent à la retraite, remplacés par une nouvelle génération d'artistes prêts à tout pour montrer de quoi ils sont capables. Nous découvrons ainsi de grands artistes en devenir : Glen Keane, Andreas Deja, Tim Burton, John Musker, Ron Clements, ou bien encore John Lasseter. Après Rox et Rouky, qui fit le lien entre l'ancienne et la nouvelle génération, Taram et le Chaudron Magique est la première production animée des studios sans aucun Nine Old Men dans son équipe de production. Avec ce film, la direction comme les artistes voulaient du changement, une sorte de révolution créative. Cette révolution eut lieu, mais pas forcément dans le sens souhaité...

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                        James Coleman - Le département encre, couleur et caméra - Art Stevens et (artiste inconnu)     

Pourtant, Taram et le Chaudron Magique eu un traitement de roi aux studios. Il bénéficia de nombreuses nouvelles technologies de l'époque comme le procédé Animation Photo Transfer. Inventé par Dave Spencer en 1985, ce procédé était une sorte d'évolution de la xérographie, utilisée aux studios Disney depuis Les 101 Dalmatiens. Il permettait d'avoir des contours moins "crayonné" pour les personnages, ainsi que des couleurs plus précises. Cette invention valut à Dave Spencer un prix technique par l'académie des Oscars en 1986. Malheureusement, avec l'arrivée de l'informatique, ce système fut vite remplacé par le Computer Animation Production System qui permettait d'informatiser le processus d'encrage et de colorisation. Cette technologie fit d'ailleurs ses premiers pas sur Taram et le Chaudron Magique. En effet certains objets du décor ont été multiplié numériquement pour ainsi être utilisé plusieurs fois.

Taram et le Chaudron Magique est également le premier film depuis La Belle au Bois Dormant à utiliser le Super Technirama 70 (format 2,20:1), preuve du traitement particulier dont le film bénéficiait. Mais il ne fallait pas pour autant en oublier le scénario...

PDVD_000_02  Le co-réalisateur Ted Berman le producteur Joe Hale et le co-réalisateur Rick Rich  PDVD_002_02

Après moult remaniements, Taram et le Chaudron Magique sorti finalement le 24 juillet 1985 aux États-Unis et le 27 novembre  de la même année en France. Le film reçut la certification PG (parental guidance) en raison des scènes violentes qu'il contenait, une première pour un long métrage d'animation Disney! Le film fut un échec avec seulement 21 millions de dollars de recettes, alors que sa production avait coûté 25 millions de dollars. On pourrait se dire que c'est tout à fait mérité, le film est un des plus sombres de Disney, l'histoire est bancale et les personnages peu sympathiques. Trop noir pour un public familial, trop enfantin pour les ados, Taram fut victime des nombreux tâtonnements de sa production. Les studios Disney oublièrent d'ailleurs très vite leur dernier bébé, jusqu'à le renier complètement. Les productions suivantes leur permirent en effet de montrer  qu'ils n'avaient rien perdu de leur superbe, pour le plus grand bonheur du public!

 

 

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Dessins de Tim Burton :

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20 septembre 2008

Volt, Star Malgré Lui

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i387624bolt01nh8_02Après vous avoir parlé de La Princesse et la Grenouille il y a quelques semaines, j'aimerai désormais vous présenter le prochain Grand Classique Disney, Bolt (Volt, Star Malgré Lui). La réalisation de ce film a été plus que laborieuse, dut en grande partie au changement de réalisateur et aux nombreux remaniements voulus par John Lasseter. A l'origine le projet avait été mis en chantier par Chris Sanders le papa de Lilo & Stitch, le film s'appelait alors American Dog. L'histoire était celle d'Henry, un célèbre chien star de télévision, qui s'est accidentellement perdu dans le désert du Nevada. Sa vie rangée et scénarisée de chien star touche alors à sa fin et son périple à travers les USA ne fait que commencer... Il rencontrera lors de son voyage un chat borgne très irritable et un lapin géant super actif, qui eux aussi cherchent une nouvelle maison.
Les raisons du départ de Chris Sanders sont assez flous, il semblerait qu'il ne se serait pas entendu avec la nouvelle direction et qu'il préféra s'en aller (on le retrouvera très bientôt avec le film de Dreamworks Monsters vs Aliens en 2009). Il fut ainsi remplacé par Chris Williams, dont c'est la première réalisation de long métrage. Chris est arrivé chez Disney au milieu des années 90 pour travailler sur le scénario de Mulan aux studios de Floride. Il participa ensuite au scénario de Kuzco l'Empereur Mégalo, Chicken Little et enfin Bienvenue chez les Robinson. Juste avant d'être nommé réalisateur de Volt, Star Malgré Lui, Chris Williams  travaillait sur la réalisation de Glago's Guest, un court métrage que l'on retrouvera au cinéma en avant programme du film.

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Voici le nouveau scénario mis en place par Chris et son équipe : Pour le chien Volt, star d'une série télévisée à succès, chaque journée est riche d'aventure, de danger et de mystère - du moins devant les caméras. Ce n'est plus le cas lorsqu'il se retrouve par erreur loin des studios de Hollywood, à New York... Il va alors entamer la plus grande et la plus périlleuse de ses aventures - dans le monde réel, cette fois. Et il est convaincu que ses super-pouvoirs et ses actes héroïques sont réels...
Heureusement, Volt va se trouver deux curieux compagnons de voyage : un chat abandonné et blasé nommé Mittens, et un hamster fan de télé dans sa balle de plastique appelé Rhino. Volt va découvrir qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des pouvoirs extraordinaires pour être un vrai héros...
En attendant la sortie de ce nouveau Grand Classique le 4 février 2009, je vous invite à découvrir une première galerie de dessins préparatoires. Une seconde galerie devrait voir le jour d'ici quelques semaines avec la sortie au mois d'octobre du livre The Art of Bolt aux éditions Chronicle Books, l'excellent éditeur des "The Art of" des films d'animation Pixar!

 

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Pour terminer voici un nouvel extrait du film :

18 juillet 2009

Red's Dream

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RED'S DREAM (1987)

 

img132_02_02C'est un moment que John Lasseter n'est pas prêts d'oublier. Nous sommes en 1987, le jeune homme organise un cours sur l'animation de personnages par ordinateur pour une conférence du SIGGRAPH à Anaheim, en Californie, et a invité pour l'occasion ses anciens mentors des studios Disney, Frank Thomas et Ollie Johnston, à participer. Plus tôt dans l'après-midi, Thomas et Johnston parlèrents aux personnes présentes dans la salle de leurs expériences au cours de l'«âge d'or» de l'animation. Les deux vétérans soulignèrent que l'animation par ordinateur arriverait à atteindre le niveau de maturité de l'animation traditionnelle en réussisant à susciter de l'émotion et de l'empathie pour ses personnages.

Dans le cadre de son exposé, Lasseter projeta le second court métrage Pixar récemment terminé, Red's Dream. Après avoir conclu sa présentation, Thomas et Johnston se levèrent et se précipitèrent sur lui, avides de serrer la main du jeune homme. "Vous l'avez! Vous avez réussi à mettre de l'empathie dans vos personnages!" ont-ils exclamé. "Ils étaient si excités", se rappela plus tard Lasseter.

Comme c'était déjà le cas dans Luxo Jr. , Lasseter a réussi à exprimer de l'émotion à travers un objet inanimé (ici un monocycle). Toutefois, la star technologique que de ce nouveau film n'est pas l'objet inanimé, mais le clown qui monte sur le monocycle. Ce fut la première tentative du studio d'animation faciale d'un personnage organique.
Lasseter insiste sur le fait que l'une des clés de la crédibilité dans tout film d'animation est l'utilisation de formes organiques. Le clown, qui a été surnommé "Lumpy" par l'équipe, a été une avancée significative dans cette direction. Créer ce clown a été un véritable défi pour la jeune équipe de Pixar. Le plus difficile fut de trouver un moyen pour modéliser le visage du personnage. Quelqu'un suggéra tout d'abord de sculpter la tête du clown dans de l'argile. «Ainsi, Eben pourrait enregistrer les données point par point», se souvient Lasseter.

L'outil qui permit cette nouvelle façon de faire s'appel un digitaliseur 3-D produit par Polhemus Navigation Science. L'équipe de Pixar avait déjà employé le digitaliseur sur le chevalier en "vitrail" pour le film Le Secret de la Pyramide (1985), qui est l'un des premiers exemples de personnages entièrement réalisé par ordinateur pour un long métrage. Maintenant Lasseter peut sculpter une tête de clown, dessiner les grilles au-dessus de lui, et lentement, faites glisser le stylet du digitaliseur comme un crayon sur la surface de l'objet pour enregistrer chaque point.

En plus d'être très inspiré, Lasseter arrive à réunir tous les talents qui l'entoure sur un seul et unique projet. Au SIGGRAPH 1986, Pixar avait présenté trois animations: Luxo Jr. et deux tests d'animation (Beach Chair, par Eben Ostby, et Flags and Waves, de Bill Reeves et Alain Fournier). Lasseter et son équipe se rendirent compte qu'ils pourraient accomplir davantage en combinant leurs talents dans un seul projet. Comme de nombreux pionniers de l'animation avant eux, ils utilisèrent ce qu'il avait à portée de main. Bill Reeves a étudié les systèmes de particules et de pluie. Pour rendre son projet plus amusant, il a construit une ville et a tenté de définir et créer une atmosphère de nuit, avec de la pluie et de lampadaires se reflètant dans les flaques d'eau. Dans le même temps, Ostby, qui était un passionné de vélo, travailla sur un modèle complexe de bicyclette. 

Lasseter combina ces éléments avec son propre désir de créer un personnage organique, ce qui donna Red's Dream. Dans la séquence du rêve, le clown est écarté par le talentueux monocycle. C'est lui qui termine la performance et reçoit l'adulation de la foule. Quand le rêve est terminé, le monocycle se trouve dans le coin de la boutique, tout seul. Lasseter a résisté aux suggestions de donner une fin heureuse au film. Au contraire, le film se termine sur cette note triste. Lasseter dit plus tard que les fins triste font un carton en Europe. Et en effet, en 1988, Red's Dream remporta le plus grand prix européen descerné à l'animation, le Prix Ars Electronica.

En plus de sa fin étonnante, Red's Dream se distingue par sa séquence du rêve, qui est la seule œuvre créée par le groupe d'animateur qui soit entièrement réalisé avec le produit phare de l'entreprise, le Pixar Image Computer. Ed Catmull voulait que Red's Dream soit une vitrine des puissantes capacités techniques de ce type de matériel. A cette époque la société ne savait pas si elle serait finalement connu pour son matériel informatique ou pour la fantaisie de ses créations animées. L'Art et l'imagination prirent finalement le dessus sur la technologie...

 

Storyboards de John Lasseter :

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